Pendant qu'on est jeunes: refuser l'inéluctable

Ben Stiller (qui offre une des meilleures performances... (Photo fournie par Remstar)

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Ben Stiller (qui offre une des meilleures performances de sa carrière) et Naomi Watts forment un couple de quarantenaires sans enfants qui «adoptent» un couple de jeunes adultes et copient leur mode de vie sans se rendre compte du ridicule de la situation.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Il n'y a pas que les adulescents qui refusent de vieillir. Ils sont beaucoup de quadras à refuser l'inéluctable. Noah Baumbach en a fait le sujet de Pendant qu'on est jeunes (While We're Young). Sa très réussie et réjouissante comédie dramatique avec Ben Stiller et Naomi Watts évoque le meilleur de Woody Allen, tout en étant résolument contemporaine.

Le huitième long métrage du cinéaste indépendant s'est avéré un de mes gros coups de coeur du dernier Festival de Toronto (TIFF). Pendant qu'on est jeunes n'a pas le charme impertinent ni les qualités esthétiques de son prédécesseur, Frances Ha (2012). Mais il n'est pas dénué d'attraits, bien au contraire.

Il met en scène un couple de quarantenaires désillusionnés sans enfant, Josh et Cordelia (Ben Stiller et Naomi Watts). Délaissés par leurs amis qui élèvent leur famille, ils «adoptent» un couple de jeunes adultes passionnés et spontanés, Jaimie et Darby (Adam Driver et Amanda Seyfried). 

Ces hipsters leur rappellent l'énergie et les rêves qu'ils entretenaient dans leur jeunesse. Ils copient leur mode de vie sans se rendre compte du ridicule de la situation. Car ils ne tarderont pas à se rendre compte que le miroir qui leur est tendu est déformant.

D'autant que l'intérêt de Jaimie, un aspirant documentaliste, pour le travail de Josh, lui-même réalisateur, ne semble pas aussi désintéressé qu'il en a l'air. Des doutes qui sèmeront la discorde dans son couple et dans sa nouvelle amitié...

La réalisation de Baumbach charme par sa finesse et la façon originale dont il filme New York, la ville qu'il habite depuis sa naissance. Il se distingue aussi par la spontanéité créée par son excellente direction d'acteurs. Ben Stiller y offre d'ailleurs une des meilleures performances de sa carrière (avec La famille Tenenbaum, en 2001, de Wes Anderson), Naomi Watts (21 grammes, King Kong...) y est éclatante alors qu'Adam Driver (Être Llewyn Davis) prouve pourquoi il est une vedette montante du cinéma américain.

Pendant qu'on est jeunes se distingue aussi par ses dialogues percutants et d'une franchise désarmante. Il lui manque toutefois, surtout pour ses jeunes, le sens du détail percutant de Frances Ha, qu'il avait coécrit avec sa muse Greta Gerwing (ils ont collaboré à l'écriture de Mistress Barbara, présenté à Sundance en janvier, dans lequel Gerwing joue le rôle principal).

Pas surprenant qu'il y ait quelques dérapages puérils et inintéressants, comme lorsque Josh et Cornelia se rendent à une séance ésotérique où ils doivent vomir leur négativité... Et le personnage de Darby est à peine esquissé, contrairement aux trois autres.

Le huitième film de Baumbach se veut un portrait original de la crise de la quarantaine, avec ses illusions perdues et l'enthousiasme qui s'effiloche, et d'une certaine jeunesse branchée individualiste. Il propose aussi d'intéressantes réflexions sur le cinéma, notamment sur les notions d'authenticité et d'objectivité. Mais celles-ci sont secondaires. L'important, c'est le plaisir que procure ce film rafraîchissant et original.

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