Alain Delon: 80 ans de gloire et de tourments

Alain Delon en 1981. «J'ai été programmé pour le... (AFP, Georges Bendrihem)

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Alain Delon en 1981. «J'ai été programmé pour le succès, pas pour le bonheur», dit-il.

AFP, Georges Bendrihem

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Agence France-Presse

PARIS - Acteur français à la filmographie exceptionnelle et à la vie privée tourmentée, Alain Delon, qui fête dimanche ses 80 ans, est devenu un mythe du cinéma mondial grâce à un charisme rare et une beauté insolente.

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Alain Delon en 2013. Le temps a creusé les rides et blanchi les cheveux de ce fauve solitaire, parlant parfois de lui à la troisième personne, qui a aimé la gloire avant qu'elle ne l'écoeure.

AFP, Anne-Christine Poujoulat

«J'ai été programmé pour le succès, pas pour le bonheur. Ça ne va pas ensemble», dit la star qui a joué dans quelque 90 films, dont plusieurs classiques, sous la direction de réalisateurs prestigieux (Melville, Visconti, Antonioni, Losey, Godard, Malle...).

Également producteur d'une trentaine de longs métrages, homme d'affaires et collectionneur d'art, l'acteur magnétique, à l'arrogante séduction, se dit lassé d'une célébrité qui lui a interdit de vivre comme tout le monde.

Le temps a creusé les rides et blanchi les cheveux de ce fauve solitaire, parlant parfois de lui à la troisième personne, qui a aimé la gloire avant qu'elle ne l'écoeure.

Gâté par la fortune, il l'a aussi été par les femmes : «C'est en elles [...] que je puisais ma motivation pour être ce que j'étais, pour faire ce que je devais faire», a confié celui qui fut le partenaire des actrices Romy Schneider ou Mireille Darc et eut deux enfants avec l'ancien mannequin et journaliste néerlandaise Rosalie van Breemen.

Un ami de Le Pen

Indifférent aux controverses altérant son image, cet homme de droite n'a jamais caché ses liens avec l'ex-chef de file historique de l'extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, «un ami depuis 50 ans».

Né le 8 novembre 1935 à Sceaux, près de Paris, Alain Delon connaît une enfance instable après le divorce de ses parents, suivie de quatre ans de guerre d'Indochine dans les fusiliers marins.

En 1957, il débute dans Quand la femme s'en mêle, d'Yves Allégret. Son physique, «gueule d'ange» et yeux bleus, retient immédiatement l'attention des réalisateurs les plus prestigieux, avec lesquels il enchaîne les grands rôles.

«C'est une beauté infernale. Delon jeune c'est insoutenable. Il est hypnotisant. Je peux regarder des photos de lui des heures et des heures», déclarait récemment l'acteur français Vincent Lindon.

La sortie de Plein soleil, de René Clément en 1960, confère à l'acteur, alors âgé de 25 ans, une dimension internationale. «C'était mon quatrième film. Il a eu un succès extraordinaire. Depuis, je suis un dieu vivant au Japon», aime-t-il à répéter.

«Delon-san [M. Delon en japonais] a 80 ans? Vraiment?» a déclaré à l'AFP Etsuko Yanai, une cinéphile de 71 ans, qui assistait il y a quelques jours au Festival du film de Tokyo. «C'était le Robert Redford français.» Mais les années passant, l'étoile de Delon a pâli au pays du Soleil levant et parmi les festivaliers interrogés rares étaient ceux qui connaissaient encore l'acteur.

En Italie, où Luchino Visconti lui a offert ses fleurons, Le guépard ou Rocco et ses frères, «il fait partie de l'élite des acteurs qui exercent une sorte de fascination, au-delà de leurs films», explique à l'AFP Gian Luca Farinelli, directeur de la cinémathèque de Bologne. «Aujourd'hui encore, il reste une icône et même les jeunes, qui ne le connaissent pas nécessairement, sont sensibles à sa beauté», précise l'historien.

Cote d'amour en chute libre

Mais les emportements, l'ego hypertrophié et les provocations de celui qui qualifie l'homosexualité de «contre-nature» ont largement contribué à altérer sa cote d'amour auprès des Français. Dans un sondage publié en 2013, 55 % d'entre eux disaient ne pas l'aimer, voyant en lui un «mégalomane», «provocateur» et «réactionnaire», même si une large majorité le considère comme un monstre sacré.

Nostalgique d'un âge d'or du cinéma, celui des années 60, il voit sa carrière d'acteur décliner dans les années 80 et multiplie alors les activités. Réalisateur, producteur, homme d'affaires, il lance un parfum à son nom et commercialise sa «griffe», surtout au Japon. Amateur d'art, il collectionne les bronzes animaliers de Bugatti, les grands crus, les montres, les armes.

En 1999, il annonce mettre un terme à sa carrière d'acteur. On le verra toutefois dans deux miniséries télévisées, sur scène en 2007 et dans Astérix en 2008.

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