Marie-Josée Croze: destins croisés

Marie-Josée Croze était de retour au Festival de... (AFP, Valery Hache)

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Marie-Josée Croze était de retour au Festival de Cannes, le mois dernier, comme membre du jury de la Cinéfondation et des courts métrages.

AFP, Valery Hache

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(Québec) Marie-Josée Croze s'est faite rare sur nos écrans, ces dernières années, même si l'actrice québécoise tourne beaucoup. Les aléas de la distribution... Puis, coup sur coup, deux de ses films prennent l'affiche ici. Jointe à Paris où elle vit depuis plus d'une dizaine d'années, l'inoubliable interprète des Invasions barbares nous a accordé une entrevue généreuse sur la carrière qu'elle mène sans rien attendre de personne.

Depuis son Prix d'interprétation à Cannes pour le film de Denys Arcand, en 2003, la femme de 46 ans est extrêmement sollicitée. «Je fonctionne beaucoup par appétit. Mais il y a beaucoup de choses très belles que je ne peux refuser.»

Surtout quand c'est Daniel Auteuil qui propose. Le célèbre acteur français a suggéré au réalisateur d'Au nom de ma fille de lui confier le rôle de sa femme Dany. «Ce n'est pas rien. On s'était dit plein de belles choses quand on a fait Je l'aimais [Zabou Breitman, 2009], mais j'étais contente de voir que ça avait une réelle répercussion sur le futur. Des gens sincères, ça existe», dit-elle en riant.

Le défi n'en était pas moins grand. Le long métrage de Vincent Garenq (Présumé coupable) retrace une affaire célèbre en France, celle de la lutte pendant 27 ans d'André Bamberski (Auteuil) pour obtenir justice pour le meurtre de sa fille. À l'époque des faits, Dany vit avec un médecin allemand, soupçonné du crime. Mais elle refuse de croire en sa responsabilité.

«J'ai beaucoup lu sur son histoire», pour tenter de comprendre, tout en évitant de la rendre antipathique au spectateur. Cette mère de famille un peu naïve et oisive s'ennuie auprès d'un mari absent. Elle «croit à son histoire d'amour» avec un médecin séducteur et vit une forme d'aveuglement volontaire.

Marie-Josée Croze devait composer un rôle à partir d'une personne réelle, qui change beaucoup au fil du temps. Pour que ce soit perceptible, au-delà de l'apparence physique, «j'ai travaillé sur le corps, sa façon de bouger».

Marie-Josée Croze dans Au nom de ma fille... (Photo fournie par AZ Films) - image 2.0

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Marie-Josée Croze dans Au nom de ma fille

Photo fournie par AZ Films

Marie-Josée Croze dans Deux nuits jusqu'au matin, de Mikko Kuparinen... (Photo fournie par K-Films Amérique) - image 2.1

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Marie-Josée Croze dans Deux nuits jusqu'au matin, de Mikko Kuparinen

Photo fournie par K-Films Amérique

48 heures

À l'inverse, les événements de Deux nuits jusqu'au matin se déroule en 48 heures. Caroline, une architecte accomplie, rencontre un jeune homme à son hôtel. Ce qui devait être une aventure sans lendemain se prolonge de façon fortuite. «Ils sont trompés par leurs allures et métiers respectifs. Et après, il y a une série de malentendus.»

Surtout causé par le fait que Caroline vit en parallèle «une forme de déni d'une histoire d'amour qui est finie. Quand c'est une bonne personne, c'est difficile de rompre. C'est un peu ça son problème.» 

Le récit de Deux nuits jusqu'au matin est «assez classique», reconnaît-elle. Mais il contient des variations et une subtilité qui l'ont convaincue d'accepter la proposition de Mikko Kuparinen, un jeune réalisateur finlandais inconnu. «Il est très jeune (27 ans), mais il m'en a parlé avec beaucoup d'aplomb.» Un de ses courts métrages a fini de la convaincre. Même si le tournage a été très intense et parfois difficile, ça a été «une belle rencontre». 

Un principe qui guide Marie-Josée Croze dans ses choix de tournage. «Je crois beaucoup au respect des uns et des autres.» L'actrice «ne demande jamais rien à personne». 

Pas question pour elle de téléphoner ou d'écrire à des réalisateurs avec qui elle aimerait travailler. «Je ne rêve pas à ça. Je prends ce qui est devant mes yeux. Je ne suis pas ambitieuse. Le plus important, c'est les rencontres. Je ne suis pas avare de compliments, mais je n'aime pas demander. Il faut qu'il y ait une reconnaissance mutuelle.»

À ce stade de sa carrière, dit-elle, Marie-Josée Croze n'éprouve pas le besoin de quémander. «Le désir, il faut qu'il soit partagé. Si t'es là à te rouler par terre pour un rôle, on va te le donner, mais on ne va pas te respecter. J'ai envie que la personne qui vient me chercher ait vraiment envie de moi et que si j'accepte, j'ai vraiment envie d'elle. C'est un échange. L'acteur n'est pas une marionnette, ni interchangeable. Le réalisateur est infiniment puissant, mais l'acteur aussi. Ces deux puissances doivent pouvoir se rencontrer et se compléter. Je ne crois pas au rapport de force. Ça ne me réussit vraiment pas.»

Outre les deux films français, on aura aussi bientôt la chance de voir l'actrice dans un film québécois, Iqualuit de Benoît Pilon. Un tournage où il a fait très froid, se souvient-elle. Marie-Josée Croze n'aspire maintenant qu'à un été ensoleillé - le temps est moche à Paris depuis quelques semaines. Celle qui a maintenant la nationalité française pourra profiter à plein de sa nouvelle vie.

Au nom de ma fille est à l'affiche.

Deux nuits jusqu'au matin prend l'affiche le 24 juin.

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