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Festival du film de Toronto: Einar n'est plus, voici... Lili

Eddie Redmayne a signé plusieurs autographes en marge... (AP, Evan Agostini)

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Eddie Redmayne a signé plusieurs autographes en marge de la projection de The Danish Girl.

AP, Evan Agostini

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(Toronto) La question de l'identité sexuelle est dans l'air du temps. Plusieurs films présentés au Festival de Toronto (TIFF) en traitent directement ou indirectement. The Danish Girl risque d'attirer l'attention plus que les autres. Parce qu'il s'inspire de l'histoire véridique de la première transgenre, bien sûr, mais surtout parce qu'il risque fort de se retrouver au plus fort de la course aux Oscars, particulièrement ses deux interprètes principaux, Eddie Redmayne et Alicia Vikander.

Eddie Redmayne se métamorphose dans The Danish Girl.... (Associated Press) - image 1.0

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Eddie Redmayne se métamorphose dans The Danish Girl.

Associated Press

Le long métrage de Tom Hooper (Le discours du roi) arrive à point nommé après plusieurs années dans les limbes. La transformation de Caitlyn Jenner a énormément sensibilisé la population aux transgenres - une femme née dans un corps d'homme dans le cas qui nous intéresse. Sauf que nous ne sommes pas à L.A. en 2014-2015, mais bien à Copenhague en... 1926!

Rien ne semble entamer le bonheur et la folle complicité d'Einar (Redmayne, qui a déjà un look androgyne) Wegener et de sa femme Gerda (Vikander). Les deux peintres sont mariés depuis six ans. Un jour que son modèle lui fait faux bond, Alicia demande à son mari de poser avec des bas de soie. Son trouble est évident.

Quelques jours plus tard, Einar va jusqu'à se travestir pour accompagner Gerda à une soirée mondaine. Ce qui n'est qu'un innocent jeu de rôle va faire apparaître Lili, qui va graduellement prendre toute la place. Peu à peu, Gerda va se faire à l'idée et accompagner son amoureux dans sa métamorphose, ce qui ne se fera pas sans de douloureux déchirements de part et d'autre. D'autant que Gerda connaît un succès inespéré depuis qu'elle peint... Lili!

Le grand mérite de The Danish Girl est de traiter d'un sujet encore relativement tabou dans un film populaire. La réalisation d'Hooper ne défrisera personne tellement elle est convenue et n'évite pas le mélo (sans être larmoyant). Sans parler des libertés qu'on prend avec la réalité pour des raisons dramatiques.

On peut comprendre l'approche pédagogique - il y a de gros sous en jeu ici, et les producteurs marchent sur des oeufs -, mais le long métrage ne fait qu'effleurer plusieurs enjeux qui auraient mérité un traitement plus approfondi sur le plan psychologique. On passe aussi un peu vite sur le fait qu'Einar a été le premier homme à se soumettre à une chirurgie de réassignement de sexe (Lili écrira un livre sur son expérience).

Reste que The Danish Girl risque de faire sensation. La performance de Redmayne, oscarisé l'an dernier pour sa renversante composition de Stephen Hawking dans La théorie de l'univers, pourrait en faire le premier acteur depuis Tom Hanks (1993-1994) à gagner la statuette dorée deux ans de suite. Alicia Vikander devrait décrocher une nomination comme actrice de soutien. 

The Danish Girl prend l'affiche le 27 novembre à Québec.

Après Where to Invade Next de Michael Moore avant-hier, je me suis laissé tenter par un autre documentaire. Bon, il y avait une raison pratico-pratique d'horaire entre deux entrevues. Mais surtout un sujet irrésistible pour moi : Keith Richards. L'as guitariste des Rolling Stones fait l'objet d'un panégyrique cinématographique de Morgan Neville (20 Feet From Stardom) intitulé Under the Influence.

L'influence ici n'est pas celle qui lui grille les neurones depuis des temps immémoriaux, mais celle qui l'a inspirée comme musicien : le blues (Chuck Berry et Muddy Waters, surtout) et le country.

Avec son bagout habituel et sa dégaine de pirate-rasta au visage fossilisé, Richards fait tout un personnage. Les vrais admirateurs (j'en suis) n'y apprennent rien de neuf qu'il ait déjà révélé en long et en large dans son autobiographie Life (2009). Et Under the Influence a aussi un aspect promotionnel un peu agaçant : le rockeur sort bientôt Crosseyed Heart, son premier album solo en 23 ans.

Mais de voir Tom Waits expliquer l'importance de Richards et de voir ce dernier jouer au billard avec Buddy Guy dans le bar de la légende du blues à Chicago, ça vaut son pesant d'or. Et puis, après tout, it's only rock'n'roll...

Lu

Dans le Hollywood Reporter que Tom Hopper a retardé le tournage de Danish Girl pendant cinq mois pour qu'Alicia Vikander puisse donner la réplique à Eddie Redmayne. «À mon souvenir, la seule autre fois où j'ai pleuré pendant une audition, c'est quand Anne Hathaway a chanté J'avais rêvé d'une autre vie pour Les misérables. [...] Je n'ai jamais repoussé une date avant. C'était tellement un film à propos d'un mariage qu'il fallait que le mariage ait l'exacte distribution.»

Vu 

Toronto sous un ciel gris et un peu de pluie. Depuis mon arrivée jeudi, la température a été resplendissante. Quand on passe ses journées et ses soirées dans une salle de cinéma et dans sa chambre d'hôtel à écrire, disons qu'on ressent un petit pincement au coeur. Mais ce temps maussade stimule la cinéphilie des festivaliers, y a pas à dire. Il y avait foule pour The Danish Girl de Tom Hopper, mais aussi pour The Lobster de Yórgos Lánthimos, Prix du jury au récent Festival de Cannes. Le TIFF ne pouvait espérer mieux pour la fin de semaine - bien que le festival n'a jamais vraiment de problème de billetterie, au contraire. 

Entendu

«Il n'y a pas de meilleure sensation que d'accompagner un film dans un festival quand tu l'aimes vraiment. C'est une sensation merdique quand ce n'est pas le cas. Comme journaliste, tu dois probablement t'en rendre compte si un acteur n'aime pas le [long métrage] dans lequel il joue. Quand on l'aime vraiment, ça paraît.»

- Anton Yelchin, un acteur qui... n'a pas la langue de bois (c'est plus rare qu'on pense)! L'interprète de Chekov dans Star Trek joue un guitariste punk dans Green Room, qui sera présenté au Festival de Québec les 19 et 26 septembre.

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