• Le Soleil > 
  • Arts > 
  • Cinéma 
  • > Le film de la semaine: Dieu, le salaud du Tout Nouveau Testament  *** 

Le film de la semaine: Dieu, le salaud du Tout Nouveau Testament  ***

La petite Pili Groyne, qui incarne la fille... (Fournie par Axia Films)

Agrandir

La petite Pili Groyne, qui incarne la fille de Dieu, a un charisme qui crève l'écran. Un talent naturel comme on n'en voit pas souvent.

Fournie par Axia Films

Le SoleilÉric Moreault 3/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Le tout Nouveau Testament est la preuve qu'on peut faire du cinéma autrement, en misant sur la capacité intrinsèque des films à nous faire rêver.

Non seulement le long métrage de Jaco Van Dormael propose une imagerie surréaliste et délirante, mais il repose aussi sur une idée forte : Dieu existe, vit à Bruxelles et passe son temps à nous emmerder pour tromper son ennui. Il ne réussit malheureusement pas à tenir toutes ses promesses et finit par être à court de miracles.

Jaco Van Dormael ne tourne pas beaucoup. Le tout Nouveau Testament est seulement son quatrième long métrage depuis son savoureux Toto le héros (1991), Caméra d'or au Festival de Cannes. Chaque film est donc un événement. Cette fois encore, il revient avec une oeuvre iconoclaste et excentrique. Dans celle-ci, Dieu (Benoît Poelvoorde) est un salaud de la pire espèce qui tyrannise sa fille Ea (Pili Groyne) et sa femme (Yolande Moreau).

La jeune fille finit par en avoir ras le bol de son père. Ea envoie par texto la date de décès de chaque individu sur Terre et bogue l'ordinateur paternel! Puis elle fait une fugue pour se mettre à la recherche de nouveaux apôtres. Dans sa quête, elle s'adjoint rapidement un sans-abri (Marco Lorenzini), qui est chargé d'écrire ce nouvel évangile.

Ea a bien entendu des dons particuliers, dont celui d'entendre «la petite musique des gens» - chaque personnage a sa ritournelle. La recherche de ces six nouveaux disciples se révèle parfois fastidieuse, car l'intérêt pour les traits de personnalité de chacun est très variable.

Rien à redire sur les interprètes, par contre, tous décalés à souhait. Du côté des rôles principaux, Poelvoorde est admirable en Dieu impuissant et rageur, qui mange quelques raclées sur Terre alors qu'il tente de ramener sa fille récalci­trante au bercail. Quant à la petite Pili Groyne, vue dans Deux jours, une nuit des Dardenne, elle a un charisme qui crève l'écran. Un talent naturel comme on n'en voit pas souvent.

Avec ces éléments bien en place, Van Dormael propose des vignettes souvent composées comme des tableaux, avec musique et voix hors champ, riches en effets spéciaux chargés de concrétiser l'imagination du Belge et de son coscénariste, le romancier Thomas Gunzig.

On se retrouve avec ce film dans le même genre d'imaginaire débordant que chez Jeunet ou Gilliam. Comme ceux-ci, toutefois, le cinéaste belge a tendance à trop en faire et à perdre de vue l'essentiel : sa charge caustique sur la religion et l'asservissement de ceux qui la suivent aveuglément, en particulier les femmes. On aurait aimé un peu plus de mordant.

Images fortes

Il y a d'ailleurs une idée très forte dans le fait que la soeur de Jésus et la femme de Dieu unissent leurs forces pour sauver le monde des dommages causés par deux mâles dominants. Le film reste toutefois en surface et tombe parfois dans un kitsch à hurler, mais Van Dormael revendique le droit de pouvoir créer en s'émerveillant comme un enfant, tout en dénonçant la bêtise des grands.

Il arrive ainsi à créer des images fortes comme ce poisson qui chante La mer de Trenet ou le personnage de Catherine Deneuve au lit avec un gorille! Ceux qui aiment le réalisme vont être complètement largués...

L'humour absurde qui en est le moteur carbure parfois à vide, mais il y a tout de même plusieurs moments franchement hilarants et un message subversif en forme de questionnement : s'il ne vous restait que quelques heures ou jours à vivre, les consacreriez-vous à l'essentiel, à vous aimer les uns les autres?

Au générique

  • Cote : ***
  • Titre : Le tout Nouveau Testament
  • Genre : comédie fantaisiste
  • Réalisateur : Jaco Van Dormael
  • Acteurs : Pili Groyne, Benoît Poelvoorde et Marco Lorenzini 
  • Salles : Clap au Musée de la civilisation, Clap
  • Classement : général
  • Durée : 1h54
On aime : la fantaisie éclatée, l'idée de départ, la richesse visuelle

On n'aime pas : un manque de profondeur, des longueurs et répétitions

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer