Ludivine Sagnier: le coeur à l'ouvrage

Dans Tristesse Club, Chloé (Ludivine Sagnier) se rend... (Photo fournie par Bac Films)

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Dans Tristesse Club, Chloé (Ludivine Sagnier) se rend à des funérailles en prétendant devant les fils du défunt qu'elle est leur demi-soeur. Le triste événement devient une sorte de rite initiatique pour chacun des trois personnages.

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(Paris) «Est-ce que ça vous dérange si j'allaite ma fille?» Ludivine Sagnier se présente à l'entrevue de noir vêtue, pas maquillée et avec sa troisième fille, née il y a à peine quelques semaines. Certains acteurs se cherchent des excuses pour ne pas rencontrer la presse étrangère aux Rendez-vous du cinéma français, qui se déroulent chaque année en janvier, à Paris. La femme de 36 ans, avenante, sympathique et allumée, est fidèle au poste. Et généreuse, même dans les circonstances...

Personne ne se serait formalisé si l'actrice nous avait fait faux bond. D'autant qu'elle vient défendre un premier film qui n'a pas trouvé son public en France. Tristesse Club, de Vincent Mariette, est un long métrage qui aborde des sujets graves - le deuil, la filiation - sur un ton décalé. 

C'est justement ce qui a séduit la blonde actrice : «J'aimais bien cette idée de jouer avec les codes du registre de la comédie et du triangle amoureux. [...] Je me suis laissée embarquer.» Ça, et le fait de jouer avec Vincent Macaigne (La fille du 14 juillet) et Laurent Lafitte (Papa ou maman). Depuis qu'elle a croisé le premier au Conservatoire il y a une quinzaine d'années où, dit-elle, il était marginal et mal compris, Ludivine Sagnier a suivi son travail de près au cinéma, mais surtout au théâtre comme metteur en scène. «Il faisait des créations très particulières.»

Quant à Lafitte, issu de la Comédie-Française, «il a un jeu plus classique et j'aimais bien l'idée d'être un pont entre les deux. Et puis, c'est deux acteurs extrêmement drôles, je me suis dit que je n'allais pas m'ennuyer». Vincent Mariette, le réalisateur, a décidé très tôt de les réunir. «Par chance, les trois étaient d'accord pour faire [mon premier long métrage]. Si l'un des trois disparaissait, c'était vraiment le trio qu'il fallait requestionner. Tout devait reposer sur cet équilibre», a-t-il expliqué en entrevue au Soleil.

Mais même avec ce trio comme tête d'affiche, ça n'a pas levé. «Je m'en fous un peu. On ne s'attendait pas à ce que ça fasse 10 millions [d'entrées]», lance franchement Ludivine Sagnier. «Mon but, c'est le plateau. J'ai pas tellement de pression. Mon but ultime, c'est de fabriquer un film, pas de le voir fait.»

N'empêche. Elle éprouve de la «tendresse» pour les longs métrages dans lesquels elle joue, mais elle n'est plus habitée par les rôles comme auparavant. «J'aime bien changer d'univers souvent, [qu'ils soient] très différents. Dès qu'ils sont finis, je suis déjà dans une autre histoire. Je crois que c'est lié au fait d'être mère. On n'a tellement pas de temps pour soi qu'on élimine les parasites émotionnels [rapidement] pour être présent.»

Mystérieuse demi-soeur

Tristesse Club raconte l'histoire de deux frères qui se rendent aux funérailles de leur père. Ils y découvrent Chloé (Sagnier), qui se prétend leur demi-soeur. Le triste événement devient une sorte de rite initiatique pour chacun des trois personnages. «Ils vivent dans le mensonge, explique l'actrice. Ils doivent se débarrasser de leurs illusions.»

Malgré son jeune âge, Ludivine Sagnier a une feuille de route bien garnie. Elle a tourné avec les plus grands (Resnais, Corneau, Chabrol), «mais ils sont tous morts, sauf [François] Ozon» (Huit femmes, Swimming pool). Alors là, «j'aime bien que mon expérience puisse servir à aider les jeunes réalisateurs». 

Et pas seulement comme actrice, éventuellement. La réalisation ne l'intéresse pas. «L'énergie que ça prend durant deux à trois ans, les frustrations, les déceptions, les écueils, je n'en aurais pas la force.» Elle sait de quoi elle parle, son mari Kim Chapiron (La crème de la crème) est cinéaste. Elle aura d'ailleurs un rôle dans son prochain long métrage, en écriture. «Il a le goût de faire quelque chose de plus personnel, après deux films de commande.»

À l'inverse, la porte est plutôt grande ouverte pour un rôle de productrice. «Materner un projet, si vous me permettez, et pousser quelqu'un à donner le meilleur de lui-même, c'est plus de mon ressort.»

En attendant, Ludivine ne s'est pas accordé un très long congé de maternité. Au mois de mai, elle se retrouvait sur le plateau d'Aujourd'hui, ma maman est morte. Le grand acteur Charles Berling, qu'on a aperçu dans le Stardom de Denys Arcand, adapte son autobiographie sur sa jeunesse au Maroc et ses relations parfois houleuses avec sa mère Nadia, interprétée par Emma-nuelle Riva (inoubliable dans Amour, d'Haneke). 

Ludivine Sagnier joue la grand-mère de Berling, «imaginez-vous donc!» «C'est une jeune femme qui était pompiste et qui battait son mari...» Ce ne sera pas la première fois que le duo travaille ensemble, puisqu'ils se sont retrouvés devant la caméra de Laurent Tuel, en 2001, pour Un jeu d'enfants.

Tristesse Club prend l'affiche vendredi.

Les frais de ce reportage ont été payés par uniFrance.

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