François Damiens: la quête d'un père

François Damiens interprète un père qui cherche obstinément... (Antoine Doyen fournies par Axia Films)

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François Damiens interprète un père qui cherche obstinément son aînée disparue après qu'elle se fut convertie à l'islam.

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(Paris) Lorsque François Damiens a croisé Thomas Bidegain dans les coulisses des Césars après son trophée du meilleur scénario pour Un prophète (2010) de Jacques Audiard, l'acteur belge lui a glissé que c'est des films comme ça qu'il aimerait faire. Pour son ambitieux et très bon premier long métrage, mélange de fresque familiale et d'enquête sur la présence islamiste en Europe, Bidegain s'en est souvenu. Et prit une décision audacieuse en confiant les premiers rôles à une figure établie (Damiens) et un débutant (Finnegan Oldfield). Le Soleil les a rencontrés lors d'un séjour à Paris pour discuter des Cowboys.

En entrevue, François Damiens est affable, drôle et sympathique. Pas du tout la grosse tête, malgré son parcours. Assez étonnant d'ailleurs : d'abord comme humoriste, ensuite dans des comédies populaires (Rien à déclarer, La famille Bélier) puis des rôles dramatiques marquants qui lui valent des nominations aux Césars (L'arnacoeur, Suzanne). D'abord engourdi - il a dormi dans le train qui l'a conduit de Bruxelles, où il réside «à 200 mètres d'où je suis né», à Paris -, il s'échauffe en cours d'entrevue.

L'acteur de 43 ans a adoré ce film prenant et singulier où il interprète un père qui cherche obstinément son aînée disparue après qu'elle se fut convertie à l'islam. Une quête qu'il effectue au détriment de tout, notamment de son fils (Finnegan Oldfield). «J'ai été séduit par l'angle du scénario, qui ne s'intéresse pas à ceux qui partent faire le djihad, mais à ceux qui restent.» L'ampleur aussi : Les cowboys se déroule dans plusieurs pays, sur une vingtaine d'années. «C'est le genre de sujet qui s'inscrit dans le temps.»

Comme père de deux enfants, «je me suis posé la question comment j'aurais agi. Je ne souhaite pas ça à personne : c'est une tragédie, un lavage de cerveau. Ce type part [chercher sa fille] et en partant, il perd tout.» Une décision viscérale, plus que cérébrale. «Je pense que les grandes décisions dans la vie, on ne les prend pas toujours [elles s'imposent d'elles-mêmes]. Ça va très vite.» 

À l'image de sa carrière, amorcée après des études en commerce! «C'est un concours de circonstances. Il faut essayer et réessayer, puis avoir un peu de chance.» Chance qui a pris la forme, dans son cas, d'un ami qui produisait des capsules de caméras cachées. Ce qu'il fera pendant presque 10 ans. Mais toute bonne chose a une fin : ses canulars sont tellement prisés qu'il lui devient impossible de piéger les gens, même déguisé.

Heureusement, il a déjà commencé à tourner au cinéma, notamment dans OSS 117 : le Caire, nid d'espions (2006) de Michel Hazanavicius (L'artiste). «J'aime bien avoir un plan B, ne pas être dépendant des autres, ni attendre près de mon téléphone. La vie passe tellement vite. Si on ne prend pas un peu les choses en mains, on arrive à la fin et on n'a pas tellement pris la barre.»

Passer derrière la caméra

Les cowboys se déroule dans plusieurs pays, sur une vingtaine... (Antoine Doyen fournies par Axia Films) - image 2.0

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Les cowboys se déroule dans plusieurs pays, sur une vingtaine d'années.

Antoine Doyen fournies par Axia Films

Logiquement, lui dit-on, la prochaine étape sera de passer derrière la caméra. C'est le cas : son scénario est écrit, il va le réaliser «d'ici un an» et même le produire.

Il pourra toujours s'inspirer de Thomas Bidegain, dont c'était la première réalisation après un travail remarqué comme scénariste chez Audiard (De rouille et d'osDheepan) et Bonello (Saint Laurent). «Il est intuitif et intelligent, ce qui lui permet de ne pas douter. J'ai toujours senti qu'il savait ce qu'il pouvait faire, ce qui lui permettait d'être ouvert à tout le monde : toutes les idées étaient bienvenues, mais sans qu'on sente que le bateau changeait de cap. Ça donne envie d'être plus généreux.» 

Ou encore, s'inspirer de Jaco Van Doarmael, qui l'a dirigé dans Le tout Nouveau Testament. «Je suis assez d'accord avec sa façon de faire, de ne pas vouloir tout maîtriser. C'est un grand travailleur, mais après, il accepte de lâcher prise. C'est une forme d'intelligence, cette lucidité. [...] C'est dans les accidents qu'il y a les pépites.» 

De toute évidence, il a une foi aveugle dans son compatriote. «J'avais absolument rien compris à son scénario. Puis je l'ai pas compris quand je l'ai fait. Je l'ai vu et j'ai toujours pas compris. Mais je suis très content de l'avoir fait», dit-il, mi-blagueur, mi-sérieux. «Jaco, c'est un grand enfant.»

Peu importe. François Damiens sait où il s'en va. Et si ça ne marche pas à la réalisation, il aura son plan B : faire l'acteur.

Les cowboys prend l'affiche vendredi.

Les frais de ce reportage ont été payés par Unifrance.

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