Nallua: seuls les souvenirs demeurent ***

La principale force de ce docu-mentaire empreint de... (Fournie par Spira)

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La principale force de ce docu-mentaire empreint de respect réside dans la capacité qu'a eue le réali-sateur Christian Mathieu Fournier de mettre ses interlo-cuteurs en confiance, les filmant dans leur quotidien.

Fournie par Spira

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Les Inuits se retrouvent généralement sur notre radar quand un reportage évoque leurs problèmes de consommation, de violence ou leur détresse. Quelques cinéastes ont bien tenté de dessiner un portrait plus nuancé, mais peu ont atteint le degré de véracité de Nallua. Le documentaire ne porte pas de jugement, il témoigne d'une réalité.

Le quatrième documentaire de Christian Mathieu Fournier s'attache à Ruth Sangria, la dernière survivante du village de Qarmaarjuit, en plein coeur de l'île de Baffin. À cet endroit, en 1943, 24 des 40 habitants de la communauté sont morts dans des circonstances étranges. Les décès ont forcé l'exil des rescapés à Pond Inlet.

La plupart n'y ont jamais remis les pieds, Ruth comprise. Mais accompagnée d'Elisapie, une membre de la famille qui l'a recueillie à l'époque, et de la caméra de Fournier, elle retourne sur les lieux de la tragédie.

La principale force de ce documentaire empreint de respect réside dans la capacité qu'a eue le réalisateur de Grondines de mettre ses interlocuteurs en confiance, les filmant dans leur quotidien. Les confidences et les discussions sont franches. Les femmes s'inquiètent de la disparition de leur mode de vie traditionnel, des difficultés à transmettre leur héritage ainsi que du manque d'entraide et de l'oisiveté qui rongent maintenant leur peuple.

Leur plaidoyer est clair: l'autosuffisance est un mode de vie alors que l'assimilation conduit à la déprime, l'ennui et la tristesse. Beaucoup de jeunes perdent espoir et même leur vie.

Mémoire collective

Nallua montre ses problèmes, mais n'insiste pas. La parole des aînées fait foi de tout. La caméra de Fournier fait devoir de mémoire collective alors que celle-ci s'estompe. Elle saisit aussi au passage de magnifiques images du Grand Nord - montagnes, océan, icebergs.

Nallua se veut un film très contemplatif, mais il échoue à transmettre au spectateur certaines informations factuelles de base pour comprendre la nature du drame initial. Il manque aussi d'une forte cohérence, s'éparpillant au fil de moments porteurs plutôt que suivre une direction claire. 

Il faut de longs détours pour arriver à l'essentiel: le passé des Inuits devrait éclairer leur avenir. Malheureusement, celui-ci demeure sombre pour l'instant.

Reste que Nallua démontre de belles qualités, rarement rencontrées quand quelqu'un du sud pose sa caméra tout au nord. Et il faudra faire vite, car le film ne sera présenté, en théorie, qu'une semaine au Clap. 

=> Au générique

  • Cote:  ***
  • Titre: Nallua
  • Genre: documentaire
  • Réalisateur: Christian Mathieu Fournier
  • Classement: général
  • Durée: 1h16
On aime: le regard objectif, le devoir de mémoire, la beauté des images

On n'aime pas: des longueurs complaisantes, un manque de factuel sur le drame

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