La loi du marché: pas de pitié pour les perdants

Vincent Lindon livre un véritable tour de force... (Courtoisie)

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Vincent Lindon livre un véritable tour de force en chômeur meurtri.

Courtoisie

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / De toutes les récompenses décernées à Cannes l'an passé, aucune n'a fait autant l'unanimité que le Prix d'interprétation décerné à Vincent Lindon. Le formidable mais sous-estimé acteur y livre un véritable tour de force en chômeur meurtri.

Mais La loi du marché ne se résume pas à ça. Le film coup de poing de Stéphane Brizé présente un point de vue extrêmement humain sur les laissés pour compte de l'économie de marché. Il se veut aussi une éloquente démonstration des inégalités sociales et leurs répercussions sur le vrai monde.

Le film sur les abus du capitalisme de Stéphane Brizé (Mademoiselle Chambon) s'intéresse de près au sort des gagne-petits qui luttent pour survivre et font face à l'injustice. Comme beaucoup dans nos sociétés. Il aurait aussi pu s'intituler La loi du plus fort.

Il est incarné par Thierry (Lindon), un ouvrier dans la cinquantaine dont l'usine a fermé et qui cherche désespérément un emploi. Pour préserver le peu qu'il a, mais aussi pour payer les frais nécessaires pour l'éducation de son fils handicapé. En désespoir de cause, il accepte un emploi d'agent de sécurité où il n'est pas très à l'aise de coincer les gens.

Puis, un jour, son supérieur lui demande d'espionner ses collègues afin que la compagnie puisse en congédier quelques-uns et faire augmenter ses profits. Thierry, un homme digne et droit, sera bientôt confronté à un dilemme moral important, dilemme qui interpelle directement le spectateur: que ferait-il à sa place?

Dans ce drame sociopolitique à la Steinbeck (Les raisins de la colère), Brizé a misé sur une approche filmique très dépouillée et sur la véracité, optant pour des non professionnels pour tous les autres rôles. Le cinéaste en a recruté plusieurs dans son travail de recherche lorsqu'il s'est fait engager comme agent de sécurité dans un magasin de grande surface.

Parti-pris de réalisme

Son long métrage est donc au carrefour du documentaire et de la fiction, en plans fixes - c'est le degré zéro de l'intervention. Cette façon de faire sans compromis, en adéquation avec son sujet, peut déplaire à ceux qui aiment leurs films plus trépidants. Il ne se passe pas grand-chose, dira-t-on, mais c'est le lot de bien des gens qui mènent une vie ordinaire. C'est un parti-pris de réalisme.

Le jeu de Lindon, qui a aussi gagné le César du meilleur interprète en février, est à l'avenant. D'autant qu'il interprète un homme peu volubile, introverti, mal à l'aise avec les autres. Mais il dégage une force de caractère incroyable. 

On peut tout de même reprocher à La loi du marché d'insister un peu sur les humiliations quotidiennes. Le réalisateur se complait-il dans leur accumulation? Pas vraiment. Il démontre les choses telles qu'elles sont : révoltantes. 

Peut-être prêche-t-il aux convertis. N'empêche. Voilà un film qui, au minimum, suscite la réflexion, même la discussion. Probablement pas l'action, mais c'est tout de même un bon début.

Au générique

  • Cote:  *** 1/2
  • Titre: La loi du marché
  • Genre: drame
  • Réalisateur: Stéphane Brizé
  • Acteurs: Vincent Lindon, Yves Ory et Karine De Mirbeck
  • Classement: général
  • Durée: 1h33
On aime: la facture réaliste, la performance de Lindon, la réalisation sans compromis

On n'aime pas: un certain voyeurisme

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