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Johnny Depp: un p'tit air de Brando dans Le parrain

Dimanche était une journée bénie dans notre horaire de fou : une seule... (Photo Warner Bros)

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(Toronto) Dimanche était une journée bénie dans notre horaire de fou : une seule entrevue, à la toute fin de la journée, avec Jean-Marc Vallée (on y reviendra). Donc, la possibilité de choisir parmi la cinquantaine - vous avez bien lu - de films proposés aux représentants des médias et de l'industrie. Mais, bon, quand il y a premier long métrage de Charlie Kaufman depuis sept ans, Grand prix du jury à Venise décerné samedi soir, et Messe noire avec Johnny Depp et Benedict Cumberbatch, ils deviennent rapidement incontournables. Les deux autres films n'étaient pas mal non plus, j'y reviendrai peut-être dans les prochains jours.

Ah! Johnny. Ça fait plaisir de voir l'acteur se réinvestir dans un rôle avec autant d'intensité comme il le fait dans ce film de gangsters de Scott Cooper (Les brasiers de la colère). Depp se glisse dans la peau de James «Whitey» Bulger, un petit maffieux irlandais qui va devenir le roi de la pègre à Boston, dans les années 80. L'intensité retenue de son jeu et son regard diaboliquement noir lui permettent de voler toutes les scènes où il apparaît. La seule comparaison qui tienne : Brando dans Le parrain.

Mais Bulger n'a rien d'un Corleone, bien au contraire. Il exerce son pouvoir de façon plus sadique. Et il pourra compter sur un allié inattendu dans son ascension  : John Connolly (Joel Edgerton), un ami d'enfance devenu agent du FBI. Leur association est mutuellement profitable : éliminer la mafia italienne. Sauf que le psychopathe devient rapidement hors de contrôle lorsqu'il étend son emprise sur la ville... 

En passant, ça ne s'invente pas - il s'agit d'une histoire «vraie». C'est d'ailleurs l'intérêt de Messe noire (avec la performance de Depp), qui s'étire inutilement. N'est pas Scorsese ou Coppola qui veut. La violence graphique du film nous est aussi apparue excessive. Bulger a beau être sans pitié, on n'est pas obligé de multiplier les gros plans des exécutions brutales et, parfois, cruelles.

Bon, reste que le propos va interpeller tous les spectateurs. Ce goût insensé du pouvoir, la corruption morale, la fin qui justifie les moyens... Et puis Cooper s'en tire tout de même plutôt bien dans cette reconstitution fidèle, qui se veut aussi un portrait d'époque, notamment lorsque Bulger accepte de livrer des armes à l'IRA. Une décision qui entraînera sa chute.

Vous pourrez vous en faire une idée rapidement : Messe noire prend l'affiche vendredi.

Dans la peau de Charlie Kaufman

Quand Charlie Kaufman est dans le portrait, on peut s'attendre à de l'originalité, à de l'humour déjanté et à une touche de surréalisme. Trois de ses cinq premiers films comme scénariste ont marqué l'imaginaire de bien des cinéphiles : Dans la peau de John Malkovich (1999), Adaptation (2002) et Du soleil plein la tête (2004); les deux derniers lui ont valu un Oscar. 

L'Américain, qui est passé derrière la caméra en 2008, est enfin de retour avec Anomalisa, coréalisé avec Duke Johnson. Évidemment, il est sorti là où ne l'attendait pas : un long métrage d'animation image par image. 

L'histoire est banale (un peu trop) : un homme en voyage d'affaires se sent seul à l'hôtel, il rencontre une jeune femme, il trompe sa femme et fait des promesses qu'il ne tiendra pas. Mais on peut compter sur Kaufman pour miser sur une twist bizarre. Le scénariste s'est inspiré d'une maladie mentale étrange où celui qui en souffre croit que les gens sont tous identiques. Quand Michael croise Lisa, elle a des traits distincts et une voix «magique» : sa vie vient de changer.

On reconnaît évidemment la touche de Kaufman dans l'absurde et dans les thèmes abordés, récurrents dans son oeuvre : crise d'identité, sens de la vie, futilité et routine de l'existence... L'ensemble est captivant et d'un réalisme hallucinant. La séquence où les nouveaux amants font l'amour ressemble probablement plus à ce qui se passe dans la réalité qu'à tout ce qu'on nous montre à l'écran - même quand c'est pour de «vrai».

Reste qu'Anomalisa n'a rien de transcendant et que pour certains, son intérêt sera plus que limité. Ça demeure tout de même du cinéma autrement.

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