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Le cinéma Cartier menacé de fermeture

Le cinéma Cartier est une véritable institution à... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le cinéma Cartier est une véritable institution à Québec : il a été construit en 1927. Il a fermé ses portes le 29 mars 1987 pour devenir un club vidéo. Une salle de cinéma y a été réinstallée en 2001, puis deux autres. Signe des temps, le club vidéo a cédé sa place à cinq salles lorsqu'Yvan Fontaine a racheté le lieu. Mais il est encore menacé...

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Après l'Excentris, dans la métropole, est-ce au tour du cinéma Cartier? Aux prises avec les mêmes problèmes d'accessibilité aux films, en particulier québécois, Yvan Fontaine est prêt à jeter l'éponge, a appris en exclusivité Le Soleil. Si la situation ne change pas, le propriétaire estime que la fermeture est imminente, ce qui priverait le centre-ville de Québec d'un véritable cinéma.

Lorsque Yvan Fontaine a racheté et rénové à grands frais, il y a presque deux ans, il était confiant de pouvoir remplir sa mission de cinéma de quartier. D'ailleurs, l'assistance a augmenté régulièrement, prétend-il. Mais pas assez : «C'est difficile de remplir ma grille de programmation».

Comme chez Excentris, à Montréal, qui vient de fermer, l'homme de 54 ans montre du doigt le fait que la plupart des films se retrouvent chez son concurrent direct, le cinéma Clap, surtout ceux qui sont distribués par Séville, une branche du géant canadien eOne. Son président Patrick Roy a décliné notre demande d'entrevue.

«On m'avait informé, au début, que je n'aurais pas nécessairement accès aux films d'auteur et québécois, mais que j'aurais accès aux films populaires. Mais ça se perpétue et je n'ai pas nécessairement accès aux films populaires, ou très peu», explique-t-il.

Règle non écrite

Selon lui, le distributeur se réfugie derrière la règle non écrite du marché qui stipule que deux cinémas à cinq kilomètres l'un de l'autre ne peuvent présenter les mêmes films, «indépendamment de la densité de population».

Il comprend mal l'imbroglio actuel. Les deux cinémas ne partagent pas la même clientèle, dit-il. «La très grande majorité des spectateurs vient ici à pied ou en autobus.» Il estime qu'avec une population de 325 000 habitants dans sa partie métropolitaine, Québec peut très bien faire vivre deux cinémas indépendants en plus des deux multiplexes. La moyenne québécoise est de neuf écrans par 100 000 habitants, 6 à Québec (10 à Montréal et en Estrie).

«Je n'ai rien contre les gens du Clap, mais ils profitent du système», ajoute-t-il. Robin Plamondon, le copropriétaire du cinéma de Sainte-Foy, fait plutôt valoir que chaque distributeur choisit de placer son film «à l'endroit où il est le plus rentable possible». Il souligne que, parfois, le Cineplex Odeon obtient un long métrage qu'il aurait voulu au Clap. «Il n'y a pas [toujours] de place pour deux copies [simultanément].»

«Sur le dos des autres»

Robin Plamondon ne voit rien de neuf dans la sortie de M. Fontaine. «Chaque fois que les propriétaires successifs du Cartier ont des ennuis, ils mettent toujours ça sur le dos des autres.» Il rappelle qu'établir une programmation est un exercice difficile, qui demande beaucoup d'efforts, et que se bâtir une clientèle prend du temps.

De son côté, Yvan Fontaine estime qu'il lui manque de 6 à 10 films porteurs par année qui ferait une différence entre la fermeture et la rentabilité à long terme. Dans la situation actuelle, il ne peut planifier sa programmation, plaide-t-il.

Au bout du compte, ce sont les cinéphiles de Québec qui risquent de faire les frais d'une situation «cul-de-sac», juge-t-il. En plus, une dizaine de personnes risquent de perdre leur emploi. Sa sortie publique pourrait lui valoir des représailles de la part de Séville, croit-il, mais, de toute façon, «je n'ai plus rien à perdre».

Si jamais Yvan Fontaine met la clé dans la porte, les gens du Clap seraient prêts à envisager une reprise. Ses propriétaires n'ont jamais caché leur intérêt à implanter une succursale au centre-ville. Mais «il faudrait analyser le dossier».

Le cinéma Cartier est une véritable institution à Québec : il a été construit en 1927. Il a fermé ses portes le 29 mars 1987 pour devenir un club vidéo. Une salle de cinéma y a été réinstallée en 2001, puis deux autres. Signe des temps, le club vidéo a cédé sa place à cinq salles lorsqu'Yvan Lachance a racheté le lieu. Mais il est encore menacé...

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