Nouvelle ruée vers le western à Hollywood

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Natalie Portman dans Jane Got a Gun

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Véronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

Le revenantLes huit enragésJane Got a Gun : le western fait un retour en force dans les salles obscures, et deux films de ce genre fondateur du cinéma américain sont en lice pour les Oscars.

«Quand des studios comme Fox, pour Le revenant, ou Weinstein, pour Les huit enragés, sortent des westerns à gros budget, on peut parler de renouveau», estime Jeff Bock, de la société spécialisée dans le box-office Exhibitor Relations.

Le western est revisité depuis quelques années par les plus grands réalisateurs : Le vrai courage, des frères Coen, Il y aura du sang, de Paul Thomas Anderson, Django déchaîné, de Quentin Tarantino, Souvenirs de Brokeback Mountain, d'Ang Lee, parmi d'autres.

«Il y a sans conteste une tendance, avec des réalisateurs prestigieux qui utilisent cette formule pour explorer les questions de la masculinité, qui est bon, qui est méchant, et qu'est-ce que l'Amérique», remarque Dana Polan, professeur au département d'études cinématographiques de New York University.

Ce genre aux dizaines de sous-catégories se fonde sur des codes que chacun réinterprète, comme l'époque de la ruée vers l'or et de la conquête de l'Ouest, les grands espaces, les cow-boys et les Indiens, ou encore la loi du plus fort.

La différence avec les classiques? Les westerns contemporains «ne sont pas dans la célébration», mais dans la critique, remarque Robert Thompson, professeur de culture populaire à l'université de Syracuse.

Le revenant, avec Leonardo DiCaprio, est en tête... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Le revenant, avec Leonardo DiCaprio, est en tête de la course aux Oscars avec 12 nominations.

Photothèque Le Soleil

Des films comme Le revenant, en tête de la course aux Oscars avec 12 nominations, ou Les huit enragés (3 nominations), «parlent d'individus solitaires qui cherchent à se venger ou à tirer un profit personnel dans une civilisation en déroute, alors que les classiques parlaient de bâtir une communauté», poursuit Dana Polan.

Si les références du genre comme John Wayne, Clint Eastwood et Charles Bronson mettaient en scène des archétypes d'hommes invincibles, ceux d'aujourd'hui sont surtout peuplés d'antihéros.

Une tendance qui a débuté avec le vent de contestation de la fin des années 60, et la montée du féminisme, qui ont soudainement fait pâlir l'aura des cow-boys machos.

Épopée fondatrice

On parle même de western «inversé» pour des films comme Jane Got a Gun ou The Homesman, dont les protagonistes sont des femmes.

Une nouvelle conscience politique et un changement de regard sur l'histoire américaine, notamment sur le sort des Amérindiens décimés et déportés sur les fondations du pays, ont également donné naissance à toute une série de «westerns révisionnistes» à partir des années 70.

Ils inversent les bons et les méchants traditionnels, comme Little Big Man d'Arthur Penn ou, dans un genre plus commercial, Il danse avec les loups de Kevin Costner.

Le retour en grâce du western n'épargne pas la France, avec notamment la série télévisée Templeton, qui utilise le mode satirique. Le dernier lauréat de la Palme d'or de Cannes, Jacques Audiard, prépare lui aussi un western.

Il racontait en novembre à l'AFP que le genre permet d'explorer des thèmes qui «peuvent avoir des résonances» avec aujourd'hui, comme celui de «la cupidité sauvage».

Pour Robert Thompson, c'est aussi une source inépuisable d'inspiration, car «c'est l'épopée fondatrice des États-Unis, comme l'Odyssée pour les Grecs».

Le nombre de films produits aujourd'hui est loin d'atteindre celui de l'âge d'or du genre, entre les années 40 et 60 : il y avait alors 140 westerns par an, contre 140 par décennie aujourd'hui.

Si les studios privilégient à l'heure actuelle les grosses productions de «superhéros» ou d'action, le western draine encore un public enthousiaste et multigénérationnel qui n'a pas forcément grandi en regardant Les mystères de l'Ouest.

Le revenant et Le vrai courage ou Les huit enragés sont des hits commerciaux ayant rapporté plusieurs fois leur budget.

En termes de cinématographie, l'hommage au genre se fait parfois littéral, comme chez Quentin Tarantino qui a filmé dans le format historique du 70 mm, et fait appel au maître du genre Ennio Morricone pour la musique.

Alejandro Iñárritu, réalisateur du Revenant, a pris le parti opposé, poussant le western visuellement vers l'avant-garde, avec notamment l'utilisation des effets spéciaux dernier cri, comme dans la scène où Leonardo DiCaprio se bat au corps-à-corps avec un grizzli.

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