Le sel de la terre: le chercheur d'or

Sebastião Salgado a photographié les 500 puits de... (Photo fournie par Métropole Films)

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Sebastião Salgado a photographié les 500 puits de pétrole qui ont flambé après la première guerre en Irak; il y a laissé une partie de son ouïe en raison des explosions.

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Le SoleilÉric Moreault 4/5

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(Québec) Sebastião Salgado est l'un des plus importants photojournalistes des XXe et XXIe siècles. Par son engagement et sa volonté de témoigner : il a été témoin des grands bouleversements du monde des 50 dernières années. Ce documentaire stupéfiant et très réussi, signé par Juliano Ribeiro Salgado et Wim Wenders, témoigne autant de sa grande humanité que de la folie des hommes.

Wim Wenders a coréalisé le documentaire sur le... (Photo fournie par Métropole Films) - image 1.0

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Wim Wenders a coréalisé le documentaire sur le photojournaliste Sebastião Salgado.

Photo fournie par Métropole Films

Le sel de la terre s'ouvre sur des photos noir et blanc prises par Salgado dans une mine d'or où des damnés travaillent dans des conditions moyenâgeuses, un monde organisé dans la folie totale. Ces photos témoignent de la démarche du photographe brésilien : «Ce qu'il y a autour du sujet principal doit raconter quelque chose aussi», dit-il en voix hors champ.

C'est aussi le cas du documentaire. Autour du sujet principal, cet économiste qui abandonne son métier et s'achète du matériel photo sur un coup de tête, il y a toutes ces guerres, cette exploitation de l'homme par l'homme, ces désastres écologiques...

Le photographe et aventurier a plongé inlassablement au coeur de ces conflits. À son histoire intime se greffe un portrait plus vaste de la tragédie humaine. La sécheresse au Sahel en 1984-1986 et ses camps de réfugiés où les corps s'empilent; les 500 puits de pétrole qui flambent après la première guerre en Irak où il laisse une partie de son ouïe en raison des explosions, le génocide au Rwanda où il sera un des premiers sur place, «150 km de morts jusqu'à Kigali», Salgado se raconte et témoigne.

Le documentaire de Juliano Ribeiro Salgado et Wim Wenders utilise une structure chronologique, mais il faut une attention de tous les instants pour ne pas perdre le fil. Le portrait est fascinant. Bien sûr, il manque de distance: les réalisateurs sont son fils et un admirateur avoué. C'est la principale récrimination qu'on peut faire au Sel de la terre

Certains, par exemple, reprochent au travail de Salgado d'être trop esthétisant. Je ne suis pas d'accord - l'impact de ses photos amène une prise de conscience pour celui qui regarde vraiment.

Il est aussi intéressant que le film montre le parcours d'un homme qui s'est rendu en enfer et qui en revient transformé. Ces dernières années, Salgado s'est consacré à illustrer la beauté du monde et à restaurer la ferme familiale du Brésil, victime de la désertification. 

Le sel de la terre est un documentaire fabuleux, gagnant de trois prix au Festival de Cannes dans la section Un certain regard, du César du meilleur documentaire et nommé aux Oscars (il a été devancé par Citizenfour de Laura Poitras, avec raison). Du grand cinéma.

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