La folie guerrière de Macbeth ***

Michael Fassbender (Macbeth) et Marion Cotillard (Lady Macbeth)... (Fournie par The Weinstein Company)

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Michael Fassbender (Macbeth) et Marion Cotillard (Lady Macbeth) livrent de vibrantes performances, interprétant un couple qui sombre peu à peu dans la folie.

Fournie par The Weinstein Company

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / On remonte souvent les classiques au théâtre, pourquoi pas au cinéma? Encore faut-il avoir une vision et quelque chose de nouveau à apporter qui justifie une relecture. Or, celle de Justin Kurzel, dans ce crépusculaire Macbeth, consiste surtout à se servir du texte de la noire tragédie, sur un tyran atteint de la folie des grandeurs et assoiffé de pouvoir, pour en mettre - violemment - plein la vue.

La fresque de Shakespeare sur l'ambition insatiable de la bête humaine a produit deux personnages célèbres, indissociables : Macbeth (Michael Fassbender) et Lady Macbeth (Marion Cotillard). C'est d'ailleurs le principal intérêt de cette énième version cinématographique et la raison de sa présence en sélection officielle au dernier Festival de Cannes.

Les deux acteurs y livrent de vibrantes performances, surtout la célèbre actrice française (Contagion, De rouille et d'os). Elle met à sa main de façon remarquable un des rôles les plus exigeants du répertoire dramatique avec une véritable grâce intérieure. Fassbender y est aussi intense que dans son rôle de l'esclavagiste cruel Edward Epps dans Esclave pendant 12 ans (Steve McQueen).

Pour le reste, même s'il a coupé dans le texte, Justin Kurzel a respecté les grandes lignes du récit. À savoir : dans l'Écosse du XIsiècle, Macbeth sort victorieux de la guerre qui fait rage. Le brave général reçoit la visite de trois sorcières, qui lui prophétisent son accès au trône d'Écosse. Il s'en ouvre à sa femme, qui le pousse à assassiner le roi Duncan (David Thewlis).

Hanté par des visions sanglantes et rongé par le remords, Macbeth sombre peu à peu dans une paranoïa sanguinaire qui le pousse à éliminer ses ennemis, réels ou imaginaires. Sa reine n'est pas en reste avec ses hallucinations, et ce bain de sang les précipite tous deux dans la folie alors que se déclenche la guerre civile. 

L'intérêt de transposer Macbeth au grand écran réside évidemment dans le fait qu'on se libère des contraintes des planches. Les affrontements sur les landes battues par le vent, filmés en caméra portée dans des tableaux à l'esthétique sombre et rouge sang, évoquent ceux des westerns. Ou encore les combats épiques qu'on voit chez Kurosawa : Ran, par exemple, basé sur Le roi Lear... de Shakespeare.

Cette débauche de violence et d'hémoglobine cherche à recréer ce qui régnait sur les champs de bataille à l'époque, mais Kurzel signe une mise en scène grandiloquente qui abuse des effets de manche (ralentis, filtres, etc.).

Curieusement, cette vision de bruit et de fureur pourrait bien séduire les plus jeunes cinéphiles et les adeptes de la série Trône de fer (Game of Thrones) qui sont néophytes en tragédies shakespeariennes. Les fervents de l'oeuvre, par contre, risquent d'y perdre au change.

Bande-annonce de «Macbeth»

=> Au générique

  • Cote: ***
  • Titre: Macbeth
  • Genre: drame
  • Réalisateur: Justin Kurzel
  • Acteurs: Michael Fassbender, Marion Cotillard et David Thewlis
  • Classement: général
  • Durée: 1h53
On aime: l'interprétation, l'ampleur de la production

On n'aime pas: l'esthétisme maniéré, le manque de vision sur le fond

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