Aurélie Laflamme - Les pieds sur terre: l'heure des choix

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La créatrice d'Aurélie et scénariste du film, India Desjardins (à droite), en compagnie de l'interprète de l'héroïne, l'actrice Marianne Verville

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Cinq ans après la sortie du premier film, Aurélie Laflamme revient sur nos écrans. Vu par plus d'un million de personnes, Le journal d'Aurélie Laflamme avait comblé les plus fidèles admirateurs de l'héroïne non conventionnelle. Les attentes sont donc grandes pour ce second opus, qui marque la fin des aventures de l'adolescente.

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Une partie des personnages qui entourent Aurélie : à gauche, Tommy, son meilleur ami de gars, à droite, Nicolas, son amoureux, Jean-Félix, son ami gai, Kat, sa meilleure amie, et Emmerick, le chum de Kat.

Photo Philippe Bossé, Films Vision 4

Le réalisateur Nicolas Monette ... (Photo Philippe Bossé / Films Vision 4 Inc.) - image 1.1

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Le réalisateur Nicolas Monette 

Photo Philippe Bossé / Films Vision 4 Inc.

«Tout le long du tournage, j'ai pensé aux attentes», admet la créatrice d'Aurélie et scénariste du film, India Desjardins. C'est que les adeptes d'Aurélie - qui est d'abord le personnage central d'une série de huit livres - considèrent la jeune fille comme leur best. «Les lec-teurs connaissent le livre par coeur bien plus que moi, poursuit son auteure. Même Marianne [Verville, l'interprète d'Aurélie] connaît plus les livres que moi. Si on avait un quiz Aurélie, c'est elle qui gagnerait!»

Le réalisateur, Nicolas Monette, s'est rapidement aperçu qu'on ne badine pas avec Aurélie. Une photo de tournage très générale qu'il avait mise sur Instagram a allumé l'enthousiasme des fans. «Certains ont écrit pour dire qu'ils savaient de quelle scène il était question, raconte India. Nicolas les a appelés "l'armée des Aurélie". Marianne et moi, on est aussi très protectrices du personnage. À la longue, on connaît les lecteurs, lectrices et on sait ce qui est important pour eux. Alors, Nicolas nous demandait : "Est-ce que telle scène est culte? Est-ce que je peux changer ça?"»

Les pieds sur terre est le premier long métrage de Nicolas Monette, qui a beaucoup réalisé pour la télévision, notamment C. A. et les Bye bye 2010 et 2011, pour lesquels il a remporté des prix Gémeaux. «Ça m'a vraiment tenté de faire le film, surtout quand j'ai vu le scénario et la tranche d'âge à qui il s'adressait, dit-il. Je suis un fan de John Hughes, de Breakfast Club. C'est un univers que je n'avais pas touché, et le scénario était super charmant.»

Prenant la relève de Christian Laurence, réalisateur du premier Aurélie, Nicolas Monette a décidé de traiter le film non pas comme une suite, mais comme un autre épisode. «Le premier traite de l'enfance à l'adolescence et le deuxième de l'adolescence à la vie adulte, explique-t-il. Stylistiquement, c'est vraiment deux univers différents. Je suis allé vers quelque chose de plus naturel, plus réaliste. Dans le premier, il y avait quelque chose de plus ludique. Dans le nôtre, les effets spéciaux, les univers d'imaginaire servent à amplifier les émotions d'Aurélie.»

Une direction que voulait prendre India Desjardins, aussi productrice associée du film. «Ce n'est pas un désaveu contre le premier réalisateur, souligne India. J'avais envie de faire un film qui soit autonome. Un peu comme les Harry Potter qui ont plusieurs réalisateurs. Ça donne un style différent à chaque film. [...] Nicolas et moi, on avait les mêmes références. On s'est compris. J'avais envie de faire rêver avec quelque chose de réaliste. J'ai vraiment aimé travailler avec lui. Il a un gamin à l'intérieur de lui.»

Aurélie, à 16 ans

Dans Les pieds sur terre, l'heure des choix a sonné pour Aurélie. On la retrouve deux ans après le premier film, à 16 ans, en cinquième secondaire. Bien des choses ont changé dans sa vie : elle a quitté son école privée de filles pour intégrer l'école publique, elle a déménagé, sa mère a un nouvel amoureux. Des constantes demeurent toutefois : Aurélie vit encore l'amour avec son beau Nicolas (Aliocha Schneider) et a toujours le don de se mettre les pieds dans les plats! Mais l'adolescente a - un peu - gagné en maturité et se rend compte qu'il est temps de décider ce qu'elle veut faire de sa vie. Le problème? Elle n'en a aucune idée. «J'ai jamais trop su où était ma place», dit d'ailleurs Aurélie en ouverture du film.

