Le bon gros géant: le rêve de Spielberg***

Le doux colosse aux grandes oreilles (Mark Rylance) -... (Photo fournie par Buena Vista)

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Le doux colosse aux grandes oreilles (Mark Rylance) - un attrapeur de rêves qui sort à l'heure du croquemitaine - kidnappe Sophie (Ruby Barnhill, ci-dessous), une orpheline, pour lui tenir compagnie, mais aussi parce qu'il a entendu son petit coeur solitaire.

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(Québec) Steven Spielberg a réalisé tellement de films grand public devenus des classiques (E.T.Indiana JonesLe parc jurassique...) qu'on s'étonne que Le bon gros géant (The BFG) soit la première collaboration du roi du divertissement avec Disney. Le Festival de Cannes a d'ailleurs déroulé le tapis rouge, en mai, pour ce long métrage familial plutôt moyen malgré son imaginaire foisonnant et sa richesse visuelle. On espérait plus de ce rendez-vous royal.

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Le réalisateur américain a déclaré avoir réalisé un rêve avec le BGG. Parce qu'il marquait une nouvelle collaboration entre Spielberg et Melissa Mathison, la scénariste d'E.T., décédée en novembre dernier. 

Mais aussi parce qu'il a souvent lu le conte de Roald Dahl à ses enfants, en incarnant le gentil géant. L'auteur de Charlie et la chocolaterie est un véritable monument en Angleterre et, dans une moindre mesure, aux États-Unis. Mais ce n'est pas un classique ici, un avantage pour la projection : les attentes sont moins grandes.

Donc, ce doux colosse aux grandes oreilles est un attrapeur de rêves qui sort à l'heure du croquemitaine. Le BGG (Mark Rylance) kidnappe Sophie (Ruby Barnhill), une orpheline, pour lui tenir compagnie, mais aussi parce qu'il a entendu son petit coeur solitaire. Au pays des géants, la petite insomniaque va découvrir un univers fantastique et fantaisiste, rempli de couleurs et de souhaits de bonheur.

Il y a, bien entendu, un élément cauchemardesque : le gentil géant doit dissimuler la fillette à ses neuf compères. Les ogres vont jouer au chat et à la souris dans l'espoir de la croquer (son protecteur est végétarien). Voilà pour le volet aventures.

Le BGG parle une délicieuse langue inventée (ex. : un magirêve et un épouvansonge) qui contribue grandement au charme de ce conte. On est ici dans le registre du merveilleux, au croisement entre Alice au pays des merveilles et Gulliver. L'action s'y déroule d'ailleurs en Angleterre.

Ce qui a donné une occasion à Spielberg de réembaucher le talentueux Rylance (son bon ami), oscarisé dans Le pont des espions. Le Britannique est un formidable géant, totalement convaincant. Une chance. Sans l'accabler, vu son jeune âge, Ruby Barnhill manque de charisme pour porter une superproduction sur ses épaules.

On reconnaît la touche particulière du réalisateur, un incroyable technicien, mais on est loin du calibre d'E.T. Doté de moyens et d'une direction artistique exceptionnels, BGG resplendit à l'écran. Spielberg utilise à fond les possibilités de l'animation 3D, mais les ombres chinoises aussi pour créer cet univers onirique. Le récit, par contre, souffre d'une très longue mise en place, qui manque de rythme.

Le long métrage décolle réellement lorsque le gauche géant et Sophie arrivent au palais de la reine d'Angleterre (Penelope Wilton, Isobel Crawley dans Downton Abbey) pour solliciter son aide, au troisième acte. La visite du vaste édifice et le repas qui suit donnent droit à des moments totalement surréalistes et assez drôles. 

Figure paternelle

Figure paternelle pour l'orpheline, le BGG trouve dans Sophie une âme pure qui ne le juge pas. Des thèmes toujours porteurs...

Malgré mes réserves, l'association Disney-Spielberg va sûrement attirer un public familial en salle qui a le goût d'un bon moment de cinéma. Il ne sera pas déçu, mais ne gardera pas un souvenir inoubliable non plus. Peut-être que le grand maître devrait mettre un peu la pédale douce et un peu plus de soin à ses oeuvres. Son étincelle de génie nous manque.

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