Les sept mercenaires: sans foi ni loi**1/2

Denzel Washington incarne Sam Chisolm, un chasseur de... (Fournie par Columbia)

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Denzel Washington incarne Sam Chisolm, un chasseur de primes qui constitue une équipe de mercenaires pour combattre le despote Bartholomew Bogue et ses hommes de main.

Fournie par Columbia

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(Québec) CRITIQUE / Tous les réalisateurs sauf exception, lire Quentin Tarantino, qui ont essayé ces dernières années de renouveler le western se sont cassé les dents. Antoine Fuqua n'y laisse pas toute sa dentition, mais pas loin. Les sept mercenaires se révèle un film sans âme, violent et prévisible. Au moins, il peut compter sur une réalisation adéquate dans les scènes d'action et des acteurs de premier plan.

Le récit se déroule en 1879, à Rose Creek. Les villageois sont sous la férule de l'industriel Bartholomew Bogue. Le despote cruel n'hésite pas à éliminer ceux qui ne veulent pas céder leur terre à son exploitation minière. Figure diabolique, ce sans foi ni loi n'hésite pas à brûler l'église et à assassiner des gens en pleine rue.

Désespérés, les opprimés se tournent vers le chasseur de primes Sam Chisolm (Denzel Washington). Celui-ci constitue une équipe qui comprend un joueur roublard (Chris Pratt) et un tireur d'élite (Ethan Hawke). Les sept mercenaires, qui tirent tous plus vite que leur ombre, éliminent les hommes de main de Bogue. Ce qui force ce dernier à préparer une contre-attaque...

On connaît la chanson : un western est bâti de façon à culminer dans le duel final. Or, la mise en place est extrêmement longue et peu dynamique. Fuqua filme sur le pilote automatique. Le contraste est d'autant plus saisissant qu'il livre quelques scènes pleines de tension au début, utilisant efficacement tous les trucs du genre (gros plans, regards appuyés, musique...), en plus d'utiliser des mouvements de caméra élaborés pour soutenir l'action.

Malheureusement, l'affrontement final est une débauche de combats sans merci qui ne finit plus de finir. Fuqua multiplie les plans des cow-boys qui se font descendre et tombent de cheval ou bien sont victimes d'une explosion bien placée. Cette accumulation finit par être lassante, en plus de se complaire dans l'esthétisation de la violence.

Bonnes performances

Les acteurs, en particulier Hawke en ex-soldat qui souffre de stress post-traumatique et Pratt en bouffon de service au coeur tendre, offrent des performances sur lesquelles on n'a pas grand-chose à redire. C'est d'ailleurs le plus grand intérêt de la chose.

On peut lire dans le choix de Washington pour le rôle principal, et la composition d'un groupe qui comprend aussi un Asiatique et un Comanche, une allégorie de la fin des années Obama. Chisolm combat un capitaliste sauvage qui écrase tout sur son passage et mise sur la pratique de la terre brûlée. Ça vous dit quelque chose?

Mais peut-être est-ce trop prêter d'intentions à Fuqua (Equalizer). Après tout, les motivations de ses personnages sont loin d'être claires, si ce n'est qu'ils cherchent une forme de rédemption dans la défense des villageois.

Honnêtement, on se demande quel est l'intérêt de proposer une nouvelle version du film de John Sturges (1960). J'oubliais. Fuqua prétend s'être inspiré des Sept samouraïs (1954), chef-d'oeuvre de Kurosawa. Il n'aurait pas dû le dire. C'est non seulement prétentieux, mais sa version souffre de la comparaison avec l'original, dont elle n'a ni la profondeur morale ni l'intensité, encore moins la vision cinématographique. 

Si les efforts d'Antoine Fuqua pour dépoussiérer le genre se limitent à ce qu'il montre avec ce film sans souffle et sans âme, il n'aurait pas dû se donner la peine. Un pétard mouillé.

***

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Les sept mercenaires

Genre : western

Réalisateur : Antoine Fuqua

Acteurs : Denzel Washington, Chris Pratt et Ethan Hawke

Classement : 13 ans et plus

Durée : 2h13

On aime : la distribution, l'exécution des scènes d'action

On n'aime pas : le manque de profondeur et de tonus, des longueurs, la redite

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