Endorphine: sans concession ***1/2

Endorphine est construit comme un véritable casse-tête: le... (Photo fournie par Les Films Séville)

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Endorphine est construit comme un véritable casse-tête: le réalisateur André Turpin utilise retours en arrière et bonds en avant ainsi que montage pour multiplier les points de vue et brouiller la perception qu'a le spectateur de ce qu'il voit à l'écran.

Photo fournie par Les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / En 2002, Un crabe dans la tête a remporté sept Jutra, dont ceux du meilleur film, réalisateur et scénario. Puis André Turpin a mis son incroyable talent de directeur photo au service de nos meilleurs cinéastes: Villeneuve, Dolan et Falardeau. L'artiste n'a donc rien à prouver ni de compromis à effectuer avec Endorphine, un étonnant moment de cinéma, à la fois sombre et brillant.

Sombre dans son récit, mais brillant dans la façon de le raconter - même si c'est assez désorientant, merci. Endorphine met en scène Simone, à trois étapes de sa vie: à 12 ans (Sophie Nélisse), jeune adulte (Mylène Mackay) et vieille (Lise Roy). Chaque période est profondément marquée par le traumatisme vécu par la préadolescente: Simone assiste fortuitement au meurtre de sa mère (Monia Chokri) dans l'escalier d'un immeuble de bureaux.

Ce n'est pas le meurtre comme tel qui intéresse Turpin, mais les conséquences de ce traumatisme que revit constamment Simone. Le spectateur voit ce drame brutal selon différentes perspectives alors que Simone, traumatisée, tente de se souvenir de ce qui s'est passé - et surtout quelle a été sa réaction.

Comme le personnage principal, on ne sait plus si cette plongée dans la tête du personnage relève du rêve, du souvenir, du traumatisme ou du fantasme (Éros et Thanatos se côtoient, comme souvent). Ou tout ça à la fois. Ce film sans concession est ouvert à toutes les interprétations.

Endorphine est d'ailleurs construit comme un véritable casse-tête: Turpin utilise retours en arrière et bonds en avant ainsi que montage pour multiplier les points de vue et brouiller la perception qu'a le spectateur de ce qu'il voit à l'écran.

Il y a toutefois tout un volet «scientifique» sur la relativité du temps qui s'avère superflu et risque d'en embrouiller plus d'un. L'exercice est fascinant, mais il me semble au peu trop plaqué artificiellement au récit.

Évidemment, la direction photo s'avère impeccable - normal, Turpin a remporté des prix pour Un crabe dans la tête, mais aussi pour Incendies (Villeneuve) et Mommy (Dolan). Il s'est amusé à multiplier les références cinématographiques, notamment à Buñuel et à Lynch pour l'aspect hypnotique et surréaliste, ainsi qu'à Bergman. On peut aussi y trouver une référence picturale importante dans une scène leitmotiv, où Simone voit des gens aux fenêtres d'un autobus, qui évoque la célèbre Trolley, New Orleans de Robert Frank.

Son troisième long métrage comme réalisateur repose aussi grandement sur les trois actrices, qui se révèlent à la hauteur et généreuses dans leur performance - en particulier Lise Roy.

Endorphine se veut un cinéma d'auteur qui relève du septième art. C'est de plus en plus rare sur nos écrans. Ce qui en fait une expérience forte et incontournable, même si elle peut désarçonner.

Au générique

Cote: *** 1/2

Titre: Endorphine

Genre: drame

Réalisateur: André Turpin

Actrices: Sophie Nélisse, Mylène Mackay et Lise Roy

Classement: 13 ans et plus

Durée: 1h23

On aime: la créativité du réalisateur, la maîtrise du médium, l'originalité de la démarche

On n'aime pas: le volet scientifique

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