Ave, Cesar!, une partie de plaisir ***1/2

Dans Ave, César!, George Clooney incarne une vedette de... (Fournie par Universal Pictures)

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Dans Ave, César!, George Clooney incarne une vedette de cinéma qui se fait enlever par une bande de scénaristes.

Fournie par Universal Pictures

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Les dernières fois qu'on a vu Joel et Ethan Coen, c'était à Cannes où ils ont présidé le jury, l'an dernier, et présenté Être Llewyn Davis (2013), l'un de leurs films les plus remarquables. Cette fois, Ave, César! (Hail, Caesar!) fera l'ouverture à Berlin, jeudi. Leur 17e long métrage n'a toutefois pas le panache et la profondeur de leurs plus grandes oeuvres. Mais cet hommage critique de l'usine à rêves hollywoodienne est une vraie partie de plaisir.

Il va des Coen comme de Woody Allen ou de Steven Soderbergh : il y a les longs métrages majeurs et les mineurs. Ave, César! est à ranger dans cette dernière catégorie. Il manque la maestria stylistique habituelle, de la constance et, surtout, de substance. 

Pourtant, l'occasion était belle pour les réalisateurs indépendants de tirer à boulets rouges sur la façon dont Hollywood formate et commercialise ses produits - bien que la critique est implicite. Le ton est extravagant, mais on aurait aimé plus de mordant dans la dérision. La paire en a parfois usé avec un brio rarement égalé (Le grand Lebowski ou Arizona junior).

Les Coen ont plutôt choisi de s'amuser en ressuscitant l'âge d'or des studios - ce film est autant un hommage qu'une parodie des productions de l'après-guerre. Hommage au savoir-faire du cinéma de genre (péplum, western, comédie musicale, film noir, etc.) que les réalisateurs recréent en poussant juste un peu trop loin. Les Coen retrouvent d'ailleurs Roger Deakins pour une 10e fois - l'excellent directeur photo recrée à merveille l'esthétique de l'époque.

Le décalage est vraiment amusant, d'autant que les doués réalisateurs multiplient les clins d'oeil. On peut toutefois se demander si les non-initiés au cinéma américain de l'époque vont autant apprécier.

Comment y arrivent-ils? Grâce à Eddie Mannix (Josh Brolin), un homme de main engagé par les studios pour régler les problèmes des vedettes. Comme il se promène d'un plateau à l'autre, il s'agit d'un bon prétexte pour montrer des numéros de choix et l'envers du décor (ce qui enlève pas mal de magie, par contre). 

Sa plus grande contrariété demeure l'enlèvement de Baird Whitlock (George Clooney, un habitué des Coen). La vedette d'Ave, César!, l'un des films dans le film, a été kidnappée par un gang de scénaristes communistes aussi fêlés que naïfs... Mannix doit évidemment le retrouver avant que la presse ne s'empare de l'affaire. Ici incarnée par Tilda Swinton, qui joue les soeurs Thacker. Dans cette solide distribution, celui qui vole la vedette est toutefois un nouveau venu ou presque, Alden Ehrenreich (Stoker). Il est impayable en cow-boy.

Séquences d'anthologie

Il y a quelques séquences d'anthologie, notamment avec Frances McDormand dans le rôle d'une monteuse excentrique. Mais trop peu, si vous voulez mon avis. Le rythme fait parfois défaut.

Les fans finis comme moi ont tendance à tout pardonner aux Coen. On sublimera le fait que ce scénario alambiqué est inutilement compliqué et qu'il laisse des intrigues et personnages secondaires en plan. Que plusieurs vedettes comme Scarlett Johansson ou Ralph Fiennes sont nettement sous-utilisées. Ou que l'exercice est un peu vain parce qu'il manque de substance, même si Ave, César! multiplie les allusions au maccarthysme.

Mais mettre en lumière la stupidité humaine ne demande pas une thèse de doctorat. En se moquant de l'avidité des spectateurs pour des histoires superficielles, les Coen braquent le projecteur sur nous. Aussi bien en rire. Surtout qu'Ave, César! s'y prête admirablement.

Bande-annonce de Ave, César!

=> Au générique

  • Cote: *** 1/2
  • Titre: Ave, César! (v.o.a.s.-t.f.)
  • Genre: comédie
  • Réalisateur: Joel et Ethan Coen
  • Acteurs: Josh Brolin, George Clooney et Alden Ehrenreich
  • Classement: général
  • Durée: 1h46
On aime: les parodies de film d'époque, l'humour grinçant, le jeu solide d'Alden Ehrenreich

On n'aime pas: le manque de substance

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