Jean Rochefort sort de la retraite pour Floride

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Dans Floride, Claude Lherminier (Jean Rochefort), 82 ans, part sans prévenir en Floride pour visiter sa fille cadette, au grand dam de l'aînée (Sandrine Kiberlain), qui veille sur lui.

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(Québec) Philippe Le Guay aime les acteurs, qui le lui rendent bien. Son parcours éclectique depuis Les deux Fragonard (1989) affiche une constante : la fidélité, autant à ses comédiens de prédilection, notamment Fabrice Luchini, qu'à ses proches collaborateurs. Pour Floride, il a toutefois dû apprivoiser son interprète principal pour le convaincre de sortir de sa retraite bien méritée : Jean Rochefort.

L'homme est une figure emblématique du cinéma français, alternant comédies populaires (Le grand blond avec une chaussure noire, Un éléphant ça trompe énormément) et cinéma d'auteur (Le crabe-tambour, Ridicule, Le mari de la coiffeuse). Après plus de 110 longs métrages et un César d'honneur couronnant sa carrière, Jean Rochefort avait décidé d'arrêter. C'était sans compter sur Philippe Le Guay, qui le trouvait parfait pour ce «personnage [grave] qui perd un peu la tête», ce qui induit des côtés plus farfelus.

Ce personnage, c'est Claude Lherminier, un industriel à la retraite. À 82 ans, il embarque sans prévenir dans un avion à destination de la Floride pour visiter sa fille cadette, au grand dam de son aînée, Carole (Sandrine Kiberlain), qui veille sur lui.

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Philippe Le Guay a passé plusieurs après-midi par semaine avec Jean Rochefort pour prendre le thé et échanger. Un lien s'est créé entre eux, et le réalisateur a convaincu l'acteur à la retraite de faire un retour à l'écran.

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Plusieurs après-midi par semaine, le cinéaste de 59 ans se rend chez Jean Rochefort pour prendre le thé et échanger. «Au fur et à mesure, un lien s'est créé. Ces mois d'apprentissage ont été le socle sur lequel la confiance s'est fabriquée», explique le réalisateur en entrevue téléphonique. L'amitié qui lie Rochefort à Kiberlain, depuis de nombreuses années, a aussi pesé dans la balance. «Il y a tout de suite eu cette envie de les réunir.»

«Toute une logistique»

La partie était tout de même loin d'être gagnée. Tourner avec un homme de 85 ans, «c'est toute une logistique. Il faut être très attentif à l'humeur de son acteur. [À cet âge], être tous les jours sur un tournage pendant huit semaines, c'est quand même un tour de force. À cet égard, Jean a fait preuve d'un courage et d'une capacité d'invention extraordinaire. Et l'équipe, en retour, avait le goût qu'il soit bien, de ne pas le faire attendre. Ça installe une discipline qui aide à la concentration de tout le monde.»

Comme le titre l'indique, Philippe Le Guay a tourné une partie du film en Floride, mais la grande majorité du récit se déroule à Annecy, sur le bord du magnifique lac du même nom. Un paysage propice à la rêverie qui habite le vieil homme. On y trouve aussi l'usine de pâtes et papier qu'il a dirigée, propriété depuis une trentaine d'années de la québécoise Cascades! 

Ça n'a rien d'anecdotique. Quand il l'arpente, «c'est un peu comme un roi qui a perdu son royaume». Mais le lieu fait aussi prendre conscience des efforts de Le Guay et de son fidèle complice Jérome Tonnerre pour éviter le statisme inhérent à l'adaptation d'une pièce (Le père de Florian Zeller). «Le film m'est apparu le jour où j'ai imaginé qu'il était dans un avion, que le personnage allait quelque part. Du coup, ça permettait de sortir de l'espace de la pièce pour installer quelque chose qui est plus de l'ordre du cinéma.»

Une astuce qui permet de jouer sur la temporalité. «Tout à fait. On peut faire des ellipses et éviter d'être trop linéaire.» Mais aussi sur le flou entre la réalité perçue par le personnage et ce qu'il s'imagine dans sa tête malade. «C'est vrai : il y a un flottement sur ce qui lui arrive. Et d'ailleurs, je n'avais pas envie de trancher.» Même chose pour la fin ouverte, qui laisse le spectateur dans l'expectative. «J'aime bien quand on reste en suspens.»

Liens père-fille

Molière à bicyclette, son film précédent, explorait, avec beaucoup de charme, les difficultés de l'amitié masculine. Cette fois, outre les affres de la maladie, il s'attarde aux liens père-fille. «Il y a cette espèce d'injustice dans l'amour qu'un père peut avoir pour ses enfants où c'est l'enfant le plus proche, le plus vigilant, qui n'a aucune expression de gratitude alors que l'enfant qui est loin et qui appelle tous les six mois, ça devient un miracle. C'est à la fois drôle et cruel. C'est un sentiment qui m'intéresse dans la vie.»

Une ambivalence qu'on retrouve dans ses films : le spectateur ne sait plus sur quel pied danser. «C'est vraiment ce qui me plaît le plus, dans un film : explorer des sentiments qui sont à la fois drôles et poignants.»

Floride prend l'affiche vendredi.

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