Son prof de français Louis Brière (David La Haye) l'énerve au plus haut point. Très exigeant, il veut la pousser à se dépasser, ce qu'Aurélie comprendra seulement à la fin de l'année scolaire.

Quant à sa mère France (Édith Cochrane), elle exige qu'elle soit plus studieuse et qu'elle se trouve un emploi à temps partiel. Ce qu'elle fera, sans grand succès, au chic Sylvie BBQ! Mais sa relation avec sa mère prendra un tournant lorsque Aurélie apprendra qu'elle sera grande soeur. Un véritable choc pour elle.

Heureusement, elle peut compter sur sa gang, composée de sa best Kat (Geneviève Chartrand, qu'on retrouve avec plaisir), son meilleur ami de gars Tommy (Lou-Pascal Tremblay) et son ami gai Jean-Félix (Hubert Lavallée Bellefleur).

Sa profonde amitié avec Tommy n'est pas sans déranger Nicolas, qui lui demandera de choisir entre les deux.

À travers tout ce tourbillon, Aurélie trouvera le temps de s'inventer une soeur jumelle, Simone-Sandrine, pour impressionner un garçon.

Mais rien de tout ça n'est plus im-portant pour une adolescente de 16 ans que le fameux bal des finissants auquel «les filles pensent depuis secondaire 1», dit Aurélie. Une soirée qui ne se déroulera évidemment pas tout à fait comme prévu...

Amitié gars-fille, amour, identité, famille reconstituée : les thèmes ne manquent pas dans le film. Toutes ces histoires sont soutenues par une magnifique trame sonore qui met de l'avant des groupes émergents, l'une des signatures du nouveau réalisateur. «C'était super important pour moi de faire découvrir des bands émergents ou non traditionnels pour ce film pour adolescents juste pour les confronter à des choses nouvelles, avance Nicolas Monette. Ça aurait été facile d'aller vers du Simple Plan, du Marie-Mai, et je ne veux pas dénigrer ce qu'ils font, mais je voulais arriver avec quelque chose de plus edgy

Seule chanson connue : Umbrella, de Rihanna, à laquelle tenait à tout prix India Desjardins. «Quand j'ai eu les droits, j'étais tellement contente. Je trouvais les paroles tellement belles en dehors de la toune pop.» La chanson est reprise lors d'une des scènes du film, et ses paroles sont traduites par Aurélie pour l'un de ses exposés oraux.

Le rôle d'Aurélie aura été déterminant dans la... (Photo Philippe Bossé / Films Vision 4 Inc.) - image 2.0

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Le rôle d'Aurélie aura été déterminant dans la vie de la fille de l'humoriste Pierre Verville. «À 16 ans, je n'avais pas les mêmes questionnements qu'Aurélie, se rappelle Marianne. J'avais déjà tourné le premier film et je savais le chemin que j'allais emprunter.»

Photo Philippe Bossé / Films Vision 4 Inc.

Replonger dans l'univers d'Aurélie

Cinq années se sont écoulées entre la réalisation du premier et du deuxième film. L'attente a pu paraître interminable pour les fans d'Aurélie, mais India Desjardins n'a pas chômé pendant ce temps. Elle a plutôt choisi de plonger dans l'écriture des deux derniers tomes d'Aurélie - sur lesquels est basé Les pieds sur terre.

«Je me suis dit : Aurélie, c'est une série de livres, je vais me concentrer là-dessus et après, je déciderai si je fais un autre film, dit l'auteure. Après ça, j'ai vécu mon deuil de la série. Et puis, j'ai eu un flash des pieds d'Aurélie qui courent comme première image de film.»

Aurélie qui court dans sa robe de bal et dans des Converse roses, faut-il le préciser. Le projet de deuxième film était lancé. Le temps d'écrire «50 versions» du scénario, de le présenter aux institutions et d'attendre leurs réponses, de tourner et monter le film, cinq années avaient passé.

La peur de décevoir

L'interprète d'Aurélie, Marianne Verville, était anxieuse de rechausser ses baskets. «J'ai eu une crainte au départ. Je me demandais si j'allais pouvoir rejouer le personnage comme dans le premier film. Je ne voulais pas décevoir les gens.»

Un coup de fil à India Desjardins lui a permis de commencer le tournage en paix. «Elle m'a dit : "Ne t'inquiète pas Marianne. Aurélie, c'est toi."»

L'actrice de 20 ans, qu'on a pu voir dans les séries Mauvais karma et Tactik ces dernières années, a même mis ses études sur pause pour se concentrer sur le tournage. Le rôle d'Aurélie aura été déterminant dans la vie de la fille de l'humoriste Pierre Verville. «À 16 ans, je n'avais pas les mêmes questionnements qu'Aurélie, se rappelle Marianne. J'avais déjà tourné le premier film et je savais le chemin que j'allais emprunter.»

