La french: le film dont rêvait Cédric Jimenez

Sans Jean Dujardin, Cédric Jimenez  avoue qu'il n'aurait... (Photos fournies par les films Gaumont)

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Sans Jean Dujardin, Cédric Jimenez  avoue qu'il n'aurait pas fait La french.

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(Paris) Les Américains ont raconté leur version du trafic d'héroïne entre la France et les États-Unis dans le célèbre French Connection (William Friedkin, 1971). Si La french navigue dans les mêmes eaux, le film de Cédric Jimenez se déroule une dizaine d'années plus tard. Et le réalisateur marseillais a une connaissance intime du milieu puisque des mafieux fréquentaient de temps à autre le restaurant de son père. «Je connaissais cette histoire depuis mon enfance», a-t-il expliqué en entrevue à Paris.

Cette histoire, c'est celle du juge Pierre Michel, interprété par Jean Dujardin qui, en 1975, décide de s'attaquer à la French Connection, et à Gaëtan Zampa (Gilles Lelouche), figure emblématique du milieu et parrain intouchable. «J'ai toujours voulu faire ce film», explique le réalisateur de 38 ans.

Cédric Jimenez s'est tout de même documenté et s'est fait aider par un spécialiste du grand banditisme. Ce qui ne l'a pas empêché de prendre quelques libertés avec la réalité historique. Comme, par exemple, d'imaginer une rencontre au sommet entre les deux protagonistes.

La quête du juge Michel a des accents don quichotesques. Le réalisateur a été séduit par son courage et la force de ses convictions qui en font un véritable héros, croit-il. «C'est une personne que je ne pourrais pas être, mais c'est un homme bien. Un homme prêt à tout sacrifier : sa vie, sa femme, ses enfants, sa maison pour rendre le monde meilleur.»

Le film épouse d'ailleurs son point de vue, celui d'un «étranger» - il arrive de Metz après sa nomination. Ce qui permet au spectateur de «découvrir avec lui le fonctionnement de la ville et de percer ses secrets». Le juge doit d'ailleurs composer avec des flics corrompus et l'omniprésence de la mafia jusque dans les plus hautes sphères politiques. «La mafia a toujours été forte à Marseille, mais on ne la voit pas.»

Bien au fait de son mode de fonctionnement, Jimenez a refusé de dépeindre un Zampa caricatural. Le mafieux aurait pu aspirer à un autre mode de vie s'il n'avait pas marché dans les pas de son père. «Je ne voulais pas que ce soit manichéen et qu'il soit seulement un gangster. Si on oublie qu'il vend de la drogue, c'est un homme comme tout le monde, un mari aimant et un bon père de famille. Je voulais montrer la même chose avec le juge.»

«Ils ont tous les deux beaucoup à perdre. Si vous n'avez pas peur de perdre votre famille et tout ce qui vous tient à coeur, vous êtes soit fou, soit très brave. Ça vous fait comprendre qui ils étaient vraiment. La différence, c'est que Zampa a plus à perdre qu'à gagner alors que le juge croit encore dans ce qu'il entreprend même s'il a beaucoup à perdre.»

Choix évidents

Dans La french, le destin des deux hommes est donc inextricablement lié. Le Marseille de l'époque, fidèlement reconstitué, sert de toile de fond à leur affrontement. Il lui fallait donc deux vedettes de fort calibre en Jean Dujardin (L'artiste, Brice de Nice) et Gilles Lelouche (Les petits mouchoirs), qui sont des amis très proches dans la vie - ils ont d'ailleurs lu le scénario en vacances.

«Je voulais des acteurs polyvalents, capables d'être touchants, violents, drôles aussi. C'est plutôt rare. Jean et Gilles étaient un choix évident pour moi. Jean est quelqu'un de très drôle, mais quand on le connaît un peu, il a un côté très sombre et solitaire. Comme le juge, très seul dans sa tête. Gilles a un tempérament très méditerranéen, charmeur, explosif, toujours entouré de plein de gens. Ils avaient la maturité et l'aspect viril requis pour ces rôles.»

Au point d'ailleurs où sans Dujardin, «je n'aurais pas fait le film. Je n'avais pas de solution de rechange.» Jimenez, avec une feuille de route plutôt mince et un gros budget (23 millions $), peut s'estimer chanceux. Jean Dujardin était très désiré par les producteurs et les réalisateurs après l'immense succès de L'artiste. «Je lui ai envoyé mon scénario. Plus tard, nous en avons discuté pendant deux heures autour d'un café et il m'a dit : "Oui, je vais le faire." Plusieurs [réalisateurs] étaient fâchés contre lui parce qu'il a choisi mon film.»

Sa présence et celle de Lelouche à l'affiche semblent lui avoir donné raison puisque ce polar aux accents tragiques a réalisé pas moins de 1,5 million d'entrées en France, malgré des critiques partagées (voir l'encadré en A18). Il faut dire que La french se veut aussi un hommage aux films d'action des années 70, une influence pleinement assumée. «J'aime beaucoup cette période, mais je n'ai pas vu un film en particulier. J'ai plutôt montré à mon directeur photo des films comme Babel [Alejandro G. Iñárritu] et Démineur [Kathryn Bigelow] pour l'aspect brutal de la caméra à l'épaule et de l'image brûlée.»

Fidèle aux films de série B, La french peut parfois être assez brutal. «Il fallait montrer la violence, mais je ne voulais pas en faire l'apologie. Je voulais plutôt montrer la façon dont le juge la voit.» Et qui explique sa volonté farouche de l'éradiquer, au péril de sa vie...

La french prend l'affiche le 24 avril.

Les frais de ce voyage ont été payés

par uniFrance.

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