Green Room: petit meurtre entre punks ***1/2

Le terrifiant Green Room mettra sous tension le plus... (Fournie par les Films Séville)

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Le terrifiant Green Room mettra sous tension le plus blasé des spectateurs.

Fournie par les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Une réputation enviable peut parfois grossir indument les attentes qu'on a envers un film - la déception s'avère proportionnelle. Pas Green Room. Le terrifiant long métrage de Jeremy Saulnier, amalgame perverti de suspense et d'horreur, mettra sous tension le plus blasé des spectateurs - l'équivalent d'une décharge d'adrénaline par intraveineuse. Tout en satisfaisant ceux qui recherchent un récit rondement mené par un réalisateur créatif dans la mise en image de son scénario solide et maîtrisé.

Depuis sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2015, Green Room a suscité un énorme buzz partout où il est passé. Avec raison. OK, ce n'est pas pour tout le monde. C'est sombre et ultraviolent, un peu à la Orange mécanique de Kubrick.

D'ailleurs, Green Room met en scène un quatuor de jeunes punks qui ont le malheur d'atterrir dans un bar perdu de l'Oregon (on reconnaît le thème de la fatalité), dont le tenancier Darcy (Patrick Stewart) est le chef d'un groupe de skinheads. Ça part mal. Et ça empire quand Pat, le guitariste (Anton Yelchin), est témoin d'un meurtre sordide en arrière-scène (la green room en anglais). 

Le groupe, retenu contre son gré, veut s'évader. Mais Darcy juge qu'ils doivent être éliminés. On sait que ça va dégénérer. Et ça dégénère... C'est la classique escalade, mais tellement finement amenée, même si c'est parfois nettement exagéré, qu'on se régale.

Stewart est époustouflant, et terrifiant, dans ce contre-emploi. Son rôle est totalement à l'opposé de ceux du capitaine Jean-Luc «Engage» Picard dans Star Trek: nouvelle génération et du professeur Xavier dans les X-Men. Mais il est parfaitement crédible: quel acteur! Yelchin (Chekov dans Star Trek) aussi, qui démontre l'étendue de son talent dans un rôle qui lui permet. Imogen Poots (Need For Speed) se débrouille plutôt bien aussi dans la peau d'Amber, une cliente qui s'est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment.

Évidemment, Green Room met en évidence le racisme des suprématistes blancs, leur violence congénitale et les relents de totalitarisme qui guident leurs actions. On obéit aveuglément aux ordres, sans les questionner. À l'inverse, les membres du groupe font preuve d'initiative et de débrouillardise dans la limite de leurs moyens limités, tout en affrontant une peur viscérale qui pourrait les paralyser.

Jeremy Saulnier (Blue Ruin) a travaillé fort pour que son esthétique ait l'air déglingué d'un vidéo d'un band punk ou d'un film amateur, au choix. En réalité, la précision de sa mise en scène est admirable. Tout comme sa maîtrise des codes du suspense et du film d'épouvante. Pour mieux les pervertir, d'ailleurs. Par exemple, alors que les punchs dans les films d'horreur sont souvent procédés d'un signe annonciateur (musique, gros plan, bruitage, etc.), la violence, ici, arrive sans avertissement.

D'ailleurs, la brutalité de celle-ci et son aspect sanguinolent risque de déconcerter certains spectateurs (âmes sensibles s'abstenir). Mais Saulnier, comme Tarantino, grossit volontairement le trait pour qu'il apparaisse décalé. Ce qui n'en est pas moins stressant: le réalisateur a fait ses gammes hitchcockiennes. 

D'autant qu'une bonne partie du film se déroule dans ce bar de fin du monde - un huis clos. Où Saulnier se sert avec beaucoup d'efficacité, sans abuser, du gros plan. Autrement dit, il s'agit d'un cinéaste qui a une touche particulière - on verra dans ses prochains longs métrages s'il développe une signature qui lui est propre. En attendant, on le sent encore trop collé sur ses influences et le récit, au fond, manque d'originalité.

Mais quel thrill.

Au générique

  • Cote: *** 1/2
  • Titre: Green Room
  • Genre: suspense
  • Réalisateur: Jeremy Saulnier
  • Acteurs: Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart
  • Classement: 13 ans et plus
  • Durée:  1h35
On aime: le jeu avec les genres, la culture punk-rock, la précision de la réalisation

On n'aime pas: certaines scènes sanguinolentes

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