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La guerre des tuques 3D: à la guerre comme à la guerre  ***

Le passage à l'animation n'a pas trop altéré... (PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE)

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Le passage à l'animation n'a pas trop altéré l'ode à l'imaginaire de l'enfance et à l'amitié, l'âme hivernale et la fraîcheur de La guerre des tuques.

PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / La reprise de La guerre des tuques en version animée 3D est un risque calculé. Ceux qui ont grandi avec le premier des Contes pour tous de Roch Demers vont hurler si on dénature le film. Mais ils ont aussi l'âge de la nostalgie et, dans la plupart des cas, des enfants de l'âge qu'ils avaient à l'époque. Ils peuvent se rendre au cinéma sans crainte.

Précisons d'emblée : je ne suis pas de la génération de La guerre des tuques (1984), mais de celle de La guerre des étoiles (1977). Je ne connais pas les répliques par coeur, je n'ai pas bâti des forts pour imiter Luc, Pierre, François, Sophie et compagnie et je n'écoute pas religieusement l'original à Ciné-cadeau avec mes trois tornades.

Je peux donc constater plus objectivement que le passage à l'animation n'a pas trop altéré cette ode à l'imaginaire de l'enfance et à l'amitié, son âme hivernale et sa fraîcheur. À l'époque, le film d'André Melançon s'est ancré dans l'imaginaire québécois en raison de sa profonde résonance.

Il mettait en scène un groupe d'enfants d'un village typique de notre paysage. Pendant les vacances des Fêtes, ils vont se diviser en deux clans et se disputer un imposant fort à coups de balles de neige. La bataille est inégale puisque la majorité s'est ralliée à Luc, mais Pierre va obtenir de l'aide de Sophie, fraîchement arrivée, et de sa petite peste de soeur Lucie.

Les réalisateurs Jean-François Pouliot et François Brisson ont pris quelques libertés avec l'original, éliminant les parents au passage. Ce qui correspond à l'époque, où les enfants avaient beaucoup plus de corde. Le plus gros changement, toutefois, concerne Luc, dont on a «épaissi» le personnage, ce qui améliore le propos. Dans cette version, son père est mort à la guerre.

Car sous un aspect somme toute banal et sans prêchi-prêcha, le film veut évoquer le fait qu'il n'y a rien d'innocent à la guerre. Et qu'un conflit fait toujours des victimes. Cléo, la chienne de Pierre, dans ce cas-ci.

L'animation permet aussi de grossir le trait humoristique et les «cascades». Comme ce tunnel sur rail dans le fort, un clin d'oeil à la scène iconique dans Indiana Jones et le temple maudit (Spielberg, 1984). Rien à redire, toutefois, sur le décor, qui reproduit un village de Charlevoix, à une époque indéfinie - mais qui n'était pas encore contaminée par les gadgets électroniques.

Par contre, certains vont adorer, mais le côté cartoonesque de la production m'a agacé, tant dans les ralentis à la ninja que dans le dessin des personnages. C'est un choix qui se défend - le film se compare bien aux grosses productions de Pixar et de DreamWorks, sans les mêmes ressources financières (il n'y a aucune commune mesure). L'équipe d'animation peut se féliciter.

On y perd toutefois en proximité et en identification : les enfants de 2015 ne seront sûrement pas inspirés à aller jouer dehors et à reproduire l'action du film avec leurs amis. Reste un agréable divertissement, bien mis en scène, qui va plaire autant aux nostalgiques (même s'ils vont trouver que c'était meilleur dans leur temps) qu'à leur progéniture. Et à tous les autres aussi qui n'ont pas vu le film-culte. Ce sera assurément un gros succès, aidé par la brochette de vedettes qui prêtent leur voix aux personnages (Mariloup Wolfe, Gildor Roy, Hélène Bourgeois-Leclerc, etc.) et à la trame sonore (de Marie-Mai à Céline Dion).

Bande-annonce de «La guerre des tuques 3D»

=> Au générique

  • Cote: ***
  • Titre: La guerre des tuques 3D
  • Genre: animation
  • Réalisateurs: Jean-François Pouliot et François Brisson
  • Classement: général
  • Durée: 1h24

On aime: les libertés avec l'original, le respect des grandes lignes du scénario, l'aspect intemporel, la qualité de l'ensemble

On n'aime pas: l'aspect cartoonesque, le kitsch de la trame sonore

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