La marche: à moitié vertigineux!

Ceux qui souffrent du vertige vont trouver que... (Fournie par Sony)

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Ceux qui souffrent du vertige vont trouver que certains passages de La marche sont à la limite du supportable.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / En août 1974, Philippe Petit a réussi un exploit inimaginable : traverser (illégalement) les quelque 45 mètres qui séparent les deux tours du World Trade Center sur un fil de fer.

La marche de Robert Zemeckis recrée ce vertigineux tour de force jusque dans ses moindres détails. Ce qui implique une première moitié poussive et ennuyante. Mais la deuxième partie est à couper le souffle.

Le (trop) long métrage de Zemeckis s'est inspiré du livre de Petit, To Reach the Clouds (non traduit), qui a servi de base au Funambule, de James Marsh, Oscar du meilleur documentaire en 2009. Alors, à quoi bon?

Parce que le cinéma peut encore provoquer d'incroyables palpitations même quand on sait que le funambule va rester entre ciel et terre pendant 45 interminables minutes à se balancer au gré des bourrasques, sans coup férir.

Mais avant d'en arriver là, La marche nous fait revivre les premiers pas de Petit (Joseph Gordon-Levitt) comme amuseur de rue à Paris, sa rencontre avec son mentor Papa Rudy (Ben Kingsley), celle avec son amoureuse Annie (la Québécoise Charlotte Le Bon), sa première complice, puis ceux qui le suivront dans sa folie. C'est assommant et anecdotique. Sans parler que Gordon-Levitt est branché sur le deux cent vingt - sa surexcitation est insupportable.

Zemeckis (Retour vers le futur, Seul au monde) aurait eu avantage à explorer ce qui pousse Petit dans cette aventure. Son ambition pour flatter son ego démesuré? La performance artistique? Le goût du risque? Repousser les frontières de l'impossible, bien sûr. Mais encore?

D'autant que le réalisateur fait narrer le récit par Petit lui-même, perché sur la torche de la statue de la Liberté, avec les tours jumelles en arrière-plan, son regard vissé dans celui des spectateurs. C'est audacieux, mais la voix hors champ ne sert ensuite, la plupart du temps, qu'à dédoubler ce qu'on voit déjà à l'écran. Du blabla inutile.

À la Mission : Impossible

Une fois toute l'équipe arrivée à New York, le film peut enfin se déployer comme un suspense à la Mission : Impossible, avec une efficacité redoutable. Zemekis sait manier tout l'arsenal cinématographique à sa disposition, jouant des plongées de la caméra pour nous faire ressentir les affres du vide et des plans de réaction d'Annie et des amis pour nous faire passer par toute la gamme des émotions.

Quand le funambule est sur le toit de la tour et commence à installer son arsenal, le spectateur sent son coeur qui bat la chamade, a les mains moites et le souffle court. Ceux qui souffrent du vertige (j'en suis) vont trouver que c'est à la limite du supportable. Mais les émotions sont tellement fortes que c'est comme si c'était nous dont la vie ne tenait qu'à un fil à plus de 400 mètres de hauteur. 

Les images de New York au lever du jour sont spectaculaires - le film est une lettre d'amour à la ville et un hommage appuyé aux tours abattues le 11-Septembre autant qu'à l'exploit subversif de Petit. 

Une note en terminant. L'adaptation québécoise en français «neutre» - alors que ce sont des Français - est pitoyable. Mais il semble que l'original en anglais, où les acteurs parlent avec l'accent, est encore pire. De toute façon, les dialogues sont tellement insipides, comme toujours chez Zemeckis - rappelez-vous Forrest Gump -, qu'il faut juste ne pas trop y porter attention et se laisser porter par les images.

Mais coeurs sensibles s'abstenir.

=> Au générique

  • Cote : ***
  • Titre : La marche
  • Genre : drame biographique
  • Réalisateur : Robert Zemeckis
  • Acteurs : Joseph Gordon-Levitt, Charlotte Le Bon et Ben Kingsley
  • Salles : IMAX Galeries de la Capitale
  • Classement : général
  • Durée : 2h03

On aime : la marche, l'efficacité de la réalisation, la page d'histoire

On n'aime pas : la première moitié complètement nulle, le cabotinage de Gordon-Levitt

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