Là où Atilla passe: devenir soi-même ***1/2

Émile Schneider et Roy Dupuis sont formidables de... (Fournie par K-Films Amérique)

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Émile Schneider et Roy Dupuis sont formidables de retenue, tout en étant très éloquents dans leur capacité à véhiculer les émotions avec justesse.

Fournie par K-Films Amérique

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Là où Atilla passe a la chance de compter sur des acteurs, Roy Dupuis en tête, qui vont susciter un intérêt chez des spectateurs qui auraient peut-être passé outre ce très bon petit film. Ce long métrage qui s'intéresse à la solitude transpose avec beaucoup d'humanité la quête des racines identitaires d'un jeune homme qui apprend à conquérir sa liberté et à devenir un homme.

Nul doute, Onur Karaman (La ferme des humains) a puisé dans sa propre histoire d'immigration pour son deuxième long métrage. Il s'attarde au destin d'Atilla (Émile Schneider), un adolescent secret et introverti, adopté alors qu'il était jeune par Michel (Dupuis), un policier tout aussi taciturne que lui, et Julie (Julie Deslauriers). 

Cette femme de caractère étouffe entre ses deux hommes qui souffrent d'une incommunicabilité profonde et les abandonne bientôt pour aller voir ailleurs si elle y est. Le père maladroit, mais qui fait de gros efforts, et le fils anxieux vont tenter de rebâtir une relation. 

La crise identitaire d'Atilla va s'exacerber lorsqu'il fait la connaissance d'Asya (Dylan Gwinn), une étudiante turque de passage à Montréal, et d'Ahmet, un cuisinier qui travaille avec lui. Le duo va le mettre en contact avec sa culture, qu'il a largement oubliée au sein de sa famille adoptive. Et nous présenter un visage positif de l'immigration pour faire changement.

Non-dit

Là où Atilla passe aurait pu être un film verbeux où les personnages se prennent la tête en exprimant leurs états d'âme. Onur Karaman a plutôt opté pour le non-dit, qu'il met en scène en favorisant les regards et le charisme de ses deux interprètes principaux. Schneider et Dupuis sont formidables de retenue, tout en étant très éloquents dans leur capacité à véhiculer les émotions avec justesse.

Les dialogues étant plus rares, Karaman mise sur des touches d'humour assez sympathiques pour alléger l'atmosphère ainsi qu'un très bon travail de montage et sur la bande-son.

Le récit initiatique est une figure convenue au cinéma, mais Là où Atilla passe se distingue par son point de vue différent. Un rêve récurrent permet au spectateur de comprendre qu'Atilla doit faire la paix avec son passé pour envisager l'avenir. Mais la façon dont le film présente la solitude en fait aussi son originalité. «Apprécie la solitude, c'est la seule chose qui t'appartient», dit Ahmet à Atilla.

C'est dans cet exil intérieur qu'il devra puiser pour devenir un homme. Et rétablir un véritable contact avec ses parents. Là où Atilla passe est un film très humain, porteur d'espoir, bien interprété et réalisé avec brio. Une très agréable surprise en fait. Le cinéma québécois se porte bien. Suffit d'un minimum de curiosité et les récompenses peuvent être grandes.

=> Au générique

  • Cote:  *** 1/2
  • Titre: Là où Atilla passe
  • Genre: drame psychologique
  • Réalisateur: Onur Karaman
  • Acteurs: Émile Schneider, Roy Dupuis, Julie Deslauries et Dylan Gwinn
  • Classement: général
  • Durée: 1h30
On aime: le jeu sobre mais touchant, le regard humain, les choix de réalisation

On n'aime pas: de petites erreurs scénaristiques

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