Dans l'enfer d'Auschwitz avec Le fils de Saul 

Favori pour l'Oscar du meilleur film en langue... (Fournie par Sony Pictures)

Agrandir

Favori pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, Le fils de Saul a remporté le Grand Prix du jury à Cannes en mai.

Fournie par Sony Pictures

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jake Coyle
Associated Press
New York

La puissance et l'horreur du film Le fils de Saul, une incursion dans la vie d'un membre du Sonderkommando d'Auschwitz-Birkenau, ont bouleversé les spectateurs depuis la première du long métrage au Festival de Cannes, en mai.

L'oeuvre a remporté le Grand Prix sur la Croisette, reçu des éloges de Claude Landzmann, le réalisateur de Shoah, et valu à son créateur, Laszlo Nemes, la réputation d'être particulièrement solide pour un cinéaste n'ayant qu'un seul long métrage à son actif.

Le fils de Saul suit un membre du Sonderkommando, un groupe de prisonniers juifs obligés d'aider les nazis à mettre leur plan d'extermination à exécution, qui croit avoir reconnu son fils parmi les détenus exterminés et tente de voler son cadavre afin de lui offrir une vraie sépulture.

«En faisant le portrait d'un homme vivant en enfer, nous montrons ce dont l'humanité est capable, affirme M. Nemes. Pour voir s'il peut y avoir de l'humanité dans un monde qui n'est pas humain. S'il ne reste plus rien, est-ce qu'il peut tout de même y avoir un Dieu intérieur?»

Cette oeuvre n'est pas pour les âmes sensibles. Favori dans la course pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, Le fils de Saul rejette délibérément les longs métrages sur l'Holocauste plus austères. Il donne une description poignante du fonctionnement des camps de concentration.

«Je suis intéressé par le mal, admet le cinéaste d'origine hongroise. Un type de mal qui ne peut être compris en un clin d'oeil ou représenté. Exactement le contraire de la représentation du mal dans notre monde moderne, surtout au cinéma.»

Plans-séquences

Filmé en 35 mm, Le fils de Saul réunit plusieurs plans-séquences qui suivent Saul, interprété par Geza Rohrig, à la trace. La plupart des activités du camp sont reléguées à l'arrière-plan, toile de fond un peu floue qui nécessiterait son propre réalisateur.

Le long métrage ne montre jamais la chambre à gaz, même s'il se déroule essentiellement devant sa porte.

Il a fallu six ans à Laszlo Nemes, dont certains aïeux ont été tués à Auschwitz, pour réaliser Le fils de Saul. Le processus s'est amorcé avec la lecture de témoignages déchirants de membres du Sonderkommando du tristement célèbre camp de concentration.

Le cinéaste et scénariste de 38 ans, qui a émigré en France avec sa mère à l'âge de 12 ans, a commencé à travailler sur le long métrage lors d'un stage de deux ans auprès du réalisateur hongrois Bela Tarr. Après avoir en vain tenté d'obtenir du financement en France et en Israël, M. Nemes a finalement réalisé son film avec un maigre budget de 1,5 million $ et le soutien du Fonds national pour le film hongrois ainsi que de la Conférence sur les réclamations matérielles juives contre l'Allemagne.

«Je ne voulais pas donner l'impression qu'il s'agissait d'un premier long métrage», indique celui qui planche maintenant sur un thriller se passant à Budapest en 1910. «Je ne suis pas si jeune que ça. Ce n'est pas un jeune homme de 25 ans qui a fait ce film.»

Le fils de Saul prendra l'affiche le 15 janvier.

Bande-annonce « Le fils de Saul »

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer