Élise Guilbault, la femme qui joue

«J'ai le goût du risque et du défi.» La passion d'Élise Guilbault est encore... (La Presse, Ivanoh Demers)

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La Presse, Ivanoh Demers

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(Québec) «J'ai le goût du risque et du défi.» La passion d'Élise Guilbault est encore intacte, 31 ans après sa sortie de l'École nationale de théâtre. La virtuose actrice joue d'ailleurs beaucoup. Surtout à la télé depuis quelques années, ce qui l'a contrainte à prendre ses distances du théâtre, où elle a beaucoup donné. Mais il y a toujours cette flamme qui l'habite - au point de jouer un petit rôle, néanmoins très important, dans un premier film d'auteur. Mais pas question d'accepter n'importe quoi, confie-t-elle en entrevue.

Cette flamme, «entretenue différemment que quand j'avais 30 ans», brûle encore: «Sans aucun doute.» La femme de 55 ans caresse encore des projets avec de jeunes auteurs, histoire de se renouveler, et ne craint pas une désaffection à court terme. «Je me sens dans le coup.» 

Il lui importe surtout, confie-t-elle, de participer à des créations «signifiantes». «Faire des trucs juste pour le cash ou divertir, c'est pas ma patente. Je suis une enfant [du metteur en scène] André Brassard et je suis collée à Bernard Émond.» Ses trois films avec le réalisateur la mèneront à Cannes (La femme qui boit) et au Festival de Locarno (La neuvaine), en plus de lui procurer deux prix d'interprétation (les ex-Jutra), qui s'ajoutent à ses sept Gémeaux au petit écran.

«J'ai des gens comme ça dans ma vie qui m'ont appris que mes choix allaient avoir une incidence sur l'artiste que je suis, ce que j'ai à dire, ce que je choisis et ce que je refuse. Et c'est aussi ce qui fait qu'une flamme est entretenue.»

Personnage énigmatique

L'origine des espèces... (Fournie par Les Films Séville) - image 2.0

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L'origine des espèces

Fournie par Les Films Séville

Élise Guilbault a donc choisi d'interpréter un personnage énigmatique et charismatique dans L'origine des espèces de Dominic Goyer. Parce que, «persuasif de même, ça se peut juste pas», dit-elle en riant. En fait, le défi l'intéressait au plus haut point: celui de jouer quelques scènes au début du film qui, après sa disparition, s'avèrent capitales pour tout le reste. Le long métrage abordait aussi de façon «très courageuse» un sujet «terrible». «C'était quelque chose que je n'avais pas vu encore.»

Le réalisateur lui a confié le personnage d'une cinéaste qui survit à une tragédie grâce à son art. Un rôle prémonitoire? En fait, elle serait plus dans son élément comme metteure en scène. Elle le voit lorsqu'elle dirige des étudiants à l'École nationale, où elle enseigne. «Avec le temps, on commence à avoir beaucoup d'opinions», lance-t-elle, mi-blagueuse, mi-sérieuse. 

L'artiste ne ferme pas la porte à la réalisation pour autant. Elle ne serait pas la première actrice au Québec à traverser, loin de là: on n'a qu'à penser à Micheline Lanctôt, à Paule Baillargeon ou, plus récemment, à Mariloup Wolfe. «Peut-être qu'un jour j'aurai quelque chose à dire. Il faudrait que je sois bien accompagnée, mais on ne sait jamais. C'est bien aussi de dire des choses autrement que par notre propre instrument. Ça crée un recul pour être stimulé.» 

Élise Guilbault souhaite «pouvoir prendre congé d'elle-même» si elle en sent le besoin. «J'espère que quand je serai à plat, je ferai ce qu'il faut pour m'éloigner et me ressourcer. Ma personne est un instrument de travail. Il faut parfois s'inspirer et voir ce qui se passe ailleurs.»

Surtout que, curieusement, on lui a beaucoup confié des rôles semblables ces derniers temps à la télé. Des femmes fortes, racées, mystérieuses: l'avocate Kim Vanier dans Unité 9, la femme d'affaires Corinne Caron dans Mensonges, la psychologue Marquise Létourneau dans Séquelles... Un concours de circonstances, croit-elle. Si l'actrice a accepté de rejouer une psy après En thérapie, c'est par amitié pour Louis Bélanger (Les mauvaises herbes).

Présence magnétique

C'est dans l'air du temps, avance-t-elle. «Ce sont des choses qui ne s'expliquent pas. Pourquoi beaucoup ici, peu là? Je ne me pose pas beaucoup la question. Je suis une comédienne qui travaille à temps plein, j'ai beaucoup de chance. J'adore le cinéma: c'est des grands points d'orgue dans notre vie agitée de comédien.» Par contre, si on la voit moins au théâtre, c'est parce qu'elle a «volontairement pris un petit recul». «C'est ça en ce moment, et je sais que ça va être autre chose plus tard. L'important, c'est que je fasse mon métier, d'une manière ou d'une autre.» 

Quitte à jouer dans une comédie «qui s'en vient prochainement». On le sait, Élise Guilbault a plusieurs cordes à son arc. En plus d'Unité 9, elle reprendra aussi son rôle d'animatrice dans Loin d'être bête, une série documentaire diffusée à TV5. Un rôle naturel pour celle qui aime tellement les animaux qu'elle a arrêté de manger de la viande!

Élise Guilbault fait partie de ces rares actrices, avec Guylaine Tremblay et Céline Bonnier, dont la popularité n'a d'égale que le très grand talent. Elle a une présence magnétique qui capte le regard, que ce soit sur les planches ou à l'écran. Rendue à ce faîte de popularité, il lui serait facile de faire la fine bouche. Ou de rêver à un grand rôle. Pas du tout.

«J'ai tellement été gâtée. Plus je m'éloigne de ma personne et de ce que j'ai déjà joué... On aime bien avoir l'impression qu'on réinvente la roue, être en danger. C'est bien qu'on nous propose des choses risquées. C'est ce qu'il faut me souhaiter.»

C'est ce qu'on disait au départ: le goût du risque et du défi. 

L'origine des espèces prend l'affiche vendredi.

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