Embrasse-moi comme tu m'aimes: belle fantaisie ***1/2

Juliette Gosselin crève l'écran en femme brûlant de... (Fournie par Filmoption International)

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Juliette Gosselin crève l'écran en femme brûlant de désir pour son frère.

Fournie par Filmoption International

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / S'il n'y avait pas André Forcier pour injecter une bonne dose de fantaisie au cinéma québécois, il faudrait l'inventer. Ses films apportent toujours un vent de fraîcheur et de folie. Embrasse-moi comme tu m'aimes figure en bonne place dans sa grande filmographie, un récit décapant d'un amour contraint magnifiquement filmé et porté par deux acteurs remarquables dans la peau de jumeaux flirtant avec l'inceste.

Forcier a situé l'action de son épopée en 1940 alors que Pierre Sauvageau (Émile Schneider) rêve d'aller en découdre avec les nazis. L'enfant terrible du cinéma en profite pour revisiter à sa façon une période sombre de notre histoire alors que plane la menace de la conscription. Car ce n'est pas tant l'histoire qui l'intéresse, mais ceux qui la vivent.

Pour corser le récit, il oppose donc à ce volontaire de 22 ans une soeur clouée à son fauteuil roulant. Pierre doit s'occuper de Berthe (Juliette Gosselin), qui le désire sans que ce soit réciproque. 

Leur relation va fortement influencer leur destinée, d'autant que Pierre est hanté par le fantasme de sa jumelle - ce qui l'empêche d'embrasser ses conquêtes amoureuses sur la bouche, d'où le titre. D'ailleurs, cette relation particulière devient un frein à l'amour qu'éprouve Pierre pour Marguerite (Mylène Mackay).

La famille de cette dernière permet à Forcier de montrer les tares de l'époque, en particulier l'hypocrisie qui étouffe les élans amoureux - Réal, le frère de Marguerite, un ours au coeur tendre (Antoine Bertrand), couche avec un prêtre qui porte un cilice pour expier ses péchés homosexuels...

La quête de l'amour est un thème récurrent chez Forcier et elle est la clé de voûte d'Embrasse-moi comme tu m'aimes. Mais l'interdit, l'inceste, la promiscuité et la mort sont aussi parties prenantes du récit fantaisiste. 

Comme d'habitude, le créateur s'inspire de la réalité, historique dans ce cas-ci, pour créer un univers décalé et onirique, mélange de poésie surréaliste et de réalisme magique teinté d'humour fantasque. Quand Réal étampe son père (Roy Dupuis) dans le mur, sa silhouette reste imprimée tout au long du film...

La crème

Parlant du beau Roy, l'imposante distribution d'Embrasse-moi... réunit la crème de nos acteurs (Céline Bonnier et Réal Bossé, notamment). Souvent dans des seconds rôles, voire des caméos. Reste qu'à ce chapitre, le succès du long métrage repose sur le jeu d'Émile Schneider (Là où Atilla passe) et de Juliette Gosselin (Tu dors Nicole). Le duo interprète ces jumeaux fusionnels qui s'attirent autant qu'ils se repoussent.

Schneider est solide en jeune homme qui veut s'affranchir des contraintes et de la culpabilité que lui impose le handicap de sa soeur. Mais c'est Gosselin qui attire tous les regards à chaque scène: elle crève l'écran en femme brûlant de désir pour son frère. Autant dans les moments plus sensuels que dans ceux où elle explose de rage, sans jamais tomber dans l'exagération. Une performance qui devrait lui valoir une nomination, sinon un prix, au prochain gala d'excellence du cinéma québécois.

Ça aide à faire oublier certains moments plus faibles du récit - Forcier s'égare parfois dans des considérations inutiles. Comme la chasse aux homosexuels sur le mont Royal...

L'imaginaire de Forcier l'entraîne dans un ailleurs qui peut paraître irréaliste de prime abord. Mais avec sa touche, il devient bien réel et vit sous nos yeux. Beaucoup ont dit qu'il était notre Fellini. Un beau compliment. Mais avec son imposante filmographie, il ne sert à rien de jouer aux comparaisons. Son oeuvre se suffit à elle-même.

Au générique

  • Cote: *** 1/2
  • Titre: Embrasse-moi comme tu m'aimes
  • Genre: comédie dramatique
  • Réalisateur: André Forcier
  • Acteurs: Émile Schneider et Juliette Gosselin
  • Classement: 13 ans et plus
  • Durée: 1h35
On aime: la fantaisie du récit. Le remarquable duo d'acteurs. La réalisation inspirée

On n'aime pas: certaines considérations inutiles

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