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Festival du film de Toronto: Michael Moore à l'assaut de la démocratie!

Dans son dernier film, Where to Invade Next,... (Photo AFP, Jason Merritt)

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Dans son dernier film, Where to Invade Next, le célèbre documentaliste Michael Moore «envahit» des pays (surtout européens) pour leur voler ce qui se fait de mieux sur les plans social, démocratique et politique.

Photo AFP, Jason Merritt

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(Toronto) Vingt-quatre heures après Jean-Marc Vallée, c'était au tour de Denis Villeneuve d'être le héros de la soirée au Festival de Toronto (TIFF) avec le haletant Sicario, dont Le Soleil vous a déjà dit beaucoup de bien lors de son passage à Cannes. Mais le réalisateur québécois avait de la compétition vendredi avec la présentation de Seul sur Mars de Ridley Scott et Where to Invade Next de Michael Moore. Si on a manqué le beau Matt Damon en raison d'un conflit d'horaire, il n'était pas question de passer à côté du nouveau brûlot du célèbre documentaliste.

Il y avait foule pour ce nouveau projet du réalisateur militant de Bowling for Columbine (2002), le premier en six ans, dont on ignorait l'existence jusqu'à l'annonce de sa présentation au TIFF.

L'idée en est fort simple : envahir des pays (surtout européens) pour leur voler ce qui se fait de mieux sur les plans social, démocratique et politique. C'est Moore lui-même, qui aime bien se mettre en scène, qui «envahit» lesdites sociétés pour en rapporter les meilleures idées aux États-Unis. Il s'agit de sa principale force, comme d'habitude : aborder des sujets complexes en vulgarisant et en nous faisant rire.

Moore revisite des thèmes auxquels il a consacré des documentaires. Et d'autres. Il découvre, par exemple, les huit semaines de vacances payées en Italie par certaines entreprises (le minimum décrété par la loi est cinq semaines); l'université gratuite (même pour les étrangers) en Slovénie; le système éducatif en Finlande (numéro un mondial, mais où les enfants passent le moins de temps en classe) ou le refus, depuis 15 ans, par le Portugal de judiciariser la possession de drogues (la consommation a baissé depuis)...

Le propos est évidemment démagogique : il ne montre que les beaux côtés. Mais il porte néanmoins à la réflexion. Et Moore pousse parfois le bouchon trop loin dans ses analogies avec la situation américaine. On peut aussi lui reprocher l'aspect ethnocentrique de son documentaire qui s'adresse d'abord et avant tout à ses compatriotes.

Il n'en est pas moins universel et parfois très touchant, surtout à la fin. Notamment lors de sa visite en Islande, qui a établi une véritable parité homme-femme. Il interviewe notamment Vigdís Finnbogadóttir, première femme du monde à être élue présidente au suffrage universel en 1980. Qui dit, tout bonnement, ceci : «Si le monde peut être sauvé, ce sera par les femmes.»

Honnêtement, je suis sorti un peu découragé, et déçu aussi, de la projection de Remember, d'Atom Egoyan. Dès ses débuts, avec Family Viewing (1987) et Speaking Parts (1989), le Torontois s'est avéré un cinéaste particulièrement imaginatif, tentant sans cesse de renouveler sa façon de raconter des histoires originales. Les films de la maturité, Exotica (1994) et De beaux lendemains (1997), ont confirmé un talent exceptionnel.

Mais depuis quelques films, Egoyan semble avoir perdu sa touche magique. Sa flamme aussi. Après le dur échec de Captives sur la Croisette l'an passé, je m'attendais à ce qu'Egoyan rebondisse avec un film dont il n'avait pas le «fardeau» d'écrire. D'autant que le scénario hitchcockien de Benjamin August est ficelé de façon intelligente, abordant avec beaucoup d'acuité les thèmes du souvenir et de la Shoah.

Le réalisateur semble pourtant en peine d'inspiration, filmant de façon très convenue son histoire, sans jamais démontrer sa brillance cinématographique. Il avait pourtant tous les atouts en main, à commencer par le grand Christopher Plummer (La mélodie du bonheur, Un homme d'exception).

Le Montréalais d'adoption interprète Zev, un octogénaire veuf depuis peu. À la maison de retraite où il soigne sa démence, son compagnon d'infortune Max (Martin Landau) lui confie une mission : retrouver Rudy Kolander, un homme qui a massacré leurs familles à Auschwitz. Souffrant de pertes de mémoire, Zev doit constamment référer aux instructions détaillées que Max lui a écrites sur une missive.

À la fois road-movie et suspense, Remember réussit à constamment nous surprendre et à nous toucher. Si seulement Egoyan avait lâché le pilote automatique...

Lu, vu, entendu

Lu

Un article élogieux du National Post (pour vrai...), intitulé «Domination du monde, en français svp!», sur la réputation grandissante de nos cinéastes à l'étranger. Le quotidien fait valoir que les ambassadeurs canadiens d'autrefois - Norman Jewison, David Cronenberg ou James Cameron - viennent maintenant du Québec : Vallée, Villeneuve, Dolan, Falardeau... Il souligne aussi que ces cinéastes ont des sensibilités et des styles très différents. «Il est encourageant de voir que les réalisateurs québécois obtiennent la reconnaissance mondiale qu'ils n'ont pas [assez] reçue par le passé.» 

Vu

Que le TIFF a profité de sa 40e édition pour ajouter de l'animation sur la portion de la rue King qui est fermée depuis jeudi jusqu'à lundi : installations, performances, camions de restauration (le maire Régis Labeaume en ferait un infarctus...), de multiples tables à pique-nique orange (la couleur officielle du festival), des projections, etc. Pour une deuxième année de suite, l'importante artère du centre-ville de Toronto appartient aux piétons, qui en profitent largement, le sourire aux lèvres. Même si certains se promènent comme des zombies le regard rivé à leur cellulaire ou semblent se parler à voix haute... 

Entendu

«Ça ou rentrer dans un appartement vide...» de la part de Marie, une urgentologue jouée par Pascale Bussières dans Ville-Marie. Dans ce film urbain de Guy Édoin, Marie se fait demander par un ambulancier combien de doubles gardes elle a effectuées cette semaine... Sans insister ni caricaturer, le long métrage dresse un portrait assez réaliste de la vie en milieu hospitalier au Québec et des petits miracles accomplis par du personnel débordé par la charge de travail et le nombre de patients à soulager. Ville-Marie sera présenté les 22 et 27 septembre au Festival de Québec. 

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