La famille Bélier: on connaît la chanson

Dans La famille Bélier, Paula (Louane Emera) est... (Photo fournie par les films Séville)

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Dans La famille Bélier, Paula (Louane Emera) est déchirée entre son désir de vivre sa vie et la peur d'abandonner ses parents sourds (François Damiens - photo - et Karin Viard).

Photo fournie par les films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) La famille Bélier n'a pas attiré sept millions de Français en salle en raison de l'originalité de la réalisation ou de sa thématique. Il s'agit d'un film qui mise sur un scénario pur bonheur à toute épreuve, porté par de bons acteurs, de l'humour et de bonnes intentions qui résistent aux pires cyniques. Il y a cette mystérieuse alchimie qui lie les éléments en un tout cohérent, mais surtout un fort sentiment d'identification : le passage de l'âge ingrat à celui d'adulte.

Le film gravite autour de Paula (Louane Emera), 16 ans. Dans sa famille, tout le monde est sourd, sauf l'adolescente. «Salut, les enfoirés», leur lance-t-elle en entrant dans la salle à manger pour petit-déjeuner. Le ton est donné - celui d'un humour irrévérencieux, mais bon enfant. Les parents (Karin Viard et François Damiens) n'ont pas de filtre quand ils s'expriment dans la langue des signes, ce qui est parfois bien embarrassant pour Paula. Chez le médecin, par exemple, une scène hilarante.

L'ado timide et mal dans sa peau est l'intermédiaire et l'interprète de ses parents agriculteurs. Bien sûr, elle s'ennuie ferme (pardonnez le mauvais jeu de mots). À l'école, Paula s'inscrit dans la chorale pour les beaux yeux d'un mec. La soprano qui s'ignore va vite attirer l'attention... du prof (Eric Elmosnino). Cet anticonformiste va la prendre sous son aile et la convaincre de s'inscrire à un concours qui risque de changer sa vie et de bouleverser celle de sa famille.

Paula est déchirée entre son désir de vivre sa vie et la peur d'abandonner ses parents. Une situation exacerbée par le prof qui devient une figure paternelle de substitution, ce dont l'ado se sent coupable envers son père.

Cette histoire de chrysalide qui se transforme en papillon, illustrée par son interprétation de Je vole de Michel Sardou, tout le monde la connaît. Elle est servie avec un peu trop de bons sentiments, de positivisme facile (quand on veut, on peut), de racolage et se termine comme on se doute dès le début. Et, pourtant, impossible d'y résister.

Éric Lartigau n'y fait pas de miracle pour autant. La réalisation est efficace, mais elle tombe parfois un peu dans la caricature. Sans parler du pot-pourri de Sardou (bonjour les vers d'oreille) d'un kitsch à hurler. Et, pourtant, impossible d'y résister.

La famille Bélier a la chance de compter sur des interprètes formidables. Karin Viard et François Damiens, au jeu très physique, sont aussi hilarants que crédibles en parents aimants et, bien sûr, différents. Louane Emera, une jeune chanteuse de province remarquée à The Voice, y joue son propre rôle au fond, ce qui explique en grande partie son charme naturel.

On aura compris, La famille Bélier ne va pas révolutionner le cinéma français. Ce n'est pas son but. Il s'agit d'un film populaire, qui s'assume. Il laisse parfois des thèmes intéressants en friche (la ruralité, l'avenir de l'agriculture, la politique municipale...), mais, pour l'essentiel, il cultive avec soin son sujet principal, qui donne de beaux fruits. Simplicité et fraîcheur, c'est toujours gagnant.

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