Eden: sexe, drogues et techno

À travers le destin d'un DJ, Eden tente... (Photo fournie par EyeSteel Films)

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À travers le destin d'un DJ, Eden tente d'embrasser la naissance de la musique électronique jusqu'à son apogée et, éventuellement, son déclin.

Photo fournie par EyeSteel Films

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) On ne pourra reprocher à Mia Hansen-Løve (Un amour de jeunesse) d'avoir manqué d'ambition avec Eden. La jeune réalisatrice française tente d'embrasser la naissance de la musique électronique jusqu'à son apogée, et éventuellement, son déclin, à travers le destin d'un DJ. Entre l'intime et l'épique, elle a manqué de matière dramatique pour nous intéresser à ce film aussi narcissique et immature que son personnage principal.

L'électronica a longtemps été mal aimée - comme le disco, d'ailleurs. Ce qui n'a pas empêché le courant musical et son époque d'être bien circonscrit dans des longs métrages (moyens, il est vrai) : La fièvre du samedi soir (1977) et Studio 54 (1998). Le travail restait à faire pour la house, la techno, la garage et ses dérivés, musique des clubbers qui se réunissaient par centaines dans des raves qui s'étiraient jusqu'à embrasser le matin.

C'est cette ode qu'a voulu réaliser Hansen-Løve en puisant dans ses souvenirs et ceux de son frère Sven, DJ pendant une vingtaine années. L'alter ego de ce dernier, Paul (Félix de Givry), vit l'exaltation des balbutiements et rêve de s'illustrer derrière les platines. Avec son pote Stan (Hugo Conzelmann), il fonde le duo Cheers.

La première partie (Paradise Garage), qui traîne en longueur(s) pendant une heure et demie, suit leur ascension, les amours désordonnés de Paul avec Louise (Pauline Etienne) et la naissance de la fameuse French Touch. On y croise souvent les Daft Punk, un clin d'oeil appuyé par la musique du célèbre duo.

La célébrité échappera par contre à Paul. La deuxième partie (Lost in Music) recense ses déboires financiers (il vit aux crochets de sa mère), ses problèmes de consommation et son effondrement, conséquence logique de ses désillusions. 

Eden s'appuie sur le mythe de l'artiste incompris qui tire le diable par la queue alors qu'il peint, au fond, le portrait d'un homme qui passe à côté de sa vie. Or, Paul est tout sauf attachant. Ce grand bébé égocentrique nous indiffère, d'autant que son interprète ne réussit pas à lui insuffler le charisme nécessaire. 

Il n'y a pas que ça. Empêtré dans sa nostalgie, Eden propose un scénario mince et fastidieux, avec des dialogues insipides - comme bien des morceaux de musique électronique, au fond.

Au bout du compte, Eden est un film replié sur lui-même, destiné aux initiés. Un long métrage complaisant jusque dans ses très longues séquences répétitives de fêtes où, c'est le comble, la réalisatrice ne réussit pas à faire ressentir la pulsion et l'énergie combinée de la musique, des danseurs et des éclairages.

Eden est un film fade et prétentieux, à l'opposé de l'énergie débridée du très bon 24 Hour Party People (2002). Michael Winterbottom évoque la frénésie de la scène musicale à Manchester du milieu des années 70 jusqu'au début des années 90. On n'avait même pas besoin de triper sur le punk rock et le new-wave pour apprécier. Ce n'est pas du tout le cas ici. Dommage.

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