Guillaume Nicloux entre la réalité et la fiction

Valley of Love réunit à l'écran deux monstres sacrés... (Fournie par Axia Films)

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Valley of Love réunit à l'écran deux monstres sacrés du cinéma français, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu.

Fournie par Axia Films

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(Québec) Guillaume Nicloux était en plein montage de The End, tourné cet été avec Gérard Depardieu, lorsque Le Soleil l'a joint par téléphone. Pas pour discuter de ce film, mais du précédent, Valley of Love, avec ce même Depardieu et Isabelle Huppert.

Présenté en compétition officielle sur la Croisette, en mai, ce drame raconte l'histoire d'un couple séparé qui reçoit des lettres de son fils décédé... Discussion à propos des deux grands acteurs et d'un certain mysticisme. 

Q À Cannes, vous avez souligné vous être inspiré de ce que vous avez vu et vécu dans la Vallée de la mort, en Californie. Si vous nous en disiez un peu plus?

R Non, pas vraiment. Parce que ça appartient à des événements personnels. Il est vrai que cette expérience a été très étonnante et enrichissante. En rentrant en France, le film s'est imposé de lui-même. J'ai eu le sentiment d'avoir été choisi par l'histoire et non l'inverse. Les éléments intimes y trouvent une exposition plus évidente que dans mes précédents films.

Q Que représentent les lettres du fils, qui servent de moteur narratif?

R C'est le postulat de départ. Comment un fils disparu peut à la fois réunir des parents qui ne se sont pas vus depuis 30 ans, leur permettre peut-être de tisser des liens nouveaux et que la mort se rapproche de l'amour.

Q Est-ce que Depardieu et Huppert se sont imposés dès le départ pour incarner ces parents endeuillés?

R Isabelle Huppert depuis le début. Nous avions travaillé ensemble sur La religieuse [2012] et nous avions très envie de nous retrouver sur un autre projet. J'ai eu son accord très tôt. Gérard Depardieu, c'est arrivé plus tard. Je voulais faire le film en anglais avec un acteur américain. Finalement, j'ai dû le réécrire et le recadrer dans quelque chose de plus intime. À ce moment, Gérard Depardieu s'est imposé de lui-même.

Q Est-ce pendant cette réécriture que vous avez décidé que les personnages porteraient le même prénom que les acteurs?

R Non, c'était dès le début. L'acteur américain était Ryan O'Neal [La barbe à papa, Barry Lindon] et c'était Isabelle et Ryan. Après L'enlèvement de Michel Houellebecq [2014], j'avais envie de poursuivre cette introspection et ce trouble qu'il est possible de créer entre la réalité et la fiction. C'est ce travail qui m'intéressait et que j'ai continué avec le film que j'ai tourné cet été : puiser dans nos vies personnelles des éléments qui allaient trouver des résonnances particulières avec la fiction et créer des ponts entre les deux. C'est ce que je trouve assez fascinant.

Guillaume Nicloux... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Guillaume Nicloux

Photothèque Le Soleil

Q Comment était-ce de tourner avec ces deux monstres sacrés du cinéma français?

R Très agréable. Vous avez deux Rolls-Royce, mais dans des modèles différents [rires]. C'est très jouissif et stimulant, des moments d'émotion très agréables.

Q Est-ce que le tournage dans cet endroit où il fait 50 °C a été éprouvant?

R Oui et non. Les quatre premiers jours d'acclimatation sont assez étonnants. Habituellement, les gens séjournent un jour ou deux, pas un mois. Ça impose à l'organisme une autre temporalité. On s'adapte assez rapidement à cette chaleur, à cette immensité, à ce silence... Si vous êtes prêts à vous abandonner à ces lieux, ça vous remue, émotionnellement et corporellement.

Parlant de remuer, il y a un certain mysticisme quand le film bascule dans le fantastique, presque de l'ordre du mirage. Avez-vous eu peur que certains spectateurs rejettent une telle proposition?

R Peur, non. Mais je savais d'emblée qu'il allait proposer une résolution qui serait extrêmement personnelle. On est dans une résolution qui place le spectateur au centre de ses propres résonances et croyances. Chacun, d'une façon très personnelle, y projette sa propre solution. Ou pas. Le film peut rester sur quelque chose d'extrêmement ouvert.

Q À cet effet, êtes-vous surpris que la critique ait été très partagée en France?

R Non. Ce qui est très agréable, c'est que le film ne laisse pas indifférent et que vous échappez à la tiédeur. D'un autre côté, l'unanimité n'est jamais bonne. Chaque avis a sa légitimité - le film ne m'appartient plus. [...] Ça fait 15 ans que je ne lis plus les critiques. J'ai un attaché de presse qui me dit c'est bien, moyen ou pas bien. Et ça me suffit. Je n'y suis pas insensible, mais je ne vais pas plus loin.

Q Une dernière question : qu'est-ce que ça vous a fait d'être sélectionné à Cannes?

R C'est LA plus belle fenêtre en termes d'exposition. Après, il faut en accepter le principe. C'est très agréable, mais il y a aussi le stress généré par cette exposition. C'est une expérience, carrément [rires]. 

Valley of Love prend l'affiche vendredi.

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