Nitro Rush: roulements de mécanique ** 1/2

Les performances solides de Guillaume Lemay-Thivierge et Madeleine... (Les Films Séville)

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Les performances solides de Guillaume Lemay-Thivierge et Madeleine Péloquin évitent le pire.

Les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) CRITIQUE / Rendons aux artisans de Nitro Rush ce qui leur appartient : il s'agit probablement du film d'action québécois le mieux exécuté et joué de notre cinématographie. Les amateurs du genre aimeront ce film tapageur et aussi subtil qu'un dix-roues qui recule. Les autres devraient faire l'impasse sur ce scénario prévisible, bourré de clichés et invraisemblable la plupart du temps; au niveau de langue pitoyable et aux dialogues insipides ainsi que sur une mise en scène racoleuse.

Les films québécois se sont faits très rares cet été, laissant le champ libre aux superproductions hollywoodiennes. Sauf que c'est exactement sur ce terrain que joue Nitro Rush. Sans, évidemment, le budget qui va avec. Mais tablant sur l'énorme succès populaire de Nitro (2007), dont il reprend les mêmes stratégies pour séduire les spectateurs, les courses de chars en moins.

Alain DesRochers n'a pas voulu refaire le même film, misant plutôt sur un suspense d'action. On retrouve Max (Guillaume Lemay-Thivierge), six ans après son incarcération, rongé par la perte de sa femme et l'éloignement de Théo (Antoine Desrochers). Son fils, pirate informatique, vient tout juste d'être arrêté.

Les autorités proposent un marché à Max : s'il trouve la formule de la «drogue parfaite» (la Nitro Rush) que cherchent son fils et ses acolytes, Théo pourra redémarrer sa vie avec une nouvelle identité. Max en profite pour s'évader et chercher son ado révolté qui ne veut rien savoir de lui - un prétexte pour une intrigue peu crédible sur le modèle père manquant, fils manqué. Jaune pâle?

Train d'enfer

Peu importe. À partir de là, le film se déroule à un train d'enfer, pimenté par la présence de Daphné (Madeleine Péloquin), femme fatale sans foi ni loi qui exerce son charme très physique sur Théo pour le manipuler. La vilaine tente aussi d'étendre ses tentacules sur le fugitif pour obtenir la précieuse formule de la Nitro Rush.

L'intrigue est banale, le scénario de Martin Girard, à l'avenant. Il ne nous épargne aucun cliché, en plus de multiplier les emprunts, de James Bond à Mad Max. Ses dialogues sont creux et la langue se distingue par son extrême pauvreté (on peut utiliser une langue populaire signifiante, comme l'ont prouvé Michel Tremblay et tant d'autres). 

Alain DesRochers s'en tire plutôt bien dans les circonstances, notamment grâce à la vivacité de sa mise en scène. Le Québécois a réalisé récemment un suspense américain et il en a manifestement tiré une précieuse expérience. Par contre, certains procédés sont racoleurs à l'excès, comme ce gros plan totalement gratuit des fesses de Lemay-Thivierge qui entre dans la douche ou la trop longue scène de Daphné en déshabillé transparent, sans parler de l'esthétique léchée du prologue, digne d'une pub et presque obscène dans les circonstances. On note aussi une certaine complaisance dans l'exploitation de la violence.

Si on excepte ce prologue, le film passe très rapidement sur les ravages de la drogue et ses enjeux criminels. On fait un peu mieux avec les liens filiaux, même si la conclusion de l'évolution de la relation entre le père et le fils est évidente dès les premières images. Tout n'est prétexte qu'à l'action et aux cascades.

À ce propos, Guillaume Lemay-Thivierge est franchement impressionnant. Son jeu très physique et son énergie réussissent à donner de la crédibilité à Max malgré les grossières exagérations du récit. Madeleine Péloquin surprend par l'assurance qu'elle déploie en vamp débordante de sensualité, évitant le piège béant de la caricature. Leur performance respective évite le pire.

Anyway, on écrira ce qu'on voudra, ce film grand public contentera son public cible, qui sera ravi de la fin qui ouvre la porte à une suite...

Au générique

  • Cote: ** 1/2
  • Titre: Nitro Rush
  • Genre: action
  • Réalisateur: Alain DesRochers
  • Acteurs: Guillaume Lemay-Thivierge, Antoine Desrochers, Madeleine Péloquin
  • Classement: 13 ans +
  • Durée: 1h36
  • On aime: la réalisation énergique
  • On n'aime pas: les images racoleuses, les clichés du scénario, la banalité des dialogues

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