Ma mère: la mort aux trousses***1/2

Le lent déclin de sa mère cause bien... (Photo fournie par Les Films Séville)

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Le lent déclin de sa mère cause bien des tourments à Margherita (Margherita Buy), une cinéaste engagée, qui tourne un long métrage avec un célèbre acteur américain suffisant (John Turturro).

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(Québec) CRITIQUE / Nous avons été plusieurs, l'an dernier, à croire que l'émouvant Ma mère (Mia Madre) permettrait à Nanni Moretti de repartir de Cannes avec un prix. Pas la Palme d'or, qu'il a remportée en 2001 pour l'excellent La chambre du fils, mais un prix quand même. Ce ne fut pas le cas. Ce qui ne diminue en rien la valeur de ce très bon long métrage qui, cette fois, ne traite pas du deuil d'un enfant, mais de celui de la mère.

Même s'il aura fallu 13 mois avant que Ma mère arrive sur nos écrans, l'attente en valait la peine. Contrairement à la très grande majorité de ses films, Moretti s'est donné un rôle plus effacé ici, peut-être par pudeur. Il s'agit d'une oeuvre à très forte teneur autobiographique, comme le titre le laisse deviner.

Cette mère, Ada (Giulia Lazzarini), s'éteint à petit feu. Ce qui cause bien des tourments à sa fille Margherita (Margherita Buy), une cinéaste engagée, qui tourne un long métrage avec un célèbre acteur américain suffisant (John Turturro, brillant). La cinquantenaire est dépassée par les événements - elle vient de se séparer et s'inquiète des difficultés scolaires de sa fille adolescente - et se remet profondément en question. Moretti s'est donné le beau rôle, celui de Giovanni, le fils irréprochable.

N'empêche : on comprend qu'il s'agit bel et bien de sa mère dont il est question et que Margherita est son alter ego (dont il se sert pour se moquer de ses propres travers et obsessions comme réalisateur avec le film dans le film). La mère de ce 12e long métrage est professeure, comme la mère du réalisateur. Qui était mourante quand Moretti montait son film précédent, Habemus papam (2011).

Ce qui explique la profonde sensibilité du traitement, sans mièvrerie ni pathos, qui évite, la plupart du temps, le mélo, avec une bande sonore en retrait et judicieuse (notamment Leonard Cohen et Jarvis Cocker). La mise en scène épurée va à l'essentiel et la direction d'acteurs de Moretti est remarquable.

Grande complicité

Le fait que Margherita Buy ait joué dans ses deux longs métrages précédents explique sans doute la grande complicité entre elle et Moretti, qui incarnent à merveille un frère et une soeur qui se ressemblent, tout en étant complètement différents.

Si l'Italien prend un peu ses distances avec le cinéma social qui le caractérise, il manie encore l'humour avec efficacité (il y a des scènes hilarantes avec Turturro). Mais ce qu'on en retient surtout, c'est la belle délicatesse avec laquelle il aborde un sujet sensible et une étape importante de la vie, celui de la mort de la mère.

Nanni Moretti traite de façon très fine le deuil, mais aussi l'éducation et la transmission qui sont à l'oeuvre dans les relations entre un parent et les enfants. Un très beau film.

Au générique

Cote : ***1/2

Titre : Ma mère

Genre : drame

Réalisateur : Nanni Moretti

Acteurs : Margherita Buy, John Turturro et Giulia Lazzarini

Classement : général

Durée : 1h46

On aime : la réalisation épurée, les scènes hilarantes avec Turturro, la délicatesse du ton

On n'aime pas : les petites touches de mélo

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