Le garçon et le monde: rêver en couleurs ****

Le garçon et le monde se distingue d'abord... (Fournie par gkids films)

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Le garçon et le monde se distingue d'abord et avant tout par son univers bariolé et poétique.

Fournie par gkids films

Le SoleilÉric Moreault 4/5

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(Québec) CRITIQUE / Très bonne initiative du cinéma Le Clap, qui a décidé de programmer Le garçon et le monde. Le film d'Alê Abreu a obtenu en 2014 le Cristal du long métrage et le prix du public au prestigieux Festival international du film d'animation d'Annecy (l'équivalent du Festival de Cannes en animation). Sa magnifique fable colorée sur le destin d'un petit garçon qui part à la recherche de son père et découvre certains aspects impitoyables de la vie moderne est très inspirée.

Le garçon et le monde est aussi en nomination aux Oscars, ce qui n'est pas rien pour un film brésilien, de surcroît très progressiste dans son sous-texte. Mais ce n'est pas ce qui m'a séduit à la base: le récit fantaisiste et son illustration.

Le long métrage raconte l'histoire de Cuca. Le jeune garçon coule des jours heureux à la campagne jusqu'à ce que son père parte pour la ville. Malheureux, il décide de s'enfuir pour le retrouver. Sa quête placée sous le signe du merveilleux va bientôt emprunter des chemins plus sombres...

Mais avant, Alê Abreu propose au spectateur un kaléidoscope de formes, de couleurs et de sons qui invitent au rêve - le récit d'aventures est marqué par l'onirisme. L'illustration au pastel est d'inspiration naïve, entre Arthur Villeneuve et Pellan. Le but est évidemment de rappeler les dessins d'enfants - Cuca est sommairement esquissé avec un chandail à rayures rouges, des culottes courtes noires et trois poils sur sa tête ronde comme une bille.

Une fois en route, Cuca va croiser le chemin d'un vieil homme et de son chien, ce qui l'introduit dans le monde des inégalités sociales. Une fois rendu en ville, il sera recueilli par un jeune homme qui habite dans une favela. Dans cet univers urbain dense un brin futuriste, le garçon découvre la mécanisation, la pollution et le militarisme répressif.

Sans paroles

Ce combat du peuple contre le totalitarisme et la maudite machine est évoqué de façon allégorique - sauf un très court segment documentaire qui nous ramène dans la réalité... Mais ne nous y trompons pas: Le garçon et le monde se distingue d'abord et avant tout par son univers bariolé et poétique.

Comme le film est sans paroles (sauf quelques onomatopées), ses artisans ont apporté un soin notoire à la bande-son et à la trame sonore, très évocatrice et rythmée. Cet enrobage contribue à la réussite du Garçon...

L'aspect naïf du film permet aux enfants (à partir de trois ans) de s'émerveiller, même s'ils ne comprendront pas tout du récit. Quant à la fin plus abstraite, avec ses ellipses, elle risque de désarçonner même les plus vieux. Un bien mince détail. L'essentiel est ailleurs. Et le reste fera son chemin en temps et lieu. En attendant, c'est LE film d'animation à voir pour stimuler leur curiosité et nourrir le regard qu'ils portent sur le monde.

=> Au générique

  • Cote:  ****
  • Titre: Le garçon et le monde
  • Genre: animation
  • Réalisateur: Alê Abreu
  • Classement: général
  • Durée: 1h22
On aime: la liberté de ton, l'univers pictural, la fantaisie

On n'aime pas: la fin un peu trop abstraite

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