10 secondes de liberté: une bonne course! ***

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Le long métrage de Stephen Hopkins se concentre sur les deux années qui ont précédé les célèbres victoires de Jesse Owens aux Olympiques de 1936, particulièrement la symbiose entre l'athlète (Stephan James) et son entraîneur universitaire Larry Snyder.

Fournie par Les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Jamais encore un long métrage de fiction n'avait fait état du plus épique exploit sportif du XXe siècle: les quatre médailles d'or de Jesse Owens. Non seulement sa réalisation dépasse presque l'entendement, mais il s'est passé dans un contexte historique très précis: les Jeux olympiques de 1936, à Berlin. 10 secondes de liberté (Race) recrée les grands jalons de cette conquête mythique, mais sans atteindre la plus haute marche du podium.

Le long métrage de Stephen Hopkins se concentre sur les deux années qui ont précédé ces célèbres victoires, particulièrement la symbiose entre l'athlète (Stephan James) et son entraîneur universitaire Larry Snyder (Jason Sudeikis).

Le titre anglais - Race - est particulièrement de circonstance parce qu'il évoque à la fois la relation entre le sprinteur noir et son mentor blanc (un ex-athlète), la discrimination raciale dont est victime Owens sur le campus et l'eugénisme préconisé par les nazis.

Au moment des JO de Berlin, Adolf Hitler et ses sinistres acolytes veulent profiter de l'occasion pour faire la promotion de la suprématie aryenne. Les victoires d'Owens prennent une tout autre dimension.

Enjeux sociopolitiques

Le film décrit bien les pressions de toutes parts auquel est soumis l'athlète noir, de même que les enjeux sociopolitiques qui sont au coeur de sa présence aux épreuves olympiques. Le débat sur la participation ou non des États-Unis aux JO est cristallisé par l'affrontement entre le président du comité olympique Jeremiah Mahoney (William Hurt) et le richissime Avery Brundage (Jeremy Irons). Le premier est partisan des idéaux olympiques alors que le deuxième incarne un idéal plus «pragmatique». Le controversé personnage fut d'ailleurs président du CIO de 1952 à 1972.

Sous cet angle, les 10 secondes de liberté qu'éprouvait Owens pendant un 100 mètres sont aussi un choix judicieux de titre.

Comme il est de coutume pour ce genre de drame sportif-historique, le scénario a pris certaines libertés avec la réalité, certaines plus importantes que d'autres. Par exemple, Jesse Owens n'a jamais obtenu une bourse d'études pour ses efforts à l'université d'État de l'Ohio. Le film ne fait d'ailleurs pas état de ses difficultés scolaires.

Le portrait de Leni Riefenstahl (Carice van Houten), réalisatrice des plus célèbres films de propagande nazis, s'avère nettement complaisant. Même s'il est vrai que la réalisatrice était en froid avec Joseph Goebbels au moment du tournage des Dieux du stade aux JO de 1936.

Par contre, il est tout à fait exact qu'à une compétition universitaire, en 1935, le superathlète a battu trois records du monde, et en a égalé un, en 45 minutes! Incroyable!

Après s'être fait longtemps la main sur les films de série B comme Perdus dans l'espace (1998), Stephen Hopkins a changé de registre avec Moi, Peter Sellers (2004) et La moisson (2007) et, maintenant, 10 secondes de liberté.

La maîtrise technique acquise au fil du temps (il a aussi réalisé la première saison de 24 heures chrono) lui sert bien dans ce film où il peut déployer les artifices habituels (ralentis, plans de réaction, musique tonitruante...) pour augmenter la tension dans l'action. Même s'il connaît les tenants et les aboutissants, le spectateur est happé. Par contre, sa réalisation manque cruellement d'imagination pour élever son long métrage à la hauteur de son sujet.

10 secondes de liberté peut compter sur de solides performances du Canadien Stephen James (Selma) et de l'étonnant Jason Sudeikis, un ancien de Saturday Night Live. Le film s'avère un bon divertissement, instructif et avec le grand mérite de ne pas avoir évacué les dimensions politiques et sociohistoriques qu'il a su bien contextualiser. C'est déjà beaucoup.

***

Au générique

  • Cote: ***
  • Titre: 10 secondes de liberté
  • Genre: drame historique
  • Réalisateur: Stephen Hopkins
  • Acteurs: Stephan James, Jason Sudeikis et Jeremy Irons
  • Classement: général
  • Durée: 2h15
On aime: la page d'histoire, la relation coureur-entraîneur

On n'aime pas: le manque de souffle, la forme très classique, certaines libertés

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