Pour India Desjardins, le cinéma, c'est terminé! Du moins pour l'instant... «Je veux prendre ma retraite», lance celle qui rêve à des vacances. «Écrire des scénarios, ça me demande une énergie folle. Je finis avec ce film qui est un feu d'artifice et après, je veux écrire des livres.»

Elle nous glisse quand même à l'oreille qu'elle et Nicolas Monette ont eu quelques idées pour un autre long métrage... Des vacances peut-être, mais la retraite attendra certainement.  

Aurélie Laflamme - Les pieds sur terre prend l'affiche le 24 avril.

Pour les jeunes acteurs du film, il n'a... - image 3.0

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Pour les jeunes acteurs du film, il n'a pas été trop difficile de revivre le moment charnière du bal. 

L'esprit de gang

C'est un incontournable, le secondaire se conclut par le bal des finissants. Soirée de célébration (ou de traumatisme!), elle porte la signification de la fin d'une étape et du début d'une nouvelle vie.

Dans Les pieds sur terre, on souligne à grands traits la dichotomie entre ce qu'on imagine de notre bal et la réalité. Pour les acteurs du film, il n'a pas été trop difficile de revivre ce moment charnière. Il faut dire que pour des jeunes de 20 ans, les souvenirs sont assez frais.

«Il y a bien des gens qui n'ont pas aimé leur bal de finissants, mais moi, j'ai vraiment tripé», raconte Geneviève Chartrand, interprète de Kat. «On était une petite cohorte. Tout le monde s'entendait bien. On était content de graduer, d'avoir terminé l'école.»

«Il y avait beaucoup d'alcool», avoue Lou-Pascal Tremblay, qui prête ses traits à Tommy. «C'était pas extraordinaire. Mais je n'avais pas de super attentes, donc c'était agréable.»

L'interprète de Jean-Félix, Hubert Lavallée Bellefleur, qualifie pour sa part son bal de «vraiment plate», alors que Marianne Verville, qui incarne Aurélie, parle d'une soirée «assez horrible».

Même son de cloche du côté de l'écrivaine India Desjardins. «C'était plate à mort, dit-elle. J'étais accompagnée par mon premier amour qui m'a laissée une semaine plus tard!» Une soirée qui était un peu à l'image de tout son secondaire, vécu au Collège Notre-Dame-de-Bellevue, du quartier Saint-Sacrement. «Mon secondaire n'a pas été super. J'étais tellement pognée dans ma bulle. Je n'avais pas beaucoup d'amis. Mon adolescence m'a beaucoup fait souffrir, mais pas parce que j'ai vécu des choses si pires que ça. J'ai souffert comme une ado normale souffre. C'est pour ça que j'ai écrit Aurélie. Pour mettre des mots sur les émotions que j'avais et que je n'étais pas capable de comprendre.»

Jeunes acteurs

Tout au long du film, on sent la complicité qui unit la gang d'amis constituée d'Aurélie, de Kat, de Tommy et de Jean-Félix. Une connivence également palpable chez le groupe d'acteurs comme a pu le constater Le Soleil lors de la journée de promotion du film. «Je suis super fier de ce film-là parce que les jeunes comédiens sont justes et ont l'air d'être des adolescents», fait remarquer le réalisateur Nicolas Monette. «On n'a pas mis des mots dans leur bouche. Je trouve que l'écriture d'India fonctionnait pour ça.»

Lou-Pascal Tremblay, qui joue à la télévision et au cinéma (Mémoires vives, 30 vies, La passion d'Augustine) depuis qu'il a huit ans, s'est reconnu dans le personnage du bad boy nonchalant Tommy. «Tommy, c'est un gars sensible, un gars qui est à l'écoute, qui veut tout faire pour régler les problèmes. C'est ce qui fait qu'on aime ce personnage : il a une coquille macho, mais quand on apprend à le connaître, c'est un gros nounours.»

Le personnage de Kat est aussi près de son interprète Geneviève Chartrand. «Elle a beaucoup d'émotion, sa vie amoureuse est très importante, décrit-elle. Je me reconnais là-dedans. Elle n'a pas la langue dans sa poche et moi non plus.»

Hubert Lavallée Bellefleur est fier de ce que projette le rôle de Jean-Félix. «Pour une fois, ce n'est pas un homosexuel qui se morfond, même s'il se fait un peu taquiner. Il s'accepte et incite les autres à faire pareil.»

L'aventure d'Aurélie terminée, les jeunes acteurs retournent à l'école, que ce soit en études allemandes pour Marianne, en sciences politiques pour Geneviève ou en cinéma et télévision pour Lou-Pascal et Hubert.

Tous espèrent garder un pied dans le métier, que ce soit devant ou derrière la caméra. Et ils souhaitent rester en contact, comme le font des amis de cinquième secondaire!

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