Noël chez les Cooper: portrait de famille  ***

Mariés depuis 40 ans, Charlotte (Diane Keaton) et... (Fournie par les Films Séville)

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Mariés depuis 40 ans, Charlotte (Diane Keaton) et Sam Cooper (John Goodman) ont fait un pacte: ils n'annonceront leur divorce qu'après le dernier repas de Noël qui réunira toute la famille.

Fournie par les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / Les films du temps des Fêtes sont souvent comme ces tables débordant de plats trop riches et trop gras. Rompre avec la tradition ne se fait pas sans péril.

Ceux qui cherchent les bons sentiments devront éviter Noël chez les Cooper (Love the Coopers), une comédie aigre-douce sur une famille normale, bien qu'un peu dysfonctionnelle. Une vraie famille normale, quoi.

L'action se déroule le 24 décembre alors que Sam (John Goodman) et Charlotte (Diane Keaton) Cooper, mariés depuis 40 ans, se préparent à accueillir la famille. Le duo a fait un pacte. Il n'annoncera son divorce qu'après ce dernier repas qui les réunira tous.

Leurs enfants ne sont pas en reste, se débattant avec leurs propres problèmes. Eleanor (Olivia Wilde), une progressiste grande-gueule, aimerait bien arriver avec un conjoint pour une fois. À l'aéroport, elle se rabat sur Joe (Jake Lacy), un soldat républicain droit dans ses bottes. Hank (Ed Helms), monoparental avec trois enfants, n'ose pas annoncer qu'il a perdu son emploi. Leur tante Emma (Marisa Tomei) souffre d'un complexe d'infériorité envers sa grande soeur Charlotte. L'aïeul Bucky (Alan Arkin) s'est pris d'affection pour une jeune serveuse (Amanda Seyfried) qui ne réalise pas son plein potentiel.

Steven Rodgers (PS - Je t'aime) démontre beaucoup d'ambition en proposant un film choral. Un peu trop. Il aurait dû faire un certain élagage dans les personnages et les intrigues. Ceux qui s'attendent à rire à gorge déployée en auront pour leurs frais. Il mise plutôt sur un humour subtil, qui fait tantôt rire, tantôt sourire. Et réussit, quelquefois, à nous émouvoir.

En fait, Rodgers propose une réflexion douce-amère sur le couple incapable d'affronter ce qu'ils étaient et ce qu'ils sont devenus quand l'amour a disparu. Une illustration aussi du poids parental. C'est aussi une méditation sur le temps qui passe, souvent bien illustrée par Jessy Nelson (Je suis Sam).

La réalisatrice propose une mise en scène vivante, parfois originale dans l'illustration du propos (notamment dans l'utilisation de films muets et dans de courtes séquences imaginaires). Elle fait aussi beaucoup d'efforts pour ne pas perdre le spectateur en chemin jusqu'au troisième acte très convenu, aidé par un narrateur très perspicace - Rags, le chien des Cooper - et une trame sonore du tonnerre, qui amalgame chants traditionnels et pièces contemporaines (Bob Dylan, Robert Plant et Alison Krauss, etc.).

C'est assez bien ficelé, tout ça, et servi par de bonnes performances. La belle Olivia Wilde (Rush, Dr House) est particulièrement lumineuse. Alan Arkin, Oscar du meilleur second rôle pour Little Miss Sunshine (2006), réussit à être très touchant et drôle à la fois. John Goodman, un habitué des Coen, et Diane Keaton, la muse du Woody Allen de ses débuts, s'en tire plutôt bien dans la limite de leurs personnages. 

Avec le ton employé et le portrait peint, il est dommage que Noël chez les Cooper se termine avec la fin réparatrice - ah! la magie de Noël - malgré son originalité. Un peu plus de réalisme - il y en a des réunions familiales de Noël qui se terminent dans les pleurs et les cris - aurait relevé l'ensemble. Cela dit, on n'est pas dans le cynisme à la Mauvais père Noël (Bad Santa, 2003) ou l'humour trash du Père Noël est une ordure (1982). 

Une agréable surprise, finalement.

Bande-annonce de «Noël chez les Coopers»

=> Au générique

  • Cote: ***
  • Titre: Noël chez les Cooper (v.f. de Love the Coopers)
  • Genre: comédie
  • Réalisatrice: Jessy Nelson
  • Acteurs: John Goodman, Diane Keaton et Olivia Wilde
  • Classement: général
  • Durée: 1h47
On aime: le ton aigre-doux, le narrateur, quelques bonnes idées de réalisation

On n'aime pas: trop de personnages, la fin d'usage

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