Dolby ne veut plus se contenter du son

Seul sur Mars a été réalisé avec la nouvelle...

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Seul sur Mars a été réalisé avec la nouvelle norme d'images Dolby Vision.

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Sophie Estienne
Agence France-Presse
San Francisco

Dès l'entrée de son siège social à San Francisco, Dolby donne le ton avec un ruban d'écrans plats de plus de 18 mètres de long, dont les images changent au rythme des effets audio sortant du plafond.

Si le son reste depuis 50 ans son coeur de métier, Dolby a entrepris ces dernières années de se diversifier, et plusieurs des films nommés aux Oscars, décernés dimanche dans le théâtre du groupe à Los Angeles, ont été réalisés avec sa nouvelle norme d'images Dolby Vision, comme Seul sur Mars et Le revenant, en lice pour le meilleur film, ou Sens dessus dessous, parmi les films d'animation.

La légende veut que le fondateur Ray Dolby, déçu par la qualité sonore d'enregistrements réalisés lors d'un voyage en Inde, ait inventé pour l'améliorer ce qui deviendrait un des premiers produits de l'entreprise : une technologie de réduction des bruits parasites utilisée pour la première fois au cinéma par Orange Mécanique en 1971.

Les laboratoires de Dolby ont conçu au fil des ans des technologies audio toujours plus poussées, largement adoptées au cinéma comme sur les chaînes hifi et les téléviseurs des consommateurs.

Palette de couleurs 

«Nous sommes de manière prédominante connus pour et associés à l'audio, mais nous avons passé la dernière décennie à travailler sur l'image», indique à l'AFP Stewart Bowling, directeur de Dolby en charge des contenus.

Et l'entreprise a fini par lancer en 2014 Dolby Vision, adopté depuis par plusieurs fabricants de téléviseurs et les grands studios hollywoodiens, qui ont tous sorti ou annoncé des films compatibles.

L'idée est d'améliorer le rendu visuel des films en exploitant une plus large palette de couleurs et de contrastes que celle disponible jusqu'ici sur les téléviseurs ou les écrans de cinéma.

La résolution ou le nombre d'images filmées par seconde ont explosé ces dernières années, mais comparé à ce que l'oeil voit dans le monde réel, «nous avons constaté une chose qui manquait partout, le contraste», explique Stewart Bowling. «Ajouter davantage de contraste a un impact important sur l'image, elle a l'air plus nette, plus vivante, avec des couleurs plus saturées, et presque un effet 3D».

La démonstration est sans appel sur deux téléviseurs haute définition diffusant les mêmes extraits en parallèle. Sur les parties les plus lumineuses, on distingue en Dolby Vision des détails dans un phare de voiture dans une scène de Le film Lego ou les étincelles d'une explosion dans L'homme d'acier. Ils sont comme écrasés et floutés sur l'écran «normal» d'à côté.

Du «vrai» noir 

Pour reproduire l'effet au cinéma, Dolby utilise un projecteur spécifique avec des lasers plutôt que les traditionnelles lampes au xénon, afin d'augmenter la luminosité possible. Résultat : des rouges, des bleus, des verts plus intenses et presque fluorescents dans un extrait de Sens dessus dessous, des détails dans l'eau ou des torches qui ressortent dans une scène de nuit du Le revenant.

La technologie permet d'avoir «du lumineux plus lumineux et du sombre plus sombre», résume le directeur marketing Bob Borchers, ainsi que «des choses qu'on était incapable de faire avant» comme un noir profond dans les scènes d'espace du dernier Star Wars, au lieu du rendu gris foncé laiteux habituel.

Au cinéma, Dolby propose même désormais d'aménager intégralement des salles : il fournit les projecteurs lasers et autres équipements nécessaires pour Vision, son système audio dernier cri Atmos, et supervise même le design intérieur et l'installation des fauteuils.

Dolby Cinema, qui ambitionne de devenir une référence comme le système Imax par exemple, a commencé à équiper des salles en Europe et aux États-Unis, avant la Chine où il vient de décrocher un contrat avec l'opérateur Wanda pour 100 salles en cinq ans.

Le marché des téléconférences

Parallèlement au divertissement, Dolby s'est aussi lancé récemment sur le marché des téléconférences d'entreprises. «Cela pourrait devenir aussi gros que l'activité historique», assure Mike Hollier, directeur technique de la branche Communications.

«Les gens rejoignent (une téléconférence) parce qu'il ont un travail à faire, pas parce qu'ils veulent écouter des effets spéciaux», relève-t-il. Le produit du groupe, Dolby Voice, met néanmoins à profit des technologies d'effets audio développées au cinéma, en recréant par exemple l'impression que les paroles proviennent d'endroits différents selon les intervenants.

Les revenus totaux du groupe ont stagné (+ 0,7 %) à 967 millions de dollars sur l'exercice décalé clos fin septembre 2015 mais Dolby dit viser cette année au moins 20 millions de dollars de chiffre d'affaires pour Dolby Voice et Dolby Cinema.

Selon James Goos, analyste chez Barrington Research, même si les nouveaux produits sont encore «à un stade précoce» en termes de revenus, ils représentent «des tremplins potentiels pour revenir à une croissance importante».

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