Le club: l'homme est un loup pour l'homme ***1/2

Ce qu'on voit à l'écran est à l'image... (Fournie par EyeSteelFilm)

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Ce qu'on voit à l'écran est à l'image de ces hommes d'Église gris et perfides, comme si le réalisateur Pablo Larraín avait décoloré la pellicule dans des tons bleu-gris. Cela contribue au climat oppressant accentué par la trame sonore du compositeur estonien Arvo Pärt.

Fournie par EyeSteelFilm

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Pablo Larraín n'a pas froid aux yeux. Après le très bon No (2013), sur la chute du dictateur Pinochet, le réalisateur chilien s'attaque à la perfidie de l'Église catholique relativement à ses prêtres déviants dans Le club (El club). Un film glauque et perturbant qui entraîne le spectateur dans une descente aux enfers de l'hypocrisie et du cynisme. Ce qui lui a valu le Grand prix du jury au Festival de Berlin, l'an passé.

Le titre fait allusion à un quatuor de prêtres réunis dans une maison isolée du village de La Boca sous la supervision d'une soeur au passé trouble (Antonia Zegers). Ils y ont été mis hors circuit et en pénitence en raison des crimes et des péchés qu'ils ont commis. Leur écosystème est perturbé par l'arrivée d'un pédophile et de la victime tourmentée de ses abus qui hurle des obscénités dehors. Sandokan (Roberto Farias) incarne leur mauvaise conscience. Ou du moins ce qu'il en reste...

Un suicide plus tard, l'Église délègue le père Garcia (Marcelo Alonso), chargé de faire la lumière sur cette mort dérangeante. Mais il constatera rapidement que les parts d'ombre envahissent tous les recoins. Retors et réticents, les pensionnaires n'hésiteront pas à recourir aux mensonges et au chantage pour tenter de l'empêcher d'arriver à ses fins.

Comment ces hommes peuvent-ils vivre avec leur conscience? Ils sont tellement dans le déni qu'ils en deviennent pathétiques... Ce sont bien sûr les hommes d'Église qui se retrouvent au banc des accusés, mais de façon plus large, nous tous: l'homme est un loup pour l'homme.

Avec un tel sujet, il n'était pas question pour Larraín d'adopter une réalisation esthétisante. Ce qu'on voit à l'écran est à l'image de ces hommes gris et perfides, comme s'il avait décoloré la pellicule dans des tons bleu-gris. Cela contribue au climat oppressant accentué par la trame sonore du compositeur estonien Arvo Pärt. Sa réalisation très dépouillée et parsemée de plans-séquence très efficaces veut empêcher le spectateur de s'échapper...

Cette prison sans barreau devient, au fil des entretiens, une sorte de huis clos scandé par une langue très crue qui n'a pas peur de nommer les choses. Ce qui semble à peine vulgaire comparé à l'obscénité des actes commis sous le couvert de la foi. Il y est question de fornication, de sexe anal, de fellation, mais les interrogatoires sont aussi le lieu de fascinants échanges sur le désir, l'abstinence et, bien sûr, le péché.

Aspiré par ces récits et ces noires actions, le spectateur se débat avec sa propre horreur intérieure. Et il se demandera: peuvent-ils encore emprunter le chemin de la rédemption?

***

Au générique

  • Cote: ***1/2
  • Titre: Le club
  • Genre: drame
  • Réalisateur: Pablo Larraín
  • Acteurs: Roberto Farias, Antonia Zegers et Marcelo Alonso
  • Classement: 13 ans et plus
  • Durée: 1h36
On aime: le propos audacieux, l'esthétique froide, la finale

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