The End, le chemin de croix de Depardieu

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Gérard Depardieu a présenté lundi à Berlin le film The End dans lequel il interprète un homme qui part à la chasse avec son chien, mais ne retrouve pas son chemin pour sortir du bois.

AFP, John MacDougall

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Agence France-Presse
Berlin

Perdu dans une forêt dans The End et sur la route des vins dans Saint Amour, le monstre sacré du cinéma français Gérard Depardieu est à l'affiche de deux films à la Berlinale, dans la peau de personnages en quête de sens ou d'amour.

Dans The End de Guillaume Nicloux, montré dans une section parallèle du festival, l'acteur de Cyrano de Bergerac, venu à Berlin dimanche pour présenter le film, interprète un homme qui part à la chasse avec son chien, mais ne retrouve pas son chemin pour sortir du bois.

Quasiment seul à l'écran pendant près d'une heure et demie, corps massif et alourdi, Gérard Depardieu avance avec difficulté, escalade péniblement des rochers, souffle et sue.

Perdant son chien puis son fusil, faisant d'étranges rencontres, son personnage entame un véritable chemin de croix, ponctué de moments de soliloque où il appelle en vain au secours. «On a tourné très vite. J'avais énormément grossi. Et surtout, ce qui était très frappant pour moi, c'est que ça correspondait à une époque où j'étais comme mon corps, c'est-à-dire qu'il n'y avait plus rien dans ma tête», a raconté l'acteur dimanche soir lors d'un échange avec le public à Berlin.

Guillaume Nicloux «me faisait marcher beaucoup. C'est horrible de marcher quand on est gros, qu'on est fatigué. On va vers la mort, c'est un cauchemar», ajoute celui qui avoue que «son corps l'encombre».

Pour Guillaume Nicloux, qui veut «explorer des zones entre le documentaire et la fiction», ce film (The End) est une métaphore d'une «quête existentielle» et «montre une part fantasmée» de Gérard Depardieu. «On avait très envie de tourner à nouveau ensemble. J'attendais d'avoir un sujet», a expliqué à l'AFP le réalisateur, qui voit en Gérard Depardieu à la fois «un enfant et un ogre» et «une personne unique».

Saint Amour

Gérard Depardieu, célèbre pour son jeu instinctif, sa boulimie de travail et ses excès, est également à l'affiche d'un autre film présenté hors compétition à la Berlinale, Saint-Amour, film viticole de Gustave Kervern et Benoît Delépine.

Dans ce film, il est Jean, un agriculteur qui décide sur un coup de tête d'emmener son fils Bruno (Benoît Poelvoorde) sur la route des vins afin de se rapprocher de lui. L'acteur, qui avait déjà joué avec Gustave Kervern et Benoît Delépine dans Mammuth et dans Le grand soir, est touchant en agriculteur bourru et en père aimant qui vagabonde sur les routes avec son fils pour essayer de remettre celui-ci sur le droit chemin.

Pour Benoît Delépine, «Gérard Depardieu en paysan, c'était une évidence, à partir de ce qu'il est physiquement et mentalement. [...] Depardieu, c'est quelqu'un de marquant, et qui a été manquant à un moment.»

Vincent Perez célèbre la résistance allemande au nazisme dans Alone in Berlin

Alone in Berlin est le troisième long métrage de... (AFP, John MacDougall) - image 3.0

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Alone in Berlin est le troisième long métrage de Vincent Perez comme réalisateur.

AFP, John MacDougall

L'acteur-réalisateur suisse Vincent Perez célèbre la résistance allemande au nazisme dans Alone in Berlin, présenté lundi en compétition à la Berlinale, un film «sur le courage» dans un contexte actuel de montée de l'intolérance en Europe, selon son actrice principale Emma Thompson.

Le film est l'adaptation du roman éponyme de l'Allemand Hans Fallada, publié en 1947 et lui-même fondé sur l'histoire véridique du couple Hampel exécuté en 1943.

Tourné en anglais, Alone in Berlin, raconte l'histoire d'Otto Quangel, interprété par Brendan Gleeson (Harry Potter, Les gangs de New York) et de son épouse Anna, jouée par Emma Thompson.

Après la mort au front de leur fils unique, ils se lancent dans la résistance au nazisme, déposant dans Berlin des cartes postales comportant des messages anti-nazis, dans l'espoir d'éveiller les consciences. Découvrant ces cartes, l'inspecteur Escherich de la Gestapo (Daniel Brühl) lance une chasse à l'homme pour en retrouver les auteurs.

«Un couple qui perd son enfant et qui ensuite réussit à se reconstruire à travers une cause commune, je pense que c'est un beau sujet et c'est ce qui m'a intéressé», a expliqué Perez lors d'une conférence de presse.

«Hérité de la culpabilité» allemande sur le nazisme

Le cinéaste, qui a grandi en Suisse mais dont la mère est allemande et le père espagnol, a souligné avoir «hérité de cette culpabilité» allemande sur le nazisme. «Je me posais beaucoup de questions. Le film est la réponse à ces questions», a poursuivi l'acteur de Cyrano de Bergerac et Indochine, dont c'est le troisième long métrage comme réalisateur.

«C'est un film sur le courage, sur le fait de dire des choses qui ne sont pas populaires», a commenté Emma Thompson.

En Europe, «je pense qu'actuellement, le fait que des gens tournent le dos à ceux qui ont besoin d'aide et n'arrivent pas à dire la vérité ou à faire ce qu'ils sentent vraiment est très courant», a-t-elle ajouté, interrogée sur la crise des réfugiés et la montée du mouvement d'extrême droite Pegida en Allemagne.

«Ce dont parle le film est malheureusement toujours très pertinent et actuel parce que dans toute l'Europe, et en particulier dans ce pays, il a une droitisation», a renchéri l'acteur allemand Daniel Brühl (Au revoir, Lenin!).

«Je pense que nous devons tous rester très vigilants pour ne pas être empoisonnés par ces gens et leurs attitudes racistes et fascistes montantes. Cette maladie n'a pas disparu, et c'est pourquoi je pense qu'il est important de raconter ces histoires», a-t-il ajouté.

Traduit en anglais en 2009, le livre de Hans Fallada a déjà été porté à l'écran plusieurs fois en Allemagne, pour la télévision dans les années 60 et 70 et au cinéma en 1975 par Alfred Vohrer.

Vincent Perez a expliqué avoir décidé de le tourner en anglais pour «le rendre international».

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