Le revenant, une force de la nature ***1/2

Si Leonardo DiCaprio ne gagne pas l'Oscar du... (PHOTO FOURNIE PAR 20TH CENTURY FOX)

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Si Leonardo DiCaprio ne gagne pas l'Oscar du meilleur acteur avec cette prouesse physique tout en intériorité et en fureur silencieuse, ce sera un vrai vol.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / L'un des films les plus attendus de 2015 a finalement pris l'affiche en 2016. Et l'attente en valait la peine.

Le revenant (The Revenant) s'avère un intense et brillant exercice de style cinématographique qui obtiendra certainement plusieurs nominations aux Oscars jeudi prochain, dont une pour Leonardo DiCaprio. L'acteur livre une performance ahurissante dans la peau d'un (sur)homme capable de surmonter les pires épreuves et souffrances pour assouvir sa vengeance...

Le fabuleux Alejandro González Iñárritu (21 grammes) signe son premier long métrage d'époque avec Le revenant. Le western adapté en partie du livre de Michael Punke sur les mésaventures de Hugh Glass se déroule au Montana en 1823. 

L'expérimenté trappeur (DiCaprio) et son fils métis guident une troupe à la recherche de peaux de castor. Attaquée par des Arikara et subissant de lourdes pertes - la scène, d'une violence crue, est filmée en de spectaculaires plans-séquences signatures -, la bande s'enfonce dans la forêt. En parallèle, les Amérindiens échangent les peaux dérobées à des coureurs des bois menés par Toussaint Charbonneau et son interprète (un bref rôle pour Emmanuel Bilodeau).

Un peu plus tard, Glass est attaqué et pratiquement dépecé par une mère Grizzly, une séquence d'un terrifiant réalisme. Le trappeur est laissé pour mort à la suite d'un funeste incident par Fitzgerald (Tom Hardy), un aventurier rapace et cupide. Le film repose sur cette opposition entre les deux protagonistes. Glass est une force de la nature au coeur pur, Fitzgerald, une âme noire - mais chacun porte des stigmates du passé qui expliquent leurs motivations.

Dans ce combat contre la nature sauvage et cruelle, les deux hommes sont engagés dans une sanglante course-poursuite sur plusieurs centaines de kilomètres où est mis en évidence le triomphe de la volonté et la force des liens filiaux. Glass s'avère un animal blessé - la gorge à moitié ouverte, il grogne la moitié du long métrage - capable d'endurer un véritable calvaire.

À ce propos, Iñárritu ne cesse d'en rajouter pour des raisons qui relèvent plus de l'esbroufe que de la progression dramatique, provoquant parfois des décrochages dans un film qui nous rive pourtant à notre siège. Il y a aussi de la complaisance dans la longueur excessive de ce récit que le réalisateur américano-mexicain a voulu épique sans totalement y arriver. 

Reste qu'il se révèle - encore une fois - un cinéaste avec une vision et une exécution hors du commun, autant, par exemple, dans le choix de sa caméra qui fait corps à corps avec Glass que dans ses magnifiques plans de paysages grandioses. 

Tourné en lumière naturelle 

Iñárritu peut compter sur l'aide de son compatriote Emmanuel Lubezki, le complice habituel d'Alfonso Cuarón. Le directeur photo oscarisé pour Gravité (Cuarón) et Birdman (Iñárritu) pourrait bien réaliser un tour du chapeau consécutif pour son splendide travail sur cette oeuvre sans compromis tournée en lumière naturelle et en son ambiant (avec la dense musique de Ryuichi Sakamoto en surplomb).

La respiration haletante de Glass sert aussi de leitmotiv sonore. C'est presque l'essentiel de ce qui sort de la bouche de DiCaprio, qui a très peu de dialogues. Sa présence brute n'en est que plus éloquente. S'il ne gagne pas l'Oscar du meilleur acteur avec cette prouesse physique tout en intériorité et en fureur silencieuse, ce sera un vrai vol.

Dans Le revenant, Iñárritu délaisse les complexes structures narratives de ses premiers films en offrant un récit linéaire à peine entrecoupé de quelques retours en arrière et de magnifiques séquences oniriques empreintes de mysticisme. Il y explore, en toile de fond, des questions de foi, de nature humaine et de morale qui n'interfèrent pas avec l'action, mais donne une dimension plus vaste au propos.

Le réalisateur d'Amours chiennes a toujours été un peu sensationnaliste avec la violence, et il faut avoir le coeur bien accroché pour Le revenant. C'est néanmoins un très bon film, en nomination pour le meilleur film, réalisateur et acteur aux Golden Globes et aux BAFTA (l'équivalent britannique des Oscars). Quand je vous disais que l'attente en valait la peine...

Bande-annonce de « Le revenant »

=> Au générique

  • Cote :  *** 1/2
  • Titre : Le revenant
  • Genre : western
  • Réalisateur : Alejandro González Iñárritu
  • Acteurs : Leonardo DiCaprio, Tom Hardy et Will Poulter
  • Classement : 13 ans et plus
  • Durée : 2h36
On aime : la superbe cinématographie, l'hallucinante maîtrise de la réalisation, la stupéfiante prouesse de DiCaprio

On n'aime pas : des longueurs, des exagérations dans le scénario

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