Christian de la Cortina: filmer malgré tout

Christian de la Cortina (au centre) a réalisé...

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Christian de la Cortina (au centre) a réalisé le long métrage Génération Wolf, dans lequel il tient le rôle principal - celui d'un jeune entrepreneur qui, en manque de fonds, décide de faire pousser du pot pour faire un coup d'argent rapide.

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(Québec) Christian de la Cortina a beau multiplier les rôles au petit écran, ça ne l'avantage pas lorsque vient le temps de réaliser ses propres longs métrages. Alors, il a opté pour le système D pour financer Génération Wolf, un suspense grand public tourné en anglais dans lequel il tient le rôle principal. Sans toutefois accepter l'argent du crime organisé...

Après Transit (2009), déjà un polar avec des bagnoles, le réalisateur s'est fait offrir du financement par un individu qui gravite dans le monde interlope. Offre repoussée «poliment», dit-il en riant. Mais l'idée a fait son chemin : que serait-il arrivé s'il avait accepté?

Il a donc pensé à un jeune entrepreneur qui, en manque de fonds, décide de faire pousser du pot pour faire un coup d'argent rapide. Évidemment, une fois qu'il a mis la main dans l'engrenage, il est happé. «Je voulais que le public embarque avec le personnage. Même s'il a une tête sur les épaules, il y a des facteurs extérieurs qui font en sorte que ça ne marche pas comme prévu.»

Le réalisateur de 37 ans n'a pas accepté l'argent sale qu'on lui proposait, mais il en aurait bien eu besoin. Parce que la SODEC et Téléfilm ont passé leur tour : facture trop populaire, lui a-t-on dit.

Une situation qui l'enrage. «À un moment donné, le système actuel va devoir changer : il faut donner la chance au coureur. Quand tu postules comme cinéaste indépendant, je ne suis absolument pas d'accord qu'on a besoin de proposer un film d'auteur. Ce n'est pas mon style. Qu'on me force à faire ça pour avoir de l'argent, je trouve ça pénible. Si mon film s'exporte, je crois que le Québec aurait tout intérêt à le financer.» Son premier long métrage, totalement indépendant lui aussi, a trouvé preneur dans sept pays.

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il s'est tourné vers son ami Frank Baylis (élu depuis député fédéral!), les crédits d'impôt, des petits investisseurs, le dévouement de son équipe et sa propre débrouillardise. Budget total : 1,1 million $. Alors qu'il aurait fallu 3 à 4 millions $ «idéalement» - ça paraît. Néanmoins, «on a fait des miracles. [...] Je suis très content du résultat. On n'aurait pas changé grand-chose.» 

Le refus des institutions l'a aussi convaincu de tourner en anglais et en partie en espagnol : plus facilement exportable. «J'ai pensé au retour sur investissement», explique celui qui, en plus de son cours à l'INIS en production cinéma, est diplômé en administration. Mais il y a un autre facteur important : la fierté. «Quand t'es fils d'immigrant [chilien], tu dois mettre tes racines en évidence», dit celui qui ne veut pas se mettre de «frontières linguistiques».

Son «héritage latino» l'a aussi bien servi pour le rôle de son père. Christian de la Cortina avait croisé Sergio Hernández (No, de Pablo Larraín) au Festival de Toronto (TIFF), il y a quelques années. Il s'est débrouillé pour obtenir son numéro de téléphone. 

«Je l'ai appelé et ça a été instantané. Il a lu le scénario et m'a rappelé le soir même pour me dire : "J'embarque, mon gars. T'es un fils de Chilien, ça me fait plaisir de collaborer." On avait une belle chimie ensemble.» Tellement qu'il a payé son billet d'avion pour que l'acteur de 59 ans puisse assister à la première à Québec (le duo sera au Clap vendredi à 19h pour un question-réponse).

Cette relation père-fils, élément central de Génération Wolf, le réalisateur y tenait beaucoup pour injecter un «aspect humain» à son film de genre. «J'ai une belle relation avec mon père. Je me suis inspiré de mon éducation. Mes scènes préférées, ce ne sont pas celles de poursuite, mais avec le père.»

Tripeux de bagnoles

Comme dans son premier film, il y a beaucoup d'autos dans Génération Wolf. Le tripeux de bagnoles s'est payé la traite avec la réplique «presque exacte» de la voiture de James Dean - mais avec un moteur électrique : son personnage remet en état des modèles anciens pour les vendre à de riches Californiens.

De la Cortina a réservé le même traitement à son film. À part quelques scènes en Californie, il a tourné l'essentiel dans les Cantons-de-l'Est, en particulier à Bromont, sa ville de résidence. «Ça ressemble au Michigan», où se déroule l'action. Le réalisateur n'avait que de bons mots pour ses concitoyens, qui ont collaboré à la production, notamment la police du coin.

De quoi le réconcilier avec le métier de cinéaste. Ses déboires avec les institutions ne l'ont d'ailleurs pas découragé : il a deux longs métrages dans ses tiroirs, dont un qui est «presque en préproduction».

Génération Wolf prend l'affiche le 14 octobre.

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