Une nouvelle vie pour Marie Brassard

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Dans Le coeur de madame Sabali, Marie Brassard incarne Jeannette, une femme à la vie morne dont l'existence va changer à la suite d'une greffe du coeur.

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(Québec) Marie Brassard n'a pas peur de prendre des risques artistiques comme le prouve son aventureux parcours d'actrice. Mais avant d'accepter le rôle principal dans Le coeur de madame Sabali, le deuxième long métrage de Ryan McKenna, elle a pris ses renseignements sur le cinéaste canadien. Une rencontre a fait le reste.

Marie Brassard l'avoue en rigolant, elle a trouvé le scénario «très étrange» : «Je ne savais pas trop quoi en penser.» Le long métrage raconte l'histoire particulière de Jeannette, une femme à la vie morne et ordinaire, qui reçoit une greffe du coeur. Son existence va changer du tout au tout. Ne serait-ce que parce qu'elle a des visions de l'assassinat de sa donneuse - la madame Sabali en question.

Avant de rencontrer Ryan McKenna, Marie Brassard avait eu le temps d'apprendre qu'il fait partie des cinéastes de Winnipeg qui évoluent dans l'orbite de Guy Maddin. «C'est une école de pensée de cinéma [très communautaire] que je trouve très intéressante. Comme une sorte de Nouvelle vague canadienne.»

La rencontre avec le réalisateur fut déterminante. «Il est très intelligent et a beaucoup d'humour, ce qui n'était pas pour me déplaire. Et j'ai beaucoup aimé ses idées de réalisation. [...] Il voulait que le film ait un caractère surréaliste, ça aussi ça m'a beaucoup plu.»

Ces conversations lui ont permis de mieux cerner son personnage, une femme délaissée par son chum (ils n'ont pas fait l'amour depuis deux ans), qui mène une existence routinière et terne. «Elle est déçue par sa vie.» Comme beaucoup de gens. Mais sa greffe va lui procurer «une nouvelle vie dans tous les sens du terme».

C'est que madame Sabali était Malienne. Son fils Chibale tente de faire revivre sa mère à travers Jeannette, à sa grande stupéfaction et avec une certaine résistance. Jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle peut combler son désir d'enfant en devenant mère par procuration. «Ça me touchait aussi qu'elle ne comprenne pas trop tout ce qui lui arrive. Elle a une chance de vivre et [c'est pour ça] qu'elle accepte tout ce qui est absurde et inconcevable avec ouverture.»

Jeannette va rencontrer les proches de la famille et fêter avec eux, sur la musique d'Amadou et Mariam. «C'était formidable toute cette couleur, dans tous les sens du terme, cet enthousiasme. C'était une atmosphère tellement peu commune et agréable, j'ai beaucoup aimé ce tournage.»

À la Wes Anderson

Cet univers surréaliste à la Wes Anderson - «oui, c'est vrai, mais il y a d'autres influences» - et cet humour absurde ont demandé un certain ajustement, reconnaît Marie Brassard. Francis La Haye, qui joue son amoureux indifférent, et elle ont décidé d'opter pour un jeu très «minimaliste» pour préserver la poésie du réalisateur et servir sa vision.

L'actrice croit d'ailleurs qu'il s'agit de la différence fondamentale entre monter sur les planches et se retrouver sur un plateau. «On essaie d'être fidèle et de traduire l'esprit que le réalisateur a voulu exprimer dans son film. Quand on joue au théâtre, on a une totale responsabilité ou une grande responsabilité par rapport à ce qui va être offert au public. Tandis qu'au cinéma, on est un peu comme un instrument, au même titre que tous les éléments qui vont servir à faire le film. C'est beaucoup au montage que le film se fait. Et on est parfois surpris du résultat. Mais ce que j'ai vu [avec Mme Sabali], c'est beaucoup ce à quoi je m'attendais.»

Manifestement, ça lui a plu. Comme le fait d'être beaucoup sollicité ces dernières années au cinéma. «C'est comme si les cinéastes me redécouvraient», dit-elle à la blague. Connue pour son travail théâtral avec Robert Lepage, elle joue dans les adaptations cinématographiques du Polygraphe (1996) et de (1998), puis dans quelques productions au fil du temps.

Mais depuis Vic + Flo ont vu un ours de Denis Côté (2013), elle enchaîne les rôles. «Je me trouve chanceuse.» L'actrice tourne d'ailleurs actuellement avec Karl Lemieux, plus connu pour ses films d'animation expérimentaux que sa fiction. «Il a un talent extraordinaire.»

Créatrice reconnue et acclamée pour son originalité et son audace, Marie Brassard ne reste pas à côté du téléphone à attendre les propositions. Avec sa compagnie Infrarouge, elle a des projets en théâtre et en danse pour l'an prochain. Et elle espère qu'elle réussira à amener sa nouvelle mouture du solo Peepshow en tournée, interprété pour la première fois par une autre, Monia Chokri.

En fin de semaine, elle s'en va à Paris, pour deux semaines, où elle est la narratrice d'une projection présentée au Planétarium dans le cadre de la Conférence sur les changements climatiques. Se rendre dans la Ville lumière après les attentats sanglants du 13 novembre, «c'est très particulier, reconnaît-elle. Mais je fais partie de ceux qui croient qu'il faut continuer à vivre. J'ai pas d'inquiétude particulière. Je suis très touchée par ce qui passe, pas seulement à Paris, mais globalement. C'est un phénomène très troublant et très choquant. Mais j'ai quand même hâte d'y aller.»

Le coeur de madame Sabali prend l'affiche vendredi.

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