Le journal d'un vieil homme: à la vie, à la mort

Paul Savoie est majestueux dans le rôle de... (Photo fournie par Les Films Séville)

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Paul Savoie est majestueux dans le rôle de Nicolas, mais son jeu prend tout son sens lorsqu'il se retrouve aux côtés de la sublime Marie-Ève Pelletier, qu'on a peu vue au cinéma, et qui s'avère une véritable découverte.

Photo fournie par Les Films Séville

Le SoleilDaphné Bédard 3/5

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(Québec) Comment traiter de la vieillesse et de la maladie au cinéma sans tomber dans le mélodrame? Le réalisateur Bernard Émond y parvient avec délicatesse dans Le journal d'un vieil homme, même si le film demeure très sombre.

Il faut quelques jours pour réellement apprécier l'oeuvre d'Émond, sa lenteur, sa sobriété. Et il faut être dans un bel état d'esprit pour bien recevoir le film. Le thème, le texte, rien n'est facile dans ce 12e long métrage du réalisateur de La femme qui boit, La neuvaine et Contre toute espérance. Mais il a le mérite de parler à l'intelligence des cinéphiles et de poser des questions existentielles, certes, mais aussi essentielles.

Bernard Émond est parti d'une nouvelle du Russe Anton Tchekhov, Une banale histoire, écrite en 1889. Le texte est étoffé, beau, quoiqu'il reste ardu. Nicolas (Paul Savoie) est un professeur de sciences à l'université autrefois adulé pour ses recherches. À 70 ans, il est aujourd'hui un homme affaibli, condamné par la maladie. Il attend la mort. Sa relation avec Katia (Marie-Ève Pelletier), sa fille adoptive, est ce qui le tient en vie. Dans la trentaine, Katia cherche sa place dans le monde. Elle était jadis comédienne, avait de grandes ambitions, mais une peine d'amour est venue détruire ses rêves. Elle n'a jamais réussi à passer par-dessus sa désillusion. Elle aimerait que son père adoptif lui donne des réponses, lui dise quoi faire de sa vie. Il en est incapable.

La qualité du film repose sur deux choses : la sobriété de la réalisation de Bernard Émond et le jeu de Paul Savoie et de Marie-Ève Pelletier. Émond fait preuve d'une belle retenue, nous montrant juste ce qu'il faut pour comprendre les états d'âme des personnages. Il pousse subtilement le spectateur à la réflexion sur sa propre vie, sa propre mort.

relation primordiale

La relation entre Katia et Nicolas était primordiale à la réussite du film. Paul Savoie est majestueux dans le rôle de Nicolas, mais son jeu prend tout son sens lorsqu'il se retrouve aux côtés de la sublime Marie-Ève Pelletier, une actrice qu'on a peu vue au cinéma, une véritable découverte pour nous.

Malgré notre admiration devant le jeu des acteurs et le texte de Tchekhov, on aurait aimé voir un rayon de soleil poindre à quelque part dans le film. Le seul personnage lumineux est celui de la femme de Nicolas, Barbara (Marie-Thérèse Fortin). Mais l'apparente insensibilité de Barbara par rapport à la maladie de son mari nous confond. Elle ne semble pas s'inquiéter de la dégradation de l'homme qu'elle aime ou du moins a aimé. Elle préfère s'étourdir par des activités en tous genres. Comme spectateur, cette froideur rend mal à l'aise.

Et que dire du personnage joué par Patrick Drolet, un professeur d'université snobinard qui déverse son fiel gratuitement sur la culture populaire québécoise! Complètement antipathique. Il ne semble être là que pour provoquer Nicolas, qui n'a même plus la force de se fâcher. 

Au final, Le journal d'un vieil homme reste difficile à absorber au premier abord. Mais comme on le disait d'entrée de jeu, il faut laisser le temps au propos du film de faire son chemin. Les films de Bernard Émond détonnent dans le paysage cinématographique actuel, mais ils demeurent une nécessité. L'automne ou le début de l'hiver aurait toutefois été, à notre avis, une période de sortie beaucoup plus propice à un tel long métrage. 

=> Au générique

  • Cote :   ***
  • Titre : Le journal d'un vieil homme
  • Genre : drame psychologique
  • Réalisateur : Bernard Émond
  • Acteurs : Paul Savoie, Marie-Ève Pelletier, Patrick Drolet, Marie-Thérèse Fortin
  • Salle : Clap
  • Classement : général
  • Durée : 1h21

On aime : le jeu de Paul Savoie et de Marie-Ève Pelletier, les réflexions suscitées par le film, la sobriété de la réalisation

On n'aime pas : la lourdeur générale du long métrage, les critiques acerbes sur la culture québécoise, inutiles à notre avis

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