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La Berlinale croit aux festivals malgré les téléphones intelligents

Le patron de la Berlinale Dieter Kosslick se dit convaincu... (AFP, John MacDougall)

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Le patron de la Berlinale Dieter Kosslick se dit convaincu que le phénomène du binge watching, le visionnement quasi compulsif de séries sur de petits écrans, va déclencher un regain d'appétit pour le cinéma.

AFP, John MacDougall

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Deborah COLE
Agence France-Presse
Berlin

Les festivals de cinéma ont un avenir en dépit de l'avènement des téléphones intelligents et autres tablettes, juge le directeur de la Berlinale, qui veut croire dans l'attrait du grand écran dans un monde toujours plus pressé.

«Nos chiffres de ventes de billets montrent qu'il y a toujours un grand désir de voir des films dans un cinéma, en compagnie de gens et de partager les impressions ensuite», explique à l'AFP Dieter Kosslick, le patron du festival du film de Berlin, qui se déroulera du 11 au 21 février.

L'année dernière, 500 000 billets ont été vendus ou distribués pour la Berlinale, le seul festival majeur à permettre au grand public d'assister à toutes les projections. Il se dit convaincu que le phénomène du binge watching, le visionnement quasi compulsif de séries sur de petits écrans, va déclencher un regain d'appétit pour le cinéma, pour des films «qui prennent le temps de raconter une histoire complète».

«Notre société a beaucoup à gagner à être un peu ralentie», juge-t-il.

«Il va y avoir un phénomène inverse. Ce n'est pas possible que tout le monde reste accro à de petites machines qu'on trimballe dans sa poche», poursuit M. Kosslick, qui a largement relancé la Berlinale depuis son arrivée à sa tête en 2001.

Surfant sur la vague de popularité des séries, le festival présentera aussi sur grand écran des productions télévisées danoises, britanniques, américaines ou israéliennes.

Aux yeux de M. Kosslick, les festivals sont d'autant moins condamnés que les fans de cinémas ont besoin de l'atmosphère de paillettes du monde des stars et des tapis rouges.

La Berlinale s'ouvrira du reste sur le dernier né des frères Coen, Ave César et diffusera moult longs métrages, hors et en compétition, avec de grands noms à l'affiche : Colin Firth, Nicole Kidman, Jude Law, Emma Thompson, Don Cheadle, Kirsten Dunst, Gérard Depardieu ou encore Adam Driver.

L'atout Meryl Streep

Une sélection de documentaires ainsi qu'une grande diversité de langues et de cultures seront aussi présentés dans la vaste sélection avec des films chinois, belge, français, néo-zélandais, américain ou tunisien.

Autre atout pour attirer le public, et M. Kosslick ne cache pas sa fierté: Meryl Streep, l'actrice aux trois Oscars, va présider le jury du festival 2016. «Meryl Streep a été une invitée du festival à plusieurs reprises et lorsqu'elle a reçu l'Ours d'or d'honneur en 2012 pour l'ensemble de sa carrière, elle m'a dit qu'elle aimerait bien passer plus de temps à Berlin», raconte-t-il.

«Bien sûr, pour le directeur d'un festival, ça veut dire: "Demande-lui!" Elle aurait pu dire non, mais on a eu de la chance», se réjouit-il.

Selon lui, sa venue a aussi à voir avec la réputation de la Berlinale de festival engagé, comme l'année dernière lorsque la principale récompense a été remise à Taxi Téhéran de l'Iranien Jafar Panahi, un film réalisé malgré une interdiction des autorités.

«Si vous connaissez la carrière [de Meryl Streep] vous savez que c'est une actrice engagée et donc peut-être qu'elle s'est dit que ce n'était pas un mauvais festival pour être présidente du jury pour la première fois», relève M. Kosslick.

Place aux femmes

Revenant sur le débat agitant le monde du septième art sur les inégalités entre hommes et femmes, le directeur de la Berlinale a admis que les festivals avaient aussi à jouer leur rôle.

Seuls 2 des 18 films en compétition à la Berlinale ont été réalisés par des femmes. Par ailleurs, aucun des grands festivals n'a été dirigé par une femme. «En tant qu'institution culturelle, c'est notre devoir de nous battre pour l'égalité», relève M. Kosslick, «je crois en des quotas pour femmes, pas parce que je pense que les quotas sont intelligents, mais parce que c'est la seule chose qui marche».

Lui-même n'exclut pas de céder sa place à la fin de son contrat dans trois ans. «En 2019, j'aurai 70 ans et j'ai un petit-enfant. Mais en attendant, c'est la Berlinale à fond», dit-il.

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