Les démons du blues: possession simple **1/2

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Les papis du blues (pas un n'a en bas de 70 ans) sont des exemples de persévérance et de ténacité comme le démontre leur forte réunion lors d'un party.

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Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) CRITIQUE / Sans le blues (et le gospel), il n'y aurait pas eu Elvis. Et le rock ne serait pas devenu la musique de la contre-culture américaine et britannique dans les années 1960. C'est souvent dans cette perspective qu'on s'intéresse à la musique emblématique des Afro-Américains. Celle des vedettes comme Howlin' Wolf, Muddy Waters, Willie Dixon et Jimmy Reed, qui ont influencé les rockeurs. Daniel Cross a plutôt choisi de remonter aux sources dans Les démons du blues (I Am the Blues), un magnifique travail de terrain... qui manque cruellement sa cible.

Le réalisateur canadien de Squeegee Punks in Traffic (2001) braque sa caméra non pas sur les figures connues, mais sur les cols bleus du genre. Ceux qui ont la musique dans le sang et triment chaque jour depuis un demi-siècle pour des peanuts (pour vrai: les musiciens sont parfois payés en nourriture - des hamburgers - ou en alcool). Mais dont la flamme ne s'éteint pas: le blues, c'est un état d'âme.

Les démons... s'ouvre sur Jimmy «Duck» Holmes, propriétaire du Blue Front Café, un «juke joint», depuis 43 ans. Mais il s'attache surtout à Bobby Rush, figure de proue du style dans le sud profond depuis plus d'un demi-siècle. À 81 ans (il en paraît 15 de moins), le fier harmoniciste et chanteur parcourt encore les routes de campagne pour aller se produire là où on veut bien de lui. 

Documentaire musical autant que road-movie, Rush sert de lien entre les différents blues devils originaux - de sacrés personnages! - qui apparaissent devant la caméra, de façon répétitive et statique à la longue, malgré les airs de cinéma-vérité. Les papis du blues (pas un n'a en bas de 70 ans) sont des exemples de persévérance et de ténacité comme le démontre leur forte réunion lors d'un party.

Sauf que Cross a fait un film pour les initiés. Le documentaliste a tenu pour acquis que ses spectateurs sont férus des prémisses du style musical, de sa naissance dans le delta du Mississippi et de son émergence dans les bayous de la Louisiane. Et qu'ils connaissent le légendaire Chitlin Circuit (il s'agit des salles de l'Est, du Sud et de la partie supérieure du Midwest où les artistes noirs pouvaient se produire sans crainte pendant les pires années de la ségrégation aux États-Unis).

Plutôt que de fournir des explications ou une perspective détaillée (le film rappelle quand même les origines du blues dans les champs de coton et les églises), le documentaire se concentre sur les témoignages de ses protagonistes (parfois décousus) et leurs performances musicales. C'est un choix légitime, une forme d'enregistrement-témoignage qui a une valeur ethnographique indéniable. Mais le film est trop fermé sur lui-même.

Il témoigne involontairement du fait que le blues meurt avec ses derniers représentants, sans se perpétuer. Comme le dit l'un d'eux, les jeunes noirs vivent toujours le blues. Mais ils l'expriment différemment. Ça aussi, Cross aurait dû en tenir compte.

Au générique

  • Cote : ** 1/2
  • Titre: Les démons du blues
  • Genre : Documentaire
  • Réalisateur: Daniel Cross
  • Classement : Général
  • Durée : 1 h 46
  • On aime : Le retour aux sources. Les protagonistes. Le blues qui suinte.
  • On n'aime pas : La facture répétitive. Le manque cruel de contexte.

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