CRITIQUE

Monde jurassique: la machine à tuer

Dans ce nouveau voyage sur l'île des dinosaures,... (Photo fournie par Universal)

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Dans ce nouveau voyage sur l'île des dinosaures, la directrice des opérations du parc d'attractions (Bryce Dallas Howard) tente de limiter les dégâts causés par un dino génétiquement modifié, aidée par un dompteur (Chris Pratt) rebelle, mais pas trop subtil.

Photo fournie par Universal

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) Les dinosaures de l'Isla Nublar reviennent sur grand écran 14 ans après le dernier chapitre de la trilogie initiale. Et Monde jurassique démontre que ce n'était pas vraiment nécessaire. Oh! Colin Trevorrow livre la marchandise. Ni plus ni moins. Malheureusement. Tout dépend du point de vue sur ce produit préfabriqué.

Il y aura le camp de ceux qui seront ravis de retrouver un univers familier, régi par des règles bien précises. Des scientifiques sans éthique qui jouent à Dieu et provoquent le chaos. Des dirigeants aveugles. Des méchants qui se font bouffer. Des victimes involontaires. Une famille épargnée qui resserre ses liens. Un héros sans peur et sans reproche et une belle héroïne à sauver (qui fait preuve d'une certaine initiative, preuve que les choses évoluent lentement dans le monde hollywoodien...). Et ils seront nombreux.

Et il y aura les autres, dont je suis, qui se demandent à quoi tout ça rime. Parce qu'il faut passer outre l'aspect manichéen du récit, ses personnages stéréotypés, ses situations invraisemblables... Bien sûr, on peut laisser son cerveau à la porte de la salle et le récupérer en sortant.

Entre-temps, on aura appris que les dirigeants du parc d'attractions ont conçu un dino génétiquement modifié. Mauvaise idée... Claire (Bryce Dallas Howard), la directrice des opérations, va tenter de limiter les dégâts causés par l'Indominus Rex, qui croque du personnel - une vraie machine à tuer - tout en retrouvant ses neveux égarés dans la jungle (bien sûr...). Elle trouvera de l'aide auprès d'Owen (Chris Pratt), un dompteur de dinos rebelle et sensé. Mais pas trop subtil.

Steven Spielberg, qui agit comme producteur délégué, a cette fois confié les rênes de la franchise à Colin Trevorrow, sur la foi de son seul long métrage. Sécurité non garantie (Safety Not Guaranteed) a permis au réalisateur américain d'obtenir le prix du meilleur scénariste à Sundance en 2012. C'est bien, mais mince. 

Il s'en tire d'ailleurs plutôt bien, question rythme. Côté originalité, on repassera. Il s'agit d'un hommage appuyé, sans la magie. Une sorte de succédané qui rappelle la saveur originale. Sans la touche Spielberg. Trevorrow démontre seulement qu'il connaît bien les trucs du film d'épouvante : suggérer plutôt que montrer, créer de la tension avec le son, puis des effets de surprise, accompagnés de plans de réaction (cris ou larmes, parfois les deux).

On ne s'attend pas à du réalisme à tout prix dans ce genre de film d'aventures fantastique, mais il faut un minimum de vraisemblance. Il est totalement risible que Claire coure dans la jungle en talons hauts! Ou qu'Owen contrôle ses vélociraptors avec un truc à la Crocodile Dundee. Difficile de ne pas décrocher. Remarquez, dans un long métrage qui en est sérieusement dépourvu, cette forme d'humour involontaire brise un peu la routine des massacres à répétition.

Reste que la dernière partie s'enfonce dans le ridicule - on se croirait chez Godzilla première mouture - et la surenchère. Avec l'épilogue usuel qui ne finit plus de finir... 

Les dirigeants du parc d'attractions jurassique sont condamnés à répéter les mêmes erreurs, peut-on en déduire avec ce quatrième volet. Et nous à revoir la même superproduction, encore et encore. D'autant que l'épilogue laisse présager une suite. Les spectateurs de cinéma vont probablement mourir d'extinction avant celle de la franchise...

=> Au générique

  • Cote :   ** 1/2
  • Titre : Monde jurassique
  • Genre : fantastique
  • Réalisateur: Colin Trevorrow
  • Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et Nick Robinson 
  • Salles : Alouette, Beauport, Cartier, Des Chutes, IMAX Galeries de la Capitale, Lido et Sainte-Foy
  • Classement : général
  • Durée : 2h04

J'aime: le sens du rythme.

J'aime pas: L'aspect manichéen du récit. Les personnages stéréotypés. Les invraisemblances.

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