Love: On s'en branle! **

Un couple fantasme sur un trio avec une... (fournie par les films Séville)

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Un couple fantasme sur un trio avec une petite blonde... mais la jalousie s'en mêle et tout part en vrille.

fournie par les films Séville

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) CRITIQUE / Love a créé, depuis sa présentation en séance de minuit au Festival de Cannes, beaucoup d'agitation. On se demande bien pourquoi : plusieurs films de fiction, bien avant celui de Gaspar Noé, ont eu la prétention de montrer des scènes de sexe non simulées (Nymphomaniac et L'inconnu du lac, récemment). Était-ce l'effet 3D? Ou parce que réalisateur franco-argentin ne fait pas dans la dentelle? Reste qu'on s'excite pour rien.

Même si son réalisateur s'en défend bien, la sexualité explicite est la seule raison qu'on accorde autant d'attention à ce prétentieux mélodrame convenu. D'ailleurs, la première séquence donne le ton : Murphy (Karl Glusman), couché sur le dos, se fait longuement caresser le membre par sa copine Electra (Aomi Muyock), jusqu'à l'orgasme. Voilà : le sexe sera moite et présenté dans toutes ses variantes - mais pas sous tous les angles.

Car Gaspard Noé filme les corps en plan fixe, à une distance respectueuse (sauf un extrême gros plan d'une éjaculation dirigée vers la caméra. Disons qu'en 3D... Le reste du temps, l'effet tombe plutôt à plat). Son but, comme le dit son alter ego Murphy, un étudiant en cinéma : réellement montrer l'acte sexuel de deux personnes qui s'aiment (autrement dit : sans que ce soit pornographique).

Ce qu'il s'évertue à faire puisque Love est, somme toute, un mélo vu mille fois, bien qu'il adopte une structure non linéaire qui va et vient (pardon!) entre la rencontre du couple et les deux ans écoulés depuis. Le duo s'aime passionnément. Il fantasme sur un trio avec une petite blonde. Comme de raison, en voici une qui devient leur voisine (Klara Kristin). À partir de là, la jalousie s'en mêle et tout part en vrille : sexe et drogue à profusion, jusque dans un club échangiste.

Ça devient franchement lassant, peu importe l'imagination et l'ardeur des acteurs (pas très bons en dehors du lit). Malgré une certaine virtuosité cinématographique et une grande recherche esthétique, Gaspard Noé nous offre un récit hyper convenu et bourré de clichés dans un film ennuyant et interminable, et, finalement, dénué de passion (on est loin de 37,2 le matin, par exemple, où les scènes de sexe sont simulées. Comme quoi...).

Critique divisée

Love a divisé profondément la critique. Certains soulignent sa beauté formelle et ses qualités mélodramatiques, d'autres, comme moi, déplorent la banalité du récit, ses clichés et trouvent la provocation infantile.

Si Noé avait certaines prétentions artistiques autres que celle de la provocation, il aurait pu soigner un peu ses dialogues, qui oscillent entre une déconcertante banalité et les idées intello branchées maintes fois rabâchées.

On pourrait dire, à l'instar de certains, que Love est un film porno qui ne s'assume pas. Il a d'ailleurs obtenu un succès de box-office très limité en France, malgré un immense foin médiatique. Bref, on s'en branle. 

Bande-annonce de «Love»

=> Au générique

  • Cote: **
  • Titre: Love
  • Genre: mélodrame érotique
  • Réalisateur: Gaspar Noé
  • Acteurs: Karl Glusman, Aomi Muyock et Klara Kristin
  • Classement: 18 ans et plus
  • Durée: 2h04
On aime: la recherche esthétique

On n'aime pas: à peu près tout le reste

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