Célébrer l'enfance avec La guerre des tuques 3D

La guerre des tuques 3D reprend les prémisses... (Fournie par Les Films Séville)

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La guerre des tuques 3D reprend les prémisses du film original: un groupe d'enfants en vacances pendant les Fêtes se séparent en deux clans et se disputent la possession d'un imposant fort à coups de balles de neige.

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(Québec) La guerre des tuques (1984) a marqué l'imaginaire de tellement de petits Québécois qu'il faut du culot pour se la réapproprier - ce qu'a fait brillamment Fabien Cloutier au théâtre. Mais un nouveau long métrage, fut-il en animation 3D? Comment transposer cette ode à l'amitié, son âme hivernale québécoise et sa fraîcheur sans la dénaturer? Jean-François Pouliot a fait comme dans le film : il s'est appuyé sur son équipe.

Le réalisateur de La grande séduction a beau avoir un CV extrêmement garni, il a été le premier surpris quand la production l'a approché. «Je savais que c'était une bonne histoire.» Mais créer un univers virtuel tridimensionnel pour une nouvelle génération? Il lui fallait un coréalisateur : François Brisson, qui travaille depuis plus de 25 ans dans le monde du dessin animé. «Après ça, c'est devenu une histoire d'amour.»

Il faut dire que Pouliot et Brisson ne sont pas de la génération «des fanatiques» des Contes pour tous de Roch Demers. Le duo avait besoin d'un gardien de l'orthodoxie : leur directeur artistique et résident de Saint-Antoine-de-Tilly, Philippe Arseneau Bussières (La légende de Sarila).

Quand les deux réalisateurs voulaient prendre un peu trop de liberté, «on discutait pour déterminer s'il fallait rester collé au film ou trouver une meilleure façon de raconter l'histoire. Je pense qu'on a su ne pas déborder d'un côté ou de l'autre», explique JF Pouliot. Son collègue Brisson acquiesce. «On a notre film à nous, sans avoir transgressé l'oeuvre.»

À savoir : un groupe d'enfants d'un village en vacances pendant les Fêtes qui se séparent en deux clans et se disputent la possession d'un imposant fort à coups de balles de neige. Une histoire avec ses personnages iconiques : Luc, François «les lunettes», Sophie, Cléo la chienne...

Parents absents

Le trio créatif a tout de même pris certaines décisions importantes, comme éliminer les parents. «Il fallait aller à l'essentiel. Ils sont peu présents dans l'original. Ça n'a pas été un choix difficile à faire», estime François Brisson. Ou modifier l'historique de Luc. «Il y avait une opportunité», révèle JF Pouliot. Le garçon a hérité du clairon de son père, décédé à la guerre, et non de son grand-père. Un choix qui permettait aux cinéastes «de conclure l'arc dramatique» et de boucler l'histoire «de façon plus complète».

La production n'avait guère le choix. La force de l'attraction de l'original résidait dans le fait que les jeunes Québécois se voyaient tels qu'ils étaient. «Les enfants se sont reconnus, c'était immensément nouveau et important, signale JF Pouliot. Mais cet élément, on ne l'a plus. Il fallait devenir critique et se demander si l'histoire tenait la route partout. Il y avait des endroits qui pouvaient être resserrés parce qu'on n'avait plus une partie de la magie originale.»

L'imaginaire de l'enfance et ses émotions se trouvent donc au centre du film, aidé par la liberté créative que procure l'animation. «Totalement. Filmer, c'est tricher. Comme [les animateurs] sont capables de reproduire rigoureusement la réalité, ils avaient l'impression que c'était une nécessité alors que t'as toute la liberté. On y allait à fond. Ta glissade à l'intérieur du fort peut avoir 58 étages de haut même si ton fort en a trois [rires].»

Tout en gardant une certaine perspective. «L'animation, c'est une synthèse de la vie qui te permet d'exagérer. C'est une amplification de la réalité, mais pas un départ complet», explique JF Pouliot.

Aspect intemporel

D'ailleurs, avant le tournage, les trois hommes sont partis faire du repérage dans Charlevoix (où André Melançon a tourné l'original). Selon François Brisson, il était important de conserver la topographie et «l'esprit d'époque» non défini, qui confère à La guerre des tuques son aspect intemporel.

«Cinématographiquement, ajoute JF Pouliot, c'est plus excitant qu'aujourd'hui. Ne serait-ce que les objets à partir desquels tu construis des patentes. C'est plus le fun que ce soit des roues d'engrenage que des semi-conducteurs [rires].» Sans tomber dans le piège de la nostalgie, une telle histoire, à l'ère des téléphones intelligents et des tablettes, serait totalement impossible : chaque enfant serait dans son coin, opine le réalisateur.

Après des mois et des mois de labeur, le produit final a bénéficié du travail d'une multitude d'animateurs, mais aussi d'une impressionnante distribution pour les voix et la bande sonore - même un duo avec Céline Dion et Fred Pellerin! La date de sortie (13 novembre) est d'ailleurs choisie pour que cette nouvelle version ait suffisamment de jambes pour patiner jusqu'au congé des Fêtes!

Les créateurs en sont heureux. La preuve? «Je suis excessivement fier. Ça répond à toutes mes attentes», s'est exclamé François Brisson.

Impressionnante brochette de... voix

Le film d'animation La guerre des tuques 3D peut compter sur une impressionnante brochette d'acteurs québécois pour interpréter les personnages de ce classique. Le Soleil s'est entretenu avec quelques-uns d'entre eux pour savoir comment s'est déroulée l'aventure. Ils sont manifestement ravis.

Mariloup Wolfe : Sophie

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Mariloup Wolfe est une fan finie de La guerre des tuques : «Je suis de la génération des Contes pour tous.» Le film d'André Melançon, elle «l'a vu, revu et rerevu». Ses enfants aussi... Elle était donc extrêmement nerveuse lorsqu'elle s'est présentée aux auditions, même si l'actrice a l'habitude de prêter sa voix à des personnages d'animation (Histoires de jouetsLa légende de Sarila). «Quand tu veux quelque chose, c'est toujours plus stressant.» D'autant que la femme de 37 ans interprète Sophie, qui joue un rôle prépondérant dans l'histoire. «Je voulais reproduire son énergie. Son côté raide et leader. Mais j'étais libre de proposer ce que je voulais. Elle a beaucoup de caractère, elle cache son attirance pour Luc. Elle arrive dans le village, donc pas d'amis, mais elle devient chef de clan. Elle est tout de même fragile et sensible au drame des autres. C'est un beau personnage.» L'interprète d'Agathe dans Unité 9 a dû aussi composer avec une difficulté particulière : elle est entrée en studio plus tôt en raison de conflit d'horaire avec le tournage de Ruptures. «Les dessins n'étaient pas finis, et il n'y avait pas d'autres comédiens. Mais les traits de caractère du personnage étaient déjà définis, et je connaissais l'histoire.» Mariloup Wolfe a visionné le résultat, la semaine dernière. «Les dessins sont magnifiques, ça respecte le classique tout en améliorant certaines choses. C'est vraiment un beau film. Mes gars ont bien hâte de le voir.»

Hélène Bourgeois-Leclerc : François les lunettes

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Il n'est pas rare, en doublage, que ce soit une femme qui interprète un jeune garçon. Question de registre... C'est comme ça qu'Hélène Bourgeois-Leclerc s'est retrouvée avec François les lunettes, petit génie qui dessine les plans du fort et imagine plein de gadgets pour le défendre. «C'est le petit idéaliste du film original. Je trouve ça magnifique quelqu'un aussi investi dans ses rêves. C'est un petit gars qui a des idées grandioses et de grandeur. C'est un rêveur.» Parlant de rêve, l'actrice en a réalisé tout un. Elle qui fait beaucoup de voix pour la publicité et de la narration documentaire est une néophyte en animation. Alors, imaginez quand on lui a proposé un rôle pour La guerre des tuques, «un film qui fait partie de mon ADN culturel, je trouvais ça formidable. J'étais très émue. C'est tellement un film qui fait partie de mon univers. Ça a été mon beau cadeau professionnel de l'année. Je suis vraiment très fière de ce que ça donne. Ils ont réussi à garder l'essence. C'est vraiment un film sur l'amitié, les amours naissantes, le deuil, qui on est et qui on veut être. C'est très rassembleur». Avec cette version animée, Hélène Bourgeois-Leclerc croit qu'elle pourra en transmettre l'essence à une autre génération. «Ma fille a juste trois ans, mais c'est sûr que je vais lui en montrer des bouts. J'ai hâte qu'elle soit un peu plus vieille et qu'elle puisse l'écouter au complet. [...] C'est un film qui propose aussi d'aller jouer dehors. Pis ça, c'est le fun

Nicholas Savard L'Herbier : Luc

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Quand il était enfant, Nicholas Savard L'Herbier jouait dehors, «tout le temps». Il se souvient très bien des longues heures passées à construire des forts et à se livrer de mémorables batailles de boules de neige. La guerre des tuques, «c'est l'âme de l'hiver, l'enfant tel qu'il était avant qu'on se fasse envahir par les tablettes». Dans le film, il interprète Luc, le «général» d'un des deux clans. L'homme de 32 ans est un pro du doublage : il a commencé à 10 ans! Mais l'acteur et musicien a néanmoins trouvé particulier de devoir interpréter son Luc sans pouvoir donner la réplique à Mariloup Wolfe. «C'était un peu plus difficile.» Mais il pouvait compter sur la présence du réalisateur pour le guider. Avec un peu de recul, il constate que son personnage est différent de l'original. Moins baveux, plus vulnérable et introverti. Luc a perdu son père à la guerre, ce qui explique ces réticences à se lancer dans la bataille. Mais il prend ensuite son rôle au sérieux : «Il a une belle évolution.» En fait, juge-t-il, la façon dont la production s'est réapproprié l'oeuvre donne comme résultat qu'on «regarde un film qu'on a l'impression de connaître, mais, en même temps, c'est un nouveau film. [...] Je sais exactement ce que je vais voir, mais je le redécouvre et c'est le fun. Parce que c'est en dessins animés, mais aussi parce que [les créateurs] l'ont mis au goût du jour. C'est très rafraîchissant. Moi, c'est pas compliqué, je ferais ça avec tous les Contes pour tous.»

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