Anomalisa: plus vrai que vrai ***

Avec Anomalisa, le réalisateur Charlie Kaufman aborde la... (Fournie par Paramount Pictures)

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Avec Anomalisa, le réalisateur Charlie Kaufman aborde la crise d'identité, le sens de la vie, la futilité et la routine de l'existence... des thèmes récurrents dans son oeuvre.

Fournie par Paramount Pictures

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Il s'est écoulé sept ans depuis le dernier film de Charlie Kaufman, un bien trop long délai pour l'une des voix les plus originales du cinéma. La critique a accueilli Anomalisa, Grand prix du jury à Venise, avec un concert d'éloges, soulignant la brillance de ce film d'animation introspectif. Permettez-moi d'être la voix discordante. Son film n'est pas dépourvu de qualités, mais il manque singulièrement d'audace pour un artiste de sa trempe.

Kaufman, rappelons-le, a d'abord fait sa marque comme scénariste. Son originalité, son humour déjanté et des touches de surréalisme ont imposé un style unique et florissant de trouvailles. Trois de ses cinq premiers films ont marqué l'imaginaire de bien des cinéphiles: Être John Malkovich (1999), Adaptation (2002) et Du soleil plein la tête (2004); les deux derniers lui ont valu un Oscar.

L'Américain est passé derrière la caméra en 2008 avec Synecdoche, New York. Pour son deuxième essai comme réalisateur, il s'est adjoint Duke Johnson. Évidemment, il est sorti là où l'on ne l'attendait pas: un long métrage d'animation image par image.

L'histoire est par trop banale: un homme en voyage d'affaires se sent seul à l'hôtel, il rencontre une jeune femme, il trompe sa femme et fait des promesses qu'il ne tiendra pas. Michael Stone souffre de la banalité de sa vie.

Étrange maladie

Et on peut compter sur Kaufman pour miser sur une twist bizarre afin d'illustrer ce blues de l'âme. Il s'est inspiré d'une maladie mentale étrange où celui qui en souffre croit que tous les gens sont identiques. Quand Michael croise Lisa, elle a des traits distincts et une voix «magique»: sa vie vient de changer.

L'ensemble est captivant et d'un réalisme hallucinant. Tout pour nous faire croire qu'il ne s'agit pas de «marionnettes» (créées avec des imprimantes 3D), mais de personnages qui ont l'épaisseur du réel. La séquence où les nouveaux amants font l'amour ressemble probablement plus à ce qui se passe dans la réalité qu'à tout ce qu'on nous montre à l'écran - même quand c'est pour de «vrai». Vous aurez peut-être compris: Anomalisa est une comédie dramatique pour adultes.

Jusque dans les thèmes abordés, récurrents dans l'oeuvre de Kaufman: crise d'identité, sens de la vie, futilité et routine de l'existence... Avec une touche d'absurde digne d'Ionesco ou de Beckett (Anomalisa est une adaptation de la pièce de Kaufman), sans toutefois la profondeur de ces grands dramaturges. Ultimement, cette oeuvre sur le narcissisme souffre justement de son nombrilisme.

Anomalisa n'a rien de transcendant. Pour certains, son intérêt sera plus que limité. Dans mon cas, la magie n'a pas opéré. Mais il est tout désigné si vous avez le goût de vous frotter à du cinéma différent: c'est tout sauf banal.

***

Au générique

  • Cote: ***
  • Titre: Anomalisa
  • Genre: animation
  • Réalisateurs: Duke Johnson et Charlie Kaufman
  • Classement: 13 ans et plus
  • Durée: 1h31
  • On aime: la qualité de l'animation, la vraisemblance
  • On n'aime pas: un scénario un peu mince et convenu, le manque d'audace